Indonésie

L’UNICEF et ses partenaires s’efforcent de favoriser l’équité pour les villageois appauvris des îles les plus isolées de l’archipel indonésien.

Par Chris Niles

NEW YORK, États-Unis, 2 mai 2011 – Atubul Dol est un des villages les plus isolés d’Indonésie ; il se trouve sur l’île de Yamdena dans l’extrême Sud-Ouest du pays – plus près de Darwin en Australie que de Jakarta, la capitale.

VIDÉO (en anglais) : le reportage de Chris Niles, correspondante de l’UNICEF, sur les efforts entrepris par l’UNICEF pour que tous les Indonésiens partagent la prospérité croissante du pays.  Regarder dans RealPlayer

 

Les paysages luxuriants et les plages désertes de Yamdena lui donnent l’apparence d’un véritable paradis, mais pour les habitants, ce paradis a un prix. Bien que l’Indonésie ait d’énormes ressources naturelles et soit un membre du G20, sa prospérité n’est pas très visible dans des endroits comme l’île de Yamdena.

« Je suis très inquiet, pas seulement pour mes enfants, mais pour tout le monde dans le village », explique Alexander Snyompwaim, le chef du village d’Atubul Dol. « Nous n’avons pas de possibilité de prospérer et pas de services parce que nous sommes un petit village. Nous avons besoin d’aide ».

Les services de santé dans les villages éloignés

Le docteur Olivi Silalahi, Administrateur du programme de l’UNICEF sur le paludisme, se rend régulièrement à Yamdena, voyageant en avion, en voiture, en ferry et finalement par pirogue à balancier. C’est un trajet compliqué mais qui est devenu beaucoup plus rapide qu’autrefois.

Image de l'UNICEF
© UNICEF video
Les villageois de la lointaine île de Yamdena en Indonésie vivaient autrefois dans la crainte du paludisme, mais aujourd’hui l’UNICEF et ses partenaires travaillent pour leur apporter des soins de santé de qualité.

« Ces dernières années, les liaisons aériennes se sont améliorées, nous pouvons arriver ici par avion quotidiennement ; mais avant c’était difficile, il pouvait nous arriver d’avoir à attendre une ou deux semaines », explique le docteur Silalahi.

Le village voisin de Lorolun fournit des soins de santé pour les habitants d’Atubul Dol et pour les autres villages des environs trop pauvres pour avoir leur propre dispensaire.

« Avant, notre service de santé était adéquat, il fonctionnait mais il avait besoin d’être amélioré. Depuis l’arrivée de l’UNICEF, la situation est bien meilleure », déclare Agustinus Jabarmase, le directeur du dispensaire du village de Lorolun. « Maintenant, nous fournissons chaque mois des services à partir de notre dispensaire à ces villages éloignés »

Sous le seuil de pauvreté

L’Indonésie compte plus de 17 500 îles. Cette vaste superficie de l’archipel est une des raisons qui expliquent que tous ses habitants ne participent pas au boom économique du pays. Environ un tiers de la population vit au dessous du seuil de pauvreté défini au niveau international.

« L’Indonésie doit utiliser l’argent dont elle dispose pour soutenir de manière équitable les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), faute de quoi elle aura gaspillé une formidable occasion :», explique Angela Kearney, représentante de l’UNICEF pour l’Indonésie.

L’éducation est un domaine où l’on est en train de laisser passer des chances de faire des progrès durables. La plupart des enfants indonésiens vont à l’école primaire – environ 85 pour cent y sont inscrits – mais un nombre moins important passe au secondaire ; les enfants des familles à faible revenu sont les plus défavorisés.

L’UNICEF collabore avec le gouvernement pour répartir des ressources de manière à encourager les familles défavorisées à garder leurs enfants à l’école.

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© UNICEF video
Malgré une économie en expansion et de riches ressources naturelles, environ un tiers des Indonésiens vivent sous le seuil de pauvreté défini au niveau international.

Des défis d’importance

du nouveau-né dissimulent aussi un certain nombre de sérieux problèmes. Environ 20 pour cent des enfants de moins de cinq ans souffrent d’insuffisance pondérale ; près de deux tiers des ménages ruraux n’ont pas d’équipement d’assainissement adéquat ; le VIH reste une menace permanente, particulièrement dans les provinces orientales.

Au cours des cinq prochaines années, l’UNICEF en collaboration avec ses partenaires prévoit de consacrer ses efforts à s’assurer que les fruits de la prospérité du pays profitent à toute la population.

« De nombreux points de vue, l’Indonésie a beaucoup de chance. Elle a des ressources considérables et notre travail à l’UNICEF est donc d’aider le gouvernement à utiliser ces ressources », déclare Mme Kearney. « Le coût de l’inaction serait bien plus élevé que celui de l’effort à faire pour associer toute la population aux avantages de la croissance ».

« Nous avons vraiment besoin de soutien »

Privés de services sanitaires, de téléphone et n’ayant que de 12 heures d’électricité par jour, les habitants d’Atubul Dol attendent avec impatience une répartition équitable des bénéfices de la prospérité.

« C’est notre village, notre terre, notre pays, l’endroit où nous sommes nés ; et avec ou sans bons services, nous sommes heureux d’y vivre », déclare Snyompwaim, le chef de village. « En raison de notre situation, nous avons vraiment besoin de soutien de la part du gouvernement ou d’autres organisations afin de renforcer notre village et de le placer à égalité avec les autres ».


 

 

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