Indonésie

Mesurer l’impact de la crise économique sur les enfants indonésiens et leurs familles

Image de l'UNICEF
© UNICEF Indonesia/2009/Wida
Un bébé porté dans une fronde de tissu traditionnel est nourri par sa mère dans le centre de l'Ile de Java. La crise économique actuelle force certains parents indonésiens à rechercher de la nourriture moins chère et de moindre qualité.

Par Lely Djuhari

DJAKARTA, Indonésie, 7 avril 2009 – L’Indonésie, la plus grande économie en Asie du Sud-Est, montre cette année les signes d’un plus grand déclin économique, et le gouvernement souhaite déterminer rapidement comment les enfants et les familles indonésiennes en sont  affectés.

Un atelier pour le contrôle de l'impact de la crise économique mondiale sur les familles pauvres et vulnérables en Indonésie – organisé par Bappenas, le Conseil national de planification et soutenu par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), l'UNICEF et d'autres agences de l'ONU – s'est tenu la semaine dernière à Djakarta.

Cet événement est intervenu à la suite d'une conférence précédente à Singapour, et patronnée par l'UNICEF. A cette occasion, le discours d'ouverture du ministre indonésien des Finances, Sri Mulyani Indrawati  Mulyani Indrawati avait souligné l'engagement du pays d'allouer aux enfants le premier appel à ressources, tout particulièrement en ces temps de défi économique.

Obtenir des données en temps réel

Mesurer l’impact de la crise sur la sécurité alimentaire, les emplois, la pauvreté, l’éducation des enfants et la samté sera essentiel si l’on veut pouvoir agir avec efficacité, a déclaré le ministre adjoint de la Bappenas, le Dr. Bambang Widianto.

L'atelier de la semaine dernière avait pour but de renforcer le système du gouvernement de contrôle de la crise, particulièrement grâce au « développement et la mise à l'épreuve des outils de collecte de  données, dès que possible ou même si possible en temps réel, » a déclaré le Conseiller Régional de  l'UNICEF pour la Politique sociale, le docteur Mahesh Patel.

Cet effort nécessite la modification du modèle d'enquête à 100 villages utilisé lors de la  crise financière de 1997-98; l'extraction de données sur la santé ordinaire et la surveillance des maladies dans les  centres médico-sociaux; les centres d'essai et de conseil bénévole et les écoles; et de vérifier les cours du marché.

 L'UNICEF et l'Organisation internationale du travail préconisent également de continuer la collecte de données sur le travail des enfants.

Développement et « filets sociaux » de sécurité

En 2008, un projet de recherche commun à l'UNICEF et au Programme alimentaire mondial (PAM) sur la sécurité alimentaire a constaté qu'en Indonésie les pauvres vivant en milieu rural ont plus souffert que les pauvres vivant en milieu urbain. Environ 41 pour cent des ménages enquêtés ne travaillaient plus sur leur exploitation, mais étaient plutôt employés comme ouvriers du bâtiment et qu'ils achetaient leur nourriture sur les marchés locaux.

En 2009, des enquêtes supplémentaires ont été faites pour mesurer comment font face ces ménages en milieu rural. Les premières conclusions montrent qu'ils mangent pour moins cher, des aliments de qualité inférieure, qu'ils comptent sur les parents et les amis pour se procurer un supplément d'argent afin d'acheter de la nourriture, qu'ils achètent à crédit des articles non-alimentaires, ou qu'ils rognent sur les dépenses de santé. Des contrôles afin de déterminer le taux de l'absentéisme scolaire sont aussi en cours.

En plus de ces enquêtes, l'UNICEF ajoutera son expertise technique et continuera son plaidoyer, fondé sur des preuves scientifiques, pour la santé et la nutrition, l'éducation et la protection de l'enfant, a annoncé  la Responsable de la Politique sociale de l'UNICEF en Indonésie, Niloufar Pourzand. « Tant que durera cette crise, donner un coup d'arrêt aux causes de mortalité évitables, réduire la malnutrition, limiter l'échec scolaire des enfants, ainsi que leur emploi comme ouvriers du bâtiment,  dépendra de la capacité de l'Indonésie à développer ses programmes en continu et à étendre la couverture de "filets sociaux de sécurité" », a-t-elle expliqué.

Des effets sur la santé et l’éducation

En Indonésie, comme dans d'autres pays asiatiques, les dépenses publiques de santé sont plus faibles que dans d'autres régions. Quand survient une crise et que les revenus des familles s'appauvrissent, obliger celles-ci à payer les services sociaux se fera au détriment de la santé des enfants.

Les initiatives du gouvernement sont pour l'instant remarquables et innovatrices. Des subventions globales on été versées  aux communautés, par exemple. Des fonds supplémentaires sont liés à l'amélioration des taux de contrôle prénatal et de vaccination des enfants. Les chefs de village peuvent également utiliser ces fonds conditionnels en liquide pour apporter aux femmes enceintes une aide médicale gratuite et payer leur transport jusqu'aux centres de santé.

En 2009, afin de rendre l'éducation gratuite pour les élèves du primaire et du collège, on a augmenté l'allocation budgétaire publique pour l'éducation de 20 pour cent. Malgré cet effort, on continue de craindre une baisse de la scolarisation.

Cependant, l'utilisation des subventions globales,

Cependant, en utilisant les subventions globales, les écoles peuvent stimuler les enseignants à mi-temps et les élèves peuvent s'acheter des livres, des uniformes et d'autres matériels scolaires. En échange, on demande aux communautés d'aider à garantir que les niveaux d'inscription et de scolarisation des enfants soient  maintenus.

Ces « filets sociaux de sécurité » peuvent être encore renforcés afin de couvrr des zones géographiques plus larges, alors que

Ces filets de sécurité sociaux doivent être davantage renforcés pour couvrir des régions géographiques plus larges, même si la chute de la demande d'exportations et la baisse des prix des marchandises provoquent un ralentissement de la croissance de l'économie, la plus lente en 10 ans, ont déclaré des responsables du gouvernement.


 


 

 

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