Inde

En Inde, un programme de l'UNICEF et de la CE donne une seconde chance aux jeunes filles promises au mariage

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Bablu, 15, à l'extérieur de sa maison au Rajasthan en Inde. Il y a un an, les parents de Bablu ont arrangé son mariage avec un homme de 45 ans qui était au chômage et illettré. Elle a reçu l'appui du 'precheta', un éducateur communautaire et d'une collectivité locale de défense des femmes pour annuler le mariage.

Par Chris Niles

New York, ÉTATS-UNIS, 22 avril 2010 - Bablu, 15 ans, vit avec sa famille dans un petit village du Rajasthan rural. Elle avait 13 ans quand sa communauté a décidé qu'elle devait être mariée. « Je ne voulais pas être mariée, » dit-elle. « Je pensais que ma vie serait complètement détruite. »

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Le mariage d’enfants est illégal en Inde mais dans les régions pauvres, comme l'État du Rajasthan, au nord-ouest du pays, la pression sociale et économique est telle qu’elle empêche l’application de la loi. Plus de la moitié des filles y sont mariées dès l'âge de 18 ans, ce qui entraîne souvent pour ces jeunes femmes et enfants, toute leur vie durant, des problèmes de santé et sociaux.

« Une fille sans moyen de se prendre en charge »
« Le mariage précoce va l'encontre des droits de l'enfant, » dit Sulagna Roy, Chargée de la protection de l'enfant à l'UNICEF. « Il a des conséquences sur la santé des enfants et des mères. Il perpétue un cycle de pauvreté. Il laisse les filles sans moyen de se prendre en charge. »

Le père de Bablu, Buma Ram, affirme que la pression de la communauté avait obligé la famille à accepter le mariage précoce. Mais de nouvelles structures de soutien pour les adolescentes arrivent au Rajasthan. La tante de Bablu, Durga, qui travaille comme agent sanitaire local, participe à un programme appuyé par la Commission européenne et l'UNICEF destiné à donner plus de pouvoir aux familles qui décident de ne pas marier leurs filles quand elles sont jeunes.

« Quand nous parlons de ces problèmes, nous ne sommes pas ici pour donner des leçons mais pour épauler [les communautés locales] afin de trouver des solutions à ces problèmes, » dit la Représentante de la Commission européenne en Inde, Danièle Smadja.

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Dans la ville de Jodhpur, un éducateur communautaire explique à un groupe de femmes et de filles les effets nuisibles du mariage d'enfants. L'UNICEF et la Commission européenne soutiennent des partenaires locaux au Rajasthan en'Inde pour mettre fin à cette pratique.

Grâce à ces discussions, Buma Ram a pu être convaincu qu'il était dans le meilleur intérêt de sa famille de laisser Bablu poursuivre ses études. « Je sors de la maison, je me rends aux réunions de Durga, » dit-il. « Je me rends maintenant compte que personne ne devrait être marié si tôt. »

Mettre un terme à des pratiques préjudiciables
L'UNICEF et la Commission européenne collaborent en Inde avec le gouvernement à tous les niveaux afin d'aider les familles qui décident de ne pas marier leurs filles jeunes. Des agents sanitaires locaux comme Durga forment l’ossature de ce programme.

Lors des réunions publiques organisées par le partenariat UNICEF-Commission européenne, les habitants des villages sont encouragés à parler de problèmes comme la violence domestique et l'éducation des filles ainsi qu'à trouver des moyens sur lesquels ils puissent s'entendre pour mettre fin à des pratiques sociales préjudiciables. Le programme incite les communautés locales à prendre conscience du fait que, quand les filles restent à l'école et retardent leur mariage, tout le monde en profite.

Les réunions essaient également de trouver des options d'ordre économique pour les filles qui choisissent de ne pas se marier.

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Des femmes et des adolescentes tendent leur main droite et promettent de supprimer le mariage des enfants au Radjasthan en Inde.Le rassemblement des membres de la communauté pour exprimer leur intention d'en finir avec le mariage d'enfants,facilite l'abandon de cette pratique pour les familles individuelles.

« La meilleure façon de s'attaquer à cette menace sociale est de donner à la fille les moyens de se prendre en charge, » dit le Gouverneur du district de Jodhpur, Naveen Mahajan, un représentant du Gouvernement indien au Rajasthan. « Quand nous parlons de donner plus de moyens, ce n'est pas simplement les envoyer à l'école. C'est trouver un moyen de les rendre économiquement autonomes, indépendantes. »

Sauver les autres du mariage précoce
Bablu est reconnaissante envers son père pour avoir changé d'avis. Elle dit qu'elle se serait donné la mort si elle avait été obligée de se marier. Elle est maintenant décidée à rester à l'école et à aider les autres pour les sauver du destin auquel elle a échappé.

Son cas est déjà à l'origine de vastes changements. Après avoir entendu parler de Bablu, cinq filles de villages voisins ont annulé leur propre mariage.

Et Bablu reste déterminée à défendre n'importe quelle fille qui refuse le mariage. « Je ne laisserai aucune jeune fille être mariée, » dit-elle. « J'entreprendrai une action en justice. Je veux devenir quelqu'un. »


 

 

Vidéo

Le reportage de la correspondante de l'UNICEF Chris Niles sur un programme appuyé par l'UNICEF et la Commission européenne qui a pour but de mettre un terme au mariage d’enfants dans l'Inde rurale.
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