Inde

En Inde, dans l'Etat du Bihar, la crise économique frappe les plus pauvres parmi les pauvres

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© UNICEF ROSA/Sokol
Une fillette malnutrie s'assoit dans sa maison du village de Sullineabad pendant que sa mère prépare à manger.

Par Sam Taylor et Sarah Crowe

ÉTAT DU BIHAR, Inde, 29 mai 2009 – Alors que le soleil s'abîme dans l'horizon au- dessus du fleuve Kosi, dans l'Etat indien du Bihar, la scène est presque idyllique. Des ferry en bois se meuvent lentement sur le fleuve tandis que de jeunes garçons lavent un buffle et pataugent dans les bas-fonds.

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Mais en septembre dernier, le fleuve Kosi, que l’on appelle sur place « le chagrin du Bihar », a provoqué une tragédie humaine à une échelle gigantesque après la rupture de ses berges du côté de la frontière népalaise. Le fleuve a inondé de vastes secteurs du Bihar, déplaçant environ trois millions de personnes et détruisant des milliers de foyers.

Lutter pour survivre

Aujourd'hui, cet État, déjà un des plus pauvres de l'Inde, est touché par une nouvelle série de calamités.

La crise financière mondiale a frappé le plus durement ceux qui se trouvent en marge de la société. Les victimes des inondations étaient toujours en train d'essayer de récupérer ce qui leur restait de leurs vies anéanties quand ils ont commencé à ressentir l'impact du ralentissement économique qui se propage aujourd'hui en Asie du Sud. Le Bihar fait partie des États les plus pauvres du nord de l'Inde et même en temps normal, plus de la moitié des enfants sont sous-alimentés.

Des millions de Biharis dépendent d'emplois dans les États du Golfe et ailleurs. Ceux qui n'ont pas les moyens d'émigrer à l'étranger quittent souvent l'État pour trouver du travail dans les centres économiques de l'Inde autrefois prospères.

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Chandika Devi, 30 ans, s'assoit avec sa fille Parvati Kumari, un bébé d'un an, tandis que le beau-père Gulaisama, 70 ans, se repose de la chaleur du milieu de journée dans le Village de Sullineabad.

S'ajoutant à la misère causée par les inondations, l'augmentation des prix alimentaires et la crise économique ajoutent une pression énorme sur les familles qui luttent pour survivre.

Victimes de la récession
Chandra Dev Poddar est le père d'une de ces familles. Il regarde avec mélancolie les décombres de sa modeste maison de boue, dans le village de  Bhaddi qui a presque entièrement été détruite pas les inondations. Alors qu'il venait juste de surmonter cette tragédie, il est devenu une des victimes de la récession mondiale.

« Au cours des trois derniers mois je travaillais pour une usine de chaussures de Delhi mais j'ai été licencié, » dit-il. « Il n'y avait pas de commandes et il ont dû fermer l'établissement. »

Sans terre ni bétail, Chandra Dev Poddar ne sait pas du tout comment il peut subvenir aux besoins de sa famille. A cause des prix élevés des denrées alimentaires, certains  parents nourrissent moins bien leurs enfants.

« Avant, un petit paquet de sel coûtait trois roupies. Maintenant, c'est cinq. L'huile de moutarde est maintenant très chère, à 80 roupies le paquet, » affirme une mère de famille, Pawa Devi, alors qu'elle fait ses courses dans un petit marché du village de Sullineabad. « Mes enfants mangent rarement autre chose que du sel et du pain, » ajoute-t-elle.

Des niveaux de malnutrition alarmants
A la suite des inondations au Bihar, l'UNICEF avait procédé à une évaluation des niveaux de malnutrition parmi les enfants des camps pour personnes déplacées à la suite de la catastrophe. Les taux de malnutrition étaient alarmants.

Environ 8 pour cent des enfants étaient atteints de malnutrition aiguë sévère, un état qui peut être fatal et exige une intervention immédiate.

« Les inondations ont vraiment contribué à révéler les taux de malnutrition sévère, » déclare le Dr Tariq Ahmed, un des médecins du Centre de traitement de la malnutrition de la localité de Saharsa, un établissement pour les enfants souffrant de malnutrition sévère accompagnée de complications.

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Au centre Angand Wadi, des enfants malnutris prennent leur repas du matin fait à base de riz et de dal et fourni par le programme de nutrition supplémentaire financé par le gouvernement.

Dans le cadre de son intervention, l'UNICEF a pu aider 146 dispensaires à dispenser des soins thérapeutiques à 1600 enfants âgés de 6 mois à cinq ans atteints de malnutrition sévère.
 
L'alimentation thérapeutique apporte vraiment quelque chose
Pour Mahadev Sada, père de huit enfants dans le village de Sullineabad, les rations d'ATPE ont vraiment apporté quelque chose à ses enfants.

« Je suis absolument impuissant, » affirme Mahadev Sada qui travaille quand il peut comme manœuvre dans un four à briques. « Mes deux enfants qui sont sous-alimentés prennent des ATPE, ce qui a sans aucun doute amélioré leur vie. »

Dans le même village, Chandula Devi, dont le plus jeune des enfants reçoit une alimentation thérapeutique, a également observé une amélioration chez ses enfants.

« Avant que mon plus jeune enfant ne commence à prendre des rations d'ATPE, il était tout le temps malade, » se souvient-elle. « Il avait très peu d'appétit et ne voulait jamais quitter mes bras. A la suite de l'ATPE, il va mieux, bien mieux. Il joue bien plus et est plus actif. J'aurais aimé que mes autres enfants aient eux aussi la chance d'en prendre car ils auraient grandi en bonne santé. »


 

 

Vidéo (en anglais)

29 avril 2009 : le reportage de Sarah Crowe, de l'UNICEF, sur les conséquences du ralentissement économique et de l'augmentation des prix des denrées alimentaires dans l'État du Bihar, en Inde.
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