Inde

Dans un des Etats les moins développés de l’Inde, regain d’espoir pour la santé des nouveaux-nés

Image de l'UNICEF
© UNICEF India/2007/ Kumar
A Lalitpur, la PCIMEI et UNICEF ont formé plus de 1 000 infirmières accoucheuses auxiliaires et agents sanitaires locaux

Le rapport annuel de l’UNICEF La Situation des enfants dans le monde, lancé le 22 janvier 2008, exhorte la communauté internationale à s’unir pour la survie de l’enfant.  Voici une des histoires d'une série liées à la publication du rapport.

LALITPUR, Inde, 19 Février 2008 – En hindi, son nom,  « Abhilasha », signifie « voeu ». Il n’y pas si longtemps, elle présentait tous les symptômes typiques d’une dénutrition grave. Pesant seulement 4,5 kilos,  Abhilasha, deux ans, avait les yeux enfoncés, le ventre gonflé et la peau distendue. L’enfant serait morte en l’espace de quelques jours si elle n’avait pas été confiée à temps au tout récent Centre de Récupération Nutritionnelle de son district natal de Lalitpur, dans l’Uttar Pradesh, un Etat situé au nord de l’Inde.  Figurant parmi les Etats possédant le taux le plus élevé de mortalité infantile en Inde, l’Uttar Pradesh est aujourd’hui en train de prendre des mesures destinées à améliorer la santé des enfants.

Le “voeu” exaucé d’une mère

Une semaine seulement après avoir reçu des compléments alimentaires et un suivi quotidien par un pédiatre et nutritionniste du centre,  Abhilasha a commencé à montrer des signes encourageants de rétablissement. Sa mère, Pkhan, a également reçu de nombreux conseils pour préparer des repas nutritifs avec des ingrédients faciles à trouver et bon marché. En moins d’un mois,  Abhilasha a gagné 35 % de poids de plus.  Pukhan a quitté le Centre de Récupération Nutritionnelle de Lalitpur en tenant dans ses bras son “voeu”, une Abhilasha en bonne santé et heureuse.  

Le Centre de Récupération Nutritionnelle, abrité par le Centre Hospitalier de Lalitpur, a ouvert ses portes en juin 2007. En l’espace de trois mois, il a offert des prises en charge à domicile et en milieu hospitalier à 70 enfants sous-alimentés dont 40 se trouvant aux stades III et IV de la dénutrition. Cette évaluation initiale souligne les énormes possibilités du Centre dans un district où 51 % des enfants de moins de cinq ans sont considérés comme sous-alimentés.

Le Centre de Récupération Nutritionnelle n’est qu’une des composantes d’une stratégie plus large en faveur de la survie de l’enfant appelée « Prise en charge intégrée des maladies néonatales et de l’enfant  »  (PCIMNE). En octobre 2005, le gouvernement indien et l’UNICEF se sont associés pour appliquer la PCIMNE dans 25 districts du pays. Ces districts ont été choisis en raison de la faiblesse de leurs infrastructures en matière de santé et de leurs mauvais résultats concernant la survie de l’enfant.

En Inde, la PCIMNE rassemble toutes les composantes de la stratégie mondiale de la PCIMNE : amélioration des qualités professionnelles des agents sanitaires grâce à une formation sur le terrain, renforcement du système de santé afin d’effectuer des interventions plus efficacement et encouragement des comportements familiaux et communautaires favorables à la santé tels que l’allaitement exclusif au sein.

Image de l'UNICEF
© UNICEF India/2007/ Kumar
Le Centre de Récupération Nutritionnelle de Lalitpur

De plus, sur la recommandation d’experts en pédiatrie de niveau national, la stratégie s’intéresse également aux nouveaux-nés car la période prénatale représente, pour la mortalité infantile, la phase plus critique. Au niveau national, près de la moitié des décès d’enfants se produisent durant les sept jours suivant la naissance. 

Nets changements à Lalitpur

A Lalitpur, la PCIMEI a formé plus de 1 000 infirmières accoucheuses auxiliaires et agents sanitaires locaux, populairement appelés anganwadi  ou encore agents de « cour intérieure », par le biais d’un stage intensif de formation de huit jours. Pourvus de ces connaissances et de médicaments de base, les agents ainsi formés ont, au cours des vingt derniers mois, touché à peu près 70% de l’ensemble des nouveaux-nés du district vingt-quatre heures après leur naissance, évalué leur condition et apporté des conseils aux mères sur l’allaitement au sein, le maintien de la température du corps, la vaccination ainsi que d’autres aspects importants des soins prénataux et pédiatriques.

Les agents sanitaires ont également effectué des visites aux domiciles de milliers d’enfants de mois de cinq ans afin d’évaluer les problèmes d’alimentation, de dénutrition, de diarrhée et d’infections graves.

Les problèmes mineurs ont été gérés à domicile par l’intermédiaire de suivi psychologique et de médicaments de base tandis que les cas critiques, comme ceux de dénutrition grave, ont été dirigés vers les centres hospitaliers les plus proches pour un traitement immédiat. 

Le Département de la Santé et d’Aide Familiale de l’Uttar Pradesh a aujourd’hui décidé d’élargir le champ d’action de la PCIMEI en ajoutant une composante à la santé maternelle et à la mobilisation locale dans les 17 districts les moins développés de l’Etat. En apportant un soutien politique à l’élargissement de tels programmes, l’Etat, où surviennent le  quart du total des décès d’enfants en Inde, pourrait faire des progrès significatifs vers une situation où de nombreux enfants de moins de cinq ans partent dans la vie en pleine santé vers une vie épanouie.


 

 

Recherche