Inde

Les ressources sur place permettent d’améliorer la nutrition infantile en Inde

Image de l'UNICEF
© UNICEF/India/2006
Tenue par sa mère et entourée par d’autres villageois, Tasmina est l’image de la bonne santé.

"Progrès pour les enfants n°. 4 : un bilan de la nutrition" va être diffusé le 2 mai. Dans les semaines précédant la diffusion de ce rapport faisant le point sur la survie des enfants, nous allons publier une série d'articles consacrés à des initiatives qui visent à améliorer la situation nutritionnelle des enfants et qui ont été couronnées de succès.

VILLAGE DE BAGDOLEY, Inde, avril 2006 – La petite Tasmina Khatuni se fait cajoler par tout le monde, dans le village de Bagdoley (Bengale occidental – Inde). Avec ses mains potelées, ses grands yeux bordés de khôl et ses joues rondes, ce bébé de dix-huit mois est à la fois un sujet de fierté et d’envie pour ses voisins. Les enfants l’embrassent et jouent avec elle, les autres mères se demandent pourquoi elle est plus éveillée et en meilleure santé que leur propre progéniture, alors que sa famille n’est pas plus riche que les autres.

Le père de Tasmina, seul gagne-pain du ménage, travaille aux champs. Leur hutte en terre, qui ne comprend qu’une seule pièce, a une véranda où sa mère, Amina Bibi, cuisine en plein air pendant que sa grand-mère joue avec elle. Au Bengale occidental, les statistiques liées à la dénutrition sont inquiétantes, surtout pour les enfants. Dans le groupe des moins de trois ans, un enfant sur trois présente une insuffisance pondérale, plus de quatre sur dix accusent des retards de croissance et un sur huit souffre de cachexie. Les enfants ont de grandes chances de devenir anémiques.

Alors, qu’est-ce qu’Amina Bibi donne à sa fille pour qu’elle soit en si bonne santé ? Comment, en dépit d’une accumulation croissante de tâches domestiques, trouve-t-elle le temps de s’occuper d’elle ? Comment prend-elle soin de l’enfant quand elle est malade ? Le père passe-t-il du temps avec sa fille ?

Approche au niveau local

La famille de Tasmina, dont les maigres ressources sont les mêmes que celles des autres villageois, a appris de nouvelles pratiques, qu’elle mêle aux pratiques traditionnelles pour produire de meilleurs résultats. Si la petite fille se porte si bien, c’est largement dû au fait que sa famille a participé au projet Positive Deviance (Déviance positive), un programme pour la petite enfance lancé en 2001 et partant de l’idée que la solution aux problèmes communautaires est à trouver au sein de la communauté.

Amina a commencé à allaiter sa fille dès la naissance, au contraire des autres femmes qui attendent quelques jours, croyant à tort que le colostrum n’est pas bon pour le bébé. En réalité, ce liquide riche en vitamines fournit sa première immunisation à l’enfant.

Lorsque Tasmina a eu six mois, Amina a commencé à lui donner des aliments semi-solides, y compris du poisson et des légumes. Elle se servait également d’herbes médicinales qu’elle trouvait sur place pour soigner les indigestions de la petite. En rentrant du travail, le père de l’enfant lui rapportait un fruit ou un jouet et jouait avec elle. Chaque soir, il lui chantait une chanson pour l’endormir.

Positive Deviance fait appel à la mobilisation communautaire et à une forme d’apprentissage participatif pour encourager les changements de comportement. Au Bengale occidental, le programme se focalise sur les pratiques nutritionnelles qui provoquent une dénutrition chez l’enfant et il encourage les parents à modifier leurs habitudes alimentaires. Les mères apprennent quels sont les soins à donner aux nouveau-nés et aux enfants et sont formées à de bonnes pratiques préventives.

Simplement dit, Positive Deviance cherche à comprendre et à propager les habitudes alimentaires bénéfiques des ménages dont les enfants sont bien nourris et en bonne santé bien qu’ils vivent dans la pauvreté. Les comportements et pratiques des « déviants positifs » de la communauté leur permettent de surmonter leurs difficultés et de trouver des solutions parfois très peu conventionnelles à des problèmes très répandus. Cette approche au niveau local a permis de mobiliser la communauté et a débouché sur des changements individuels et sociaux à tous les niveaux.

Alors que d’autres programmes nutritionnels se focalisent sur les enfants malades et dénutris, Positive Deviance étudie les enfants en bonne santé vivant dans des milieux pauvres et les donne en exemple au reste de la communauté. Au lieu de demander « Comment pouvons-nous vous aider ? », le programme pose la question suivante : « Comment pouvez-vous vous aider vous-mêmes ? »

Reproduire le programme

Positive Deviance a vraiment décollé au Bengale occidental, car les changements de comportement qu’il propose sont acceptables, peu coûteux et durables. Il a connu un tel succès que d’autres services gouvernementaux indiens souhaitent le reproduire ailleurs.

A l’heure actuelle, ce programme, qui reçoit un soutien de l’UNICEF, a été mis en pratique dans les districts de Murshidabad,  South Paraganas, Dakshin Dinajpur et Purulia. Il dessert 1 015 villages et une population totale d’un million d’individus, dont 122 000 enfants de moins de trois ans.

Aujourd’hui, grâce à Positive Deviance, d’autres familles connaissent le même bonheur que l’adorable Tasmina et sa famille, car leurs enfants sont mieux nourris, plus éveillés et plus joyeux.


 

 

Video

28 avril 2006 :
Reportage de la Correspondante de l’UNICEF Sabine Dolan sur le travail de l’UNICEF avec les mères en Inde pour prévenir les insuffisances pondérales à la  naissance et pour améliorer leur nutrition et celle de leurs enfants.

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