Inde

La microplanification améliore la vie des enfants dans l’Inde rurale

Image de l'UNICEF
© UNICEF video
Suguna (au 2ème rang à gauche), est assise sous un arbre avec ses camarades de classe, dans le village d'Irudalam. Elle suit avec sa classe un cours de transition, conçu pour permettre aux enfants qui ont abandonné l'école de continuer à étudier.

Par Rob McBride

BANGALORE, Inde, 5 janvier 2006 – Suguna, qui est âgée de douze ans, est  assise sous un arbre avec ses camarades de classe, dans le village d’Irudalam. Leurs voix s’unissent à celle de leur enseignant, dans un chant doucement rythmé, qui s’insinue entre les maisons rudimentaires de cailloux et de boue de cette communauté traditionnelle. Suguna suit avec sa classe un cours de transition, conçu pour permettre aux enfants qui ont abandonné l’école de continuer à étudier – dans l’espoir de les ramener plus tard à l’enseignement formel.

Obisilamy, le père de Suguna, lui a fait quitter l’école, lorsque sa femme Radhamma a donné naissance à leur quatrième enfant. C’est à Suguna, en tant que fille aînée, qu’est revenue la tâche de s’occuper de l’enfant, pendant que sa mère continuait à travailler pour un salaire quotidien de 30 roupies (environ 0,70 dollar U.S).

Suguna est à présent de retour à l’école, grâce au succès d’un projet de microplanification ambitieux. Ce projet, appuyé par l’UNICEF et ses partenaires locaux, vise à promouvoir un modèle de développement communautaire, axé particulièrement sur les besoins des enfants.

La microplanification repose sur l’engagement de tous les membres de la communauté dans le recensement des problèmes – avant d’entreprendre de les résoudre.En cinq jours de travail intensif, tous les indicateurs essentiels de la situation sanitaire d’une communauté sont évalués et un plan détaillé permettant d’améliorer la vie est préparé. Puis des groupes bénévoles s’attaquent à la tâche de faire changer les choses.

Image de l'UNICEF
© UNICEF video
Des bénévoles utilisent les connaissances acquises lors de la formation à la microplanification pour persuader une mère de poursuivre l’allaitement exclusif de son enfant jusqu’à l’âge de six mois.

La microplanification se concentre sur les besoins de l’enfant

« Dans le cadre de ce processus, les adultes vont parvenir à savoir ce que sont les droits des enfants », déclare Madhayan, un animateur de groupe qui participe à la mise en œuvre de la microplanification sur le terrain pour le compte de son organisation non gouvernementale (ONG), « Myrada », un partenaire local de l’UNICEF. « Un parent ne doit pas se contenter de nourrir et de loger son enfant », poursuit-il, « il a beaucoup plus à faire ».

Suguna aurait grandi sans éducation et serait restée analphabète, sans la pression de la communauté locale sur son père.

« L’enseignant m’a dit qu’elle travaillait bien en classe », a indiqué Obilisamy. « Et après qu’il me l’ait demandé deux ou trois fois, j’ai finalement accepté qu’elle retourne à l’école ».

« Je suis heureuse d’être de retour en classe avec mes camarades », nous dit Suguna.

De petits progrès peuvent conduire à de grands changements

Il est évident que la microplanification peut améliorer de bien des façons la vie des villageois. Pushpa, une bénévole de 19 ans, a appris les avantages de l’allaitement maternel lors d’une formation à la microplanification. Grâce à ses connaissances, elle est parvenue à convaincre une mère, qui venait d’avoir son enfant, de continuer un allaitement exclusif jusqu’à ce que le bébé atteigne l’âge de six mois, au lieu d’introduire du lait de vache dans son alimentation.

« Je m’acharne à transmettre tout ce que j’ai moi-même appris aux autres personnes du village, de telle sorte qu’elles puissent en profiter elles aussi et être en bonne santé », a dit Pushpa.

« Il y a eu beaucoup de changements au village », raconte Vijaya, une mère qui tient son fils Jaipaul dans les bras. « On m’a dit combien il était important d’allaiter mon enfant durant les six premiers mois, et c’est ce que j’ai fait. Maintenant, le bébé va très bien », ajoute-t-elle, alors qu’une autre bénévole, Krishnaveni, attend à côté de montrer à une autre mère comment pratiquer le test permettant de vérifier si le sel est iodé.

À partir de ces petits progrès, on espère parvenir à un grand changement dans les régions rurales de l’Inde. Un total de 16 districts, dans toute l’Inde, participent à cette expérience sociale. Mais nulle part ailleurs l’abîme entre l’Inde ancienne et la nouvelle n’est aussi visible qu’ici, à Krishnagiri. À seulement une heure de route du nouveau centre de hautes technologies de Bangalore, la vie rurale semble être restée hors du temps. On espère que la microplanification  améliore au moins la situation, en particulier celle des enfants,  dans ce village indien typique, dont les habitants manquent d’une bonne partie des équipements et des installations qu’utilisent à présent leurs cousins de la ville.


 

 

Vidéo (en anglais)

17 Novembre 2005 :
Le correspondant de l’UNICEF, Rob McBride, décrit le projet de l’UNICEF de microplanification dans l’Inde rurale.

bas | haut débit
(Real player)

Journalistes :
Obtenez des vidéos de qualité professionnel chez The Newsmarket

Recherche