Inde

Le recours en Inde à l’éducation par les pairs pour lutter contre le VIH/SIDA

Image de l'UNICEF
© UNICEF India
L’éducation par les pairs est essentielle dans la lutte contre le VIH /SIDA

MUMBAI, Inde, 28 juin 2004 – Par un matin de mousson couvert, des étudiants, des artistes, des responsables municipaux et des agents humanitaires concentrent toute leur attention sur le VIH/SIDA.

À la Pal Rajendra High School de Kandivalli à Mumbai, la capitale de l’Etat de Maharashtra, en Inde occidentale, les élèves de neuvième année écoutent un exposé sur le système de reproduction, alors qu’à seulement quelques kilomètres de là, à Malad, les élèves de l’Infant Jesus School s’affairent à répéter un spectacle de rue sur le VIH/SIDA.

À Dadar, dans les bureaux de la Bombay Municipal Corporation, on prépare l’ordre du jour d’une réunion de médecins scolaires qui va se tenir dans l’après-midi. Au même moment, l’équipe de l’UNICEF d’Andheri réunit du matériel pour un atelier destiné aux spécialistes collaborant à l’APEP, le Programme d’éducation à la prévention contre le SIDA, permettant d’intervenir dans les écoles du Maharashtra.

Comme les infections au VIH ont essentiellement pour origine un contact sexuel,  leprogramme de prévention contre le VIH/SIDA en Inde repose sur la promotion de pratiques sexuelles sans risque. Plus de la moitié des personnes récemment infectées sont âgées de 15 à 24 ans; on considère que le fait de cibler des jeunes gens constitue le meilleur moyen d’inverser la tendance à une augmentation des infections au VIH en Inde.

La formation aux aptitudes à la vie quotidienne peut sauver des vies

Dans le dispensaire d’un quartier pauvre de Mumbai, Saira, 15 ans, enlève son châle en arrivant à la réunion hebdomadaire de la « Kishori » (la formation des adolescents aux aptitudes à la vie quotidienne). « Je demanderais à mon futur mari qu’il subisse le test de dépistage du VIH/SIDA, » dit-elle en classe. Saira suit depuis deux ans cette formation pour adolescents et elle est ainsi parvenue à surmonter ses hésitations et sa timidité pour discuter des questions ayant trait au sexe et à la sexualité. 

« Nous apprenons à avoir davantage de confiance en nous et comment prendre des décisions, » dit-elle.  « Je ne pouvais jamais aborder ces problèmes avec mes parents, » poursuit-elle, « mais un agent de la Kishori est venu à la maison et leur a parlé; ils m’ont alors permis d’assister aux réunions hebdomadaires. Ils sont heureux que je m’instruise en matière de santé, de nutrition et d’hygiène. »

Afin d’expliquer comment il est possible d’éviter l’infection, les travailleurs sociaux formés au programme de prévention contre le VIH/SIDA utilisent du matériel préparé par le bureau de Mumbai de l’UNICEF, et ont recours à des experts dans le domaine de la santé, à des représentants des pouvoirs publics, des enseignants, des parents et des adolescents eux-mêmes.

Tard dans l’après-midi, des enseignants de l’école de filles Anjuman-E-Islam  de Bandra, à Mumbai, vont dans les maisons du quartier afin de convaincre les mères qu’il faut sensibiliser leurs filles adolescentes aux problèmes liés au SIDA. Non loin de là, des membres du Bureau pour l’éducation de l’Archidiocèse débattent d’une modification de leur programme  qui permettrait aux jeunes de développer leurs connaissances sur le VIH/SIDA.

Des scènes innombrables …des efforts innombrables, chacun constitue une parcelle de l’APEP, qui a réussi à faire bénéficier plus de 547 399 élèves, dans 918 des 1 136 écoles secondaires de Mumbai, des programmes de sensibilisation et de prévention contre le VIH /SIDA. L’APEP a permis également de constituer un riche vivier de 32 000 éducateurs dans l’Etat de Maharashtra, où vivent environ 23 pour cent des 4,58 millions d’indiens qui seraient séropositifs selon les estimations.

Les éducateurs en matière de SIDA atteignent les enfants travailleurs par les cours du soir

Depuis juillet 2003, l’APEP a touché 57 des 150 cours du soir de Mumbai. Les enseignants et les éducateurs qui participent au programme ont été formés dans le cadre de l’initiative visant à atteindre une communauté plus large, notamment les enfants travailleurs qui vont dans les cours du soir. Ces enfants travaillent souvent le jour dans un environnement à haut risque, tels que les restaurants en bord de route, les salons de beauté et les usines industrielles. 

À la tombée de la nuit, malgré une très forte averse, Santosh, un jeune éducateur de communauté, est dans l’un de ces cours du soir où on enseigne aux élèves comment se protéger du VIH/SIDA.

« Quelle est la différence entre l’engouement et l’amour ? » demande un enseignant. Des ricanements se font entendre parmi les trente adolescents qui vont à ce cours du soir. La plupart d’entre eux travaillent toute la journée comme garçons de café, conducteurs de cyclo-pousse et porteurs.

«  Et qu’est-ce que je fais si je tombe amoureux d’une fille qui ne m’aime pas ? » demande Santosh, 16 ans. Il fait partie de ces nombreux adolescents qui ont quitté leur village pour trouver du travail à Mumbai. Sa question permet de conduire à des explications sur le VIH et les comportements à haut risque.

Certains élèves ont entendu parler du VIH/SIDA, mais presque personne ne sait comment se transmet la maladie, aussi leur attention se concentre-t-elle sur un grand tableau à feuilles dont l’enseignant se sert pour expliquer les changements qui interviennent à l’adolescence.

« Afin de vous protéger vous-mêmes et de protéger les autres contre le VIH/SIDA, vous devez faire travailler ensemble votre corps et votre esprit, » dit l’enseignant. 


 

 

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