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Protection de l'enfant contre la violence et les mauvais traitements

En Inde, des comités villageois s'engagent sur la question des mariages d'enfants, en convaincant les familles de rejeter cette pratique séculaire

La célébration inaugurale de la Journée internationale de la fille aura lieu le 11 octobre 2012. À cette occasion, la Journée se penchera, cette année,  sur les mariages d'enfants, qui sont une violation d'un droit humain fondamental et qui influencent la vie des filles dans tous ses aspects. Les mariages d'enfants refusent aux filles le droit de vivre leur enfance, perturbent leur éducation, limitent leurs opportunités, augmentent les risques de les voir exposées à la violence et aux abus, mettent en danger leur santé et constituent donc un obstacle à l'accomplissement de presque chaque Objectif du Millénaire pour le développement (OMD,) et le développement de communautés saines.

Pour plus d'informations sur les mariages d'enfant, cliquez ici.

Par Rajat Madhok

MIRZAPUR, Uttar Pradesh, Inde, 8 octobre 2012 - Pratigya, qui apprend que Chandra Devi prévoit de marier sa fille Basanti, prend son sac en bandoulière et part rendre visite à Chandra.

VIDÉO : (en anglais) - Dans un village indien, dont toutes les familles appartiennent à une caste socialement exclue et ou les mariages d'enfants et le travail des enfants sont courants, des comités locaux sont créés pour initier un changement positif des comportements. Regarder dans RealPlayer

Il s'en suit une conversation amicale mais inconfortable. Basanti a à peine 15 ans et Pratigya est venue pour parler avec sa mère de la question des mariages d'enfants.

Aborder un sujet difficile

Pratigya et Chandra Devi discutent des raisons qui poussent les parents à marier leurs filles dès leur tout jeune âge. Elles parlent également de l'importance de continuer l'éducation des filles.

La conversation s'oriente vers les dangers des mariages d'enfants.

Plus tard, Pratigya se remémore cette conversation : « la croyance commune de la plupart des familles d'ici est que si elles ne marient leurs filles dès leur jeune âge, alors celles-ci commenceront une relation avec un garçon, ce qui porterait le déshonneur sur leur famille. J'ai dit à Chandra Devi, qu'en tant que parents, nous devrions considérer une approche différente. Les mères devraient constamment conseiller leurs filles en amie et non comme une mère. Ces jeunes filles écouteront alors leurs parents avec raison et amour et non par peur d'être battues ».

Le Comité se concentre sur la protection de l'enfance

Pratigya vit à Bhawrak, un petit hameau du district de Mirzapur, dans l'État indien le plus peuplé, de l'Uttar Pradesh. Avec une population de près de 200 millions, l'État possède également le plus grand nombre d'enfants du pays.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Varanasi/2012/Madhok
Dans l'Uttar Pradesh, en Inde, les membres d'un comité de protection de l'enfance interagissent et discutent avec les habitants du village de Bhawrak des préoccupations concernant les mariages d'enfants. Ces comités fournissent un environnement sûr où les gens peuvent parler des problèmes sans craindre des répercussions ni d'être stigmatisés.

À peu près 154 familles vivent à Bhawrak, et toutes appartiennent à une caste socialement exclue et marginalisée. Jusqu'à récemment, les enfants allaient rarement à l'école, et étaient souvent contraints de travailler.

Grâce au financement généreux de la Fondation Ikea, l'UNICEF soutient le Gouvernement de l'Uttar Pradesh dans la mise en place dans l'État de comités de protection de l'enfance. Maintenant, un comité de protection de l'enfance a été formé à Bhawrak. Celui-ci fournit environnement sûr où les gens peuvent parler de ces problèmes sans craindre des répercussions ni d'être stigmatisés.

Depuis la création du Comité, Pratigya et d'autres femmes sont devenues les agents du changement des comportements. Elles se déplacent aux alentours pour rendre visite aux ménages et les sensibiliser aux problèmes du travail des enfants et aux mariages d'enfants. Leur message est tout simple : les enfants doivent aller à l'école.

Menés par les chefs du village, ces comités comprennent plusieurs anciens et dirigeants du village, et deux enfants.

Anita, 15 ans, est l'une de ces enfants. « Mes parent répétaient sans cesse qu'ils me marieraient  bientôt. Mais, grâce à l'action de ce  Comité de protection, les anciens du village ont convaincu mes parents de ne pas le faire », raconte-t-elle.

Tenir une promesse

Les membres du Comité ont assuré leur soutien contre les mariages d'enfant, s'engageant dans une déclaration publique à ne pas marier leurs propres enfants avant leur âge légal. Ce voeu public a eu une influence significative sur le reste du village.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Varanasi/2012/Madhok
Depuis la création du Comité, Pratigya et d'autres femmes sont devenues les agents du changement des comportements. Elles se déplacent aux alentours pour rendre visite aux ménages et les sensibiliser aux problèmes du travail des enfants et aux mariages d'enfants. Leur message est tout simple : les enfants doivent aller à l'école.

« La déclaration publique par le Comité de protection de l'enfance du village s'est avérée très efficace dans la lutte contre les mariages d'enfant », explique la chef du bureau de pays de l'UNICEF en Uttar Pradesh, Adele Khudr. « L'action du Comité réaffirme que les gens ne seront pas socialement stigmatisés s'ils marient leurs filles après 18 ans ».

Bhawrak est l'un des nombreux villages du district où les champions du changement comme Pratigya ont travaillé avec brio et sans relâche. Les jeunes filles du village ont une confiance nouvelle. Leur parents doivent tenir une promesse - une promesse qu'elles ne seront pas mariées durant leur enfance.

Changer les esprits

Alors que Pratigya et Chandra Devi continuent leur  conversation, Chandra Devi fond en larmes. Elle dit à Pratigya qu'elle a marié avant l'âge légal ses autres filles plus âgées. L'une d'entre elles est tombée gravement malade après une grossesse compliquée. Les docteurs lui ont expliqué que l'utérus de sa fille était endommagé, et l'avaient attribué au fait que sa fille était tombée enceinte à 16 ans.

Chandra Devi est décidée à ne pas marier sa plus jeune fille à un âge précoce. « J'ai appris de mes erreurs. J'ai promis à ma fille la plus jeune, Basanti, que j'allais l'envoyer à l'école, et ne la marierai pas avant qu'elle n'atteigne ses 18 ans ».


 

 
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