L'UNICEF dans les situations d'urgence

À Jaffna (Sri Lanka), la violence menace enfants et familles déplacés

Image de l'UNICEF
© UNOPS Sri Lanka/2006/ Finegan
À Jaffna, des enfants déplacés par la poursuite du conflit au Sri Lanka.

Par Blue Chevigny

NEW YORK, États-Unis, 20 septembre 2006 – En dépit du cessez-le-feu officiellement en vigueur, le conflit du Sri Lanka entre les Tigres de Libération de l’Eelam Tamoul (LTTE) et les forces gouvernementales a entraîné une escalade de la violence dans le district de Jaffna situé à la pointe nord de l’île. Tirs d’artillerie et accrochages entre les deux groupes y sont devenus fréquents.

Cette violence a provoqué le déplacement de 60 000 personnes – dont la moitié sont des enfants – qui ont trouvé refuge dans des camps. Une majorité de ces personnes déplacées vient de familles de pêcheurs, de fermiers et d’ouvriers agricoles auxquels le conflit a fait perdre leurs moyens d’existence.

La plupart des travailleurs humanitaires présents dans la région et qui étaient venus au Sri Lanka pour aider à la reconstruction après la catastrophe du tsunami, il y a un an et demi, sont repartis en août en raison de la détérioration de la situation.

« L’électricité a été coupée, raconte Judith Bruno qui dirige le bureau de l’UNICEF à Jaffna, au cours des derniers jours nous avons eu seulement un heure d’électricité par jour. Il n’y a plus d’essence à Jaffna. Les chantiers de construction ont cessé leur activité. Tout s’est arrêté. »

Des conséquences sanitaires graves

Les routes menant à Jaffna sont bloquées en raison de la recrudescence de la violence. De violents incidents ont éclaté le 11 août et les secours d’urgence ne peuvent pas être acheminés vers le district par voie de terre. Selon Mme Bruno, les cargaisons de deux bateaux du gouvernement chargés d’approvisionnements ont pu être livrées, dont un total de 5 000 tonnes de vivres.

« Ceci se compare à des besoins de plus de 10 000 tonnes par mois pour l’ensemble de la population, dit-elle. Si la pénurie alimentaire continue, la santé des enfants et de leurs mères en souffrira les graves conséquences. Nous sommes sur le point d’être confrontés à un sérieux problème. »

Mme Bruno rapporte qu’elle a rencontré dans un des camps de personnes déplacées une mère de cinq enfants « qui n’avait aucune idée de ce qu’elle pouvait donner à ses enfants pour le petit-déjeuner. » Les queues pour la distribution de pain dans les camps se forment à cinq heures du matin.

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© UNOPS Sri Lanka/2006/ Finegan
Des Sri Lankais font la queue pour la distribution de nourriture et de secours d’urgence apportés par bateau à Jaffna. Les routes du district sont bloquées.

Gérer le stress

Les enfants sont ceux qui sont les plus touchés par ces déplacements de population ; ils souffrent de la pénurie d’eau potable et du défaut d’équipement sanitaire, du manque de nourriture, de l’absence d’électricité et d’une situation trop dangereuse pour aller à l’école.

« Il faut se rappeler que l’année dernière ils ont été déplacés par le tsunami, rappelle Mme Bruno. Ils sont aujourd’hui à nouveau déplacés et un grand nombre d’entre eux ont perdu des membres de leur famille dans le conflit. Être capable de faire face à cette situation de stress émotionnel prendra un certain temps. »

L’UNICEF s’efforce d’aider ces enfants à recouvrer leur équilibre psychologique et social en les encourageant à participer à des jeux, des activités artistiques et musicales organisés pour eux.

Des colis d’urgence pour les familles

L’UNICEF et ses partenaires, en collaboration avec le Gouvernement du Sri Lanka, apportent également leur aide sur plusieurs autres fronts.

Ils ont par exemple fourni des réservoirs en plastique de 1 000 litres pour l’eau aux quelques trente camps pour personnes déplacées de Jaffna. Ils ont aussi distribué aux familles déplacées des colis d’urgence comprenant des matelas, des draps, des casseroles et des comprimés pour la purification de l’eau.

« L’UNICEF appelle toutes les parties au conflit à respecter le cessez-le-feu, déclare Mme Bruno, sans cela, les enfants et les familles de Jaffna et de toutes les zones touchées par le conflit continueront à souffrir. »


 

 

Audio (en anglais)

20 septembre 2006 :
La directrice du bureau de l’UNICEF à Jaffna, Judith Bruno, parle à la radio de l’UNICEF des ses inquiétudes pour le bien-être des enfants de ce district ravagé par la violence.
AUDIO écouter

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