Les enfants et le VIH/SIDA

Les Nations Unies insistent vivement sur la nécessité d’une réaction plus vigoureuse face au SIDA, le « plus grand défi de notre génération »

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Lors de la réunion de haut niveau de 2006 sur le SIDA, qui a eu lieu la semaine dernière, le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Jan Eliasson (à gauche) et le Directeur exécutif de l’ONUSIDA, Peter Piot, participent à une conférence de presse relative à une déclaration des Nations Unies en faveur du renforcement de l’action contre le SIDA.

Par Rachel Bonham Carter

NEW YORK, États-Unis, 5 juin 2006 – Une déclaration de l’Assemblée générale des Nations Unies, en faveur d’une intervention plus vigoureuse de la communauté internationale face au SIDA, a constitué vendredi l’apogée de trois jours de réunions de haut niveau, au siège de l’organisation, à New York. Cette déclaration de grande portée réaffirme les objectifs déjà fixés en 2001, appelle également à des actions nationales ambitieuses et encourage la protection des jeunes – en particulier les filles – afin de réduire leur vulnérabilité au VIH.

Le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Jan Eliasson, a présenté la déclaration et il a décrit le processus de négociation qui a réuni les États Membres des Nations Unies, des ONG et près de 800 organisations issues de la société civile. Ce processus a marqué le début d’une « dynamique nouvelle de la coopération internationale », a-t-il dit.

« Les voix des personnes séropositives et des malades du SIDA, et celles d’autres groupes, se sont fait clairement entendre », a ajouté le Directeur exécutif de l’ONUSIDA, Peter Piot, « et cela a grandement contribué à ce que j’estime être une bonne déclaration, substantielle et tournée vers l’avenir ».

Le rapport « Sauver des vies » sur les enfants et le SIDA

Le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, a par ailleurs vivement insisté pour que les dirigeants dans le monde assument personnellement la responsabilité de sauver des vies, affirmant que l’effort nécessaire pour enrayer la propagation du VIH/SIDA constituait le « plus grand défi de notre génération. »

M. Annan a poursuivi : « Nous savons ce qu’il faut faire face à cette épidémie pour inverser la tendance. Chaque président et chaque premier ministre, chaque parlement et chaque homme politique doit prendre cet engagement « le SIDA s’arrête devant moi » et le déclarer.

Avant que ne commence la Réunion de haut niveau de la semaine dernière sur le SIDA, l’UNICEF avait fait tout son possible pour que la cause des enfants et des femmes demeure une priorité essentielle lors des discussions. Lors du lancement, le 26 mai, d’un rapport du Mouvement mondial en faveur des enfants, la Directrice générale de l’UNICEF, Mme Ann M. Veneman, a rappelé ce que perdent les enfants avec le SIDA.

« Depuis les débuts de la pandémie, il y a 25 ans, le monde a vu essentiellement dans le VIH/SIDA une maladie d’adultes », a dit Mme Veneman. « Pourtant, à cause du SIDA, des enfants ont perdu leurs parents, leurs enseignants, ils manquent de traitement et de soins, de protection, de beaucoup de choses – et ils subissent de plein fouet les effets dévastateurs de cette maladie. »

Le rapport « Sauver des vies : le droit des enfants aux traitements contre le VIH et le SIDA » est un appel à la protection des enfants contre cette maladie, pour qu’on leur assure des traitements antirétroviraux et pour qu’on investisse dans leur avenir. La diffusion de ce rapport a été suivie quelques jours plus tard par une réunion autour d’un petit déjeuner au siège des Nations Unies, présidée par le porte-parole de la Jeunesse, Ronan Farrow, de l’UNICEF. Ronan Farrow a demandé qu’on intègre vraiment les besoins des enfants dans la campagne en faveur d’un accès de tous à la prévention, au traitement et aux soins contre le VIH.

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Une fille du Choeur des enfants africains pendant le gala « Une soirée d’espoir et de commémoration : unir le monde contre le SIDA ». Cet événement rappelle le souvenir des 25 millions de personnes mortes du SIDA au cours des 25 dernières années.

L’ONUSIDA cite des progrès réalisés et des défis à relever

Le Docteur Peter Piot a joué un rôle déterminant lors des réunions. Le 30 mai, la veille du début des réunions, il a lancé le « Rapport sur l’épidémie mondiale de SIDA » 2006 de l’ONUSIDA, l’analyse la plus complète qu’on ait faite de la crise.

Tout en constatant que le taux mondial d’infection paraît ralentir, le rapport signale une poursuite de l’augmentation des infections nouvelles dans certaines régions et il précise que le SIDA demeure une menace d’une gravité exceptionnelle.

Lors de la diffusion de cette étude, le Docteur Piot a qualifié « d’infimes » les progrès réalisés en faveur des enfants touchés par le SIDA. Il a fait observer qu’il y avait chaque jour, selon les estimations, 1 500 nouvelles infections au VIH chez les enfants de moins de 15 ans, alors qu’environ 15 millions d’enfants avaient perdu l’un de leurs parents ou les deux à cause de cette maladie.

La Première dame des États-Unis, Laura Bush, a parlé lors du dernier jour de ces réunions et elle a annoncé une nouvelle arme dans la lutte contre le SIDA – l’extension des tests de dépistage du VIH, ce qui pourrait aider à prévenir la transmission de la mère à l’enfant et d’autres formes d’infection, et faciliterait le traitement des personnes séropositives ou malades du SIDA.

« Les États-Unis vont bientôt proposer un Journée internationale des tests de dépistage »,  a déclaré Mme Bush. « J’insiste vivement auprès de tous les États Membres pour qu’ils nous rejoignent et soutiennent cette initiative ».

Coopération mondiale contre le SIDA

Un autre orateur, Millicent Obaso, qui est conseillère de CARE International en matière de VIH/SIDA pour l’Afrique orientale et centrale, a présenté un rapport qui insiste pour qu’on aborde le SIDA en mettant l’accent sur les problèmes sous-jacents de la pauvreté et de la nutrition.

« J’arrive à la conclusion que nos gouvernements n’ont pas tenu leurs engagements », a dit Mme Obaso, en se référant essentiellement aux pays africains. « Ils ont promis de consacrer à la santé 15 pour cent de leur budget national, afin de pouvoir améliorer les programmes concernant le VIH/SIDA. Seulement deux pays ont été parfaitement fidèles à leur promesse. Pour moi, c’est une grave question parce que, lorsque des femmes et des enfants africains sont malades, nos gouvernements devraient être les premiers à enrayer ce problème. »

Des célébrités ont accordé leur appui à cette réunion, avec le lancement d’un partenariat entre l’Association nationale de basket-ball américaine (NBA) et la campagne UNISSONS-NOUS POUR LES ENFANTS, CONTRE LE SIDA. Des héros légendaires du basket, notamment Bill Russell, qui a sa place dans le panthéon de ce sport, se trouvaient le 31 mai à New York, au siège de l’UNICEF, pour la diffusion d’un nouveau spot d’intérêt public où figurent 10 très grandes vedettes du basket qui parlent de l’impact du SIDA sur les enfants.

Et à la fin de la semaine, des acteurs, des musiciens et des danseurs ont participé à une soirée d’espoir et de commémoration pour marquer que la crise du SIDA durait depuis 25 ans. La soirée de gala de vendredi, dans la salle de l’Assemblée générale, a permis notamment d’entendre Angélique Kidjo, l’Ambassadrice itinérante de l’UNICEF, et de voir le spectacle plein de vie du Choeur des enfants africains. Les spectateurs ont aussi écouté des personnes séropositives ou malades du SIDA, des militants de longue date de la lutte contre le SIDA et des dirigeants, venus des six continents, tous unis derrière un seul objectif : une coopération mondiale pour combattre le VIH/SIDA.


 

 

Vidéo (en anglais)

2 juin 2006 :
La correspondante de l’UNICEF, Rachel Bonham Carter, décrit les événements qui ont conduit à une nouvelle déclaration de l’Assemblée générale des Nations Unies en faveur d’un renforcement de l’action de la communauté internationale contre le SIDA.
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2 juin 2006 :
Millicent Obaso, de CARE International, commente le rapport qu’elle a présenté à l’Assemblée générale des Nations Unies appelant à une action plus audacieuse contre le VIH/SIDA et mettant l’accent sur l’éducation des femmes et des filles.
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Campagne contre le SIDA

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