Catastrophe du Raz-de-marée - Pays en crise

Indonésie : Travailler pour réunir les familles que le tsunami a fait éclater

Image de l'UNICEF
© UNICEF video
Muhammad Nurwansyah, 10 ans, regarde la télévision avec d’autres rescapés du tsunami dans un camp pour personnes déplacées.

Par Steve Nettleton

JANTHO, Indonésie, décembre 2005 - Assis au milieu d’un groupe d’autres survivants du tsunami, Muhammad Nurwansyah (10 ans) rit en regardant le numéro télévisé d’un acteur comique indonésien. C’est un dimanche après-midi sans histoire dans le camp pour personnes déplacées de Jantho, à une heure de voiture environ de Banda Aceh. Mais la routine, c’est bon. C’est le signe d’un retour à la normale pour la vie de ce garçon qui, un an après, a encore des difficultés à faire face aux souvenirs douloureux occasionnés par le tsunami et à ses retombées. 

Muhammad, qui répond au surnom d’Iwan, était chez ses grands-parents lorsque le tsunami a frappé, le 26 décembre 2004. Après la catastrophe, il s’est retrouvé tout seul, sans savoir s’il y avait eu des survivants dans sa famille.

Il a été tellement traumatisé qu’il ne pouvait pas faire une description de ses parents ou se rappeler son adresse. Il a passé sept semaines dans un camp, jusqu’au jour où – coup de chance – il est passé dans son quartier en voiture et a reconnu sa maison. Les voisins ont dit aux travailleurs sociaux que ses parents se trouvaient dans un camp de secours en ville, et Iwan les a retrouvés deux jours plus tard.  

Aujourd’hui, il aide sa mère à s’occuper d’un camp pour personnes déplacées à Jantho. Il passe ses journées à l’école et joue souvent dans un centre pour enfants financé par l’UNICEF à quelques kilomètres de là. Lorsqu’il rentre chez lui, il prête main-forte à sa mère pour les corvées domestiques de leur domicile temporaire.  

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Muhammad Nurwansyah aide sa mère Hayatun Nafis à s’occuper d’un petit kiosque dans le camp pour personnes déplacées de Jantho.

« J’aime aider ma mère, quel que soit ce qu’elle me demande », explique-t-il. « J’aime l’aider à faire la lessive, puis je l’aide aussi à faire la vaisselle le soir et à porter les choses qu’il lui faut dans son kiosque ».  

Sa mère, Hayatun Nafis, dit que le retour de son enfant la remplit toujours de joie, bien qu’elle sache qu’il ne s’est pas encore totalement remis du traumatisme et de la séparation. 

« Depuis qu’Iwan est revenu et que j’ai pu de nouveau le serrer dans mes bras, j’ai toujours fait de mon mieux pour le calmer », dit-elle. « J’essaie de l’aider à surmonter son traumatisme, j’essaie de combler tous ses désirs, et quand il me demande s’il peut aller jouer, je le laisse partir et l’observe en cachette ». 

Mais la joie du retour d’Iwan est tempérée par l’absence de ses grands-parents et de deux des enfants : son frère de 11 ans et sa sœur de 13 ans sont toujours portés disparus. Sa mère dit qu’elle a toujours espoir qu’ils sont vivants.

Le processus d’identification des enfants séparés et non accompagnés et de réunification avec les membres de leur famille se poursuit, un an après le tsunami. 

L’UNICEF, le Gouvernement indonésien et les organisations non gouvernementales (ONG) indonésiennes travaillent de concert pour recenser les enfants retrouvés et fournir un soutien psychologique et affectif à ceux qui cherchent encore leur famille.

Si leurs proches parents sont introuvables, les travailleurs sociaux essaient de mettre les enfants en contact avec d’autres membres de leur famille.

« Pour ceux qui ne pourront pas être réunis avec leur famille, nous mettons en place un programme d’adoption qui replacera ces enfants dans leur communauté et permettra de les suivre comme il convient, en collaboration avec le Ministère des affaires sociales », a indiqué Edouard Beigbeder, chef du bureau de l’UNICEF pour Banda Aceh.

Outre le repérage et le recensement des enfants, l’UNICEF finance 21 centres pour enfants dans toute la province d’Aceh et le nord de Sumatra. Un an après le tsunami, ces centres organisent encore des activités récréatives et fournissent un soutien éducatif et psychosocial aux enfants et aux jeunes.


 

 

Vídeo (en anglais)

Le correspondant de l’UNICEF Steve Nettleton rend compte des efforts déployés par l’UNICEF pour réunir les familles que le tsunami a dispersées

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