Catastrophe du Raz-de-marée - Pays en crise

Sri Lanka : Après le tsunami, l’augmentation du taux des naissances pose certains problèmes

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© UNICEF Sri Lanka/2005/Posing
Aruentathy, 30 ans, et sa petite fille, âgée d’un jour.

Par Leanne Mitchell

TRINCOMALEE, Sri Lanka, décembre 2005 – Assise sur le seuil de son foyer temporaire, Aruentathy, 30 ans, allaite sa petite fille âgée d’un jour, toutes deux fatiguées par les souffrances de l’accouchement. Sa sœur Vickneaswary, 28 ans et enceinte de sept mois, se tient à ses côtés, prête à l’aider si nécessaire.

Les deux sœurs vivent au camp de Ninakeney, à quelques heures de route de Trincomalee, sur la côte orientale du Sri Lanka. Elles sont chacune mariées à un pêcheur. Les deux familles ont perdu cinq enfants au total lors du tsunami du 26 décembre.

Les nouveaux-nés leur apportent un nouvel espoir, affirment les deux femmes.

« Lorsque le bébé est né, raconte Aruentathy, mon mari est venu et il a pleuré, parce que cela lui a rappelé les trois enfants que nous avons perdus lors du tsunami. « Nous avons perdu nos trois filles, a-t-il dit, alors cette petite, c’est un don de Dieu. »

Pour Vickneaswary, le bébé qui doit naître dans quelques mois, représente le même réconfort pour elle et son mari.

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L’UNICEF a rénové le service néonatal de l’hôpital général de Trincomalee et lui a notamment fourni des lits assez larges pour accueillir confortablement une mère et son enfant.

Des enfants désirés en dépit de tout

D’après le Dr Sabaretnam Jeyakumar, médecin consultant à l’hôpital général de Trincomalee, les femmes qui ont perdu un ou plusieurs enfants lors du tsunami deviennent enceintes car elles veulent reconstruire leur famille. C’est une tendance parfaitement naturelle étant donné les circonstances, mais elle comporte certains risques pour les mères et leurs nouveaux-nés.

« Beaucoup de femmes qui ont perdu tous leurs enfants donnent naissance ces jours-ci, explique le Dr Jeyakumar. Enormément de gens se présentent à l’hôpital pour essayer de revenir sur leur stérilisation. Nous voyons aussi beaucoup de mères plus âgées qui ont des grossesses à risque pour remplacer les enfants qu’elles ont perdus. »

Selon le Dr Jeyakumar, les familles n’arrivent pas toujours à gérer ce fardeau. « Après le tsunami, beaucoup d’habitants ne peuvent se permettre de voir leur famille grandir et ils n’ont pas non plus la force psychologique de s’en occuper. »

Mais un grand nombre d’entre eux sont décidés à avoir de nouveau des enfants quels que soient les problèmes que cela leur pose.

« Certaines femmes souhaitent un enfant en dépit des risques que cela comporte, explique le Dr Jeyakumar. Elles ont tout perdu, mais elles veulent un enfant. »

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Le Dr Sabaretnam Jeyakumar, médecin consultant, devant la maternité de l’hôpital.

L’essentiel manque

L’hôpital général de Trincomalee peine à répondre au nombre d’accouchements. Le taux des naissances est en hausse parmi les familles affectées par le tsunami, et l’hôpital est l’une des rares maternités encore debout dans la région. Les autres hôpitaux et centres sanitaires de la côte orientale du Sri Lanka ont été détruits par les vagues géantes.

C’est ce qui explique que neuf mois jour pour jour après le tsunami, la maternité ait vécu les vingt-quatre heures  les plus chargées de son histoire : 26 naissances en un seul jour. Mais même quand la période est plus calme, la moyenne est de dix à quinze naissances par jour, ce qui présente des difficultés pour le personnel de l’hôpital. La longue salle étroite où mères et enfants se reposent après l’accouchement est pleine à craquer.

Le Dr Jeyakumar explique que l’hôpital dispose d’un équipement sophistiqué, mais c’est le matériel de base qui manque : « Nous n’avons que six lits. Nous devons procéder à des accouchements dans les couloirs. Il arrive que des femmes donnent naissance par terre. »


 

 

Vidéo (en anglais)

Reportage du correspondant de l’UNICEF Rob McBride sur la façon dont les parents sri-lankais qui ont perdu des enfants lors du tsunami essaient de reconstruire leur famille.

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