Catastrophe du Raz-de-marée - Pays en crise
Les médecins craignent une épidémie dans les camps surpeuplés
Par Anupam Srivastava
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| © UNICEF India/2004 |
| Trois enfants blessés par le tsunami partagent un lit à l'hôpital de Tamil Nadu |
TAMIL NADU, Inde, le 21 mars 2005 - Sahai Radhika a les yeux grand ouverts, mais elle reste silencieuse. Cette fillette de douze ans est allongée sur les genoux de son père Khrishtarajan et détourne le regard quand on essaie de lui adresser la parole. Depuis trois jours, elle a une forte fièvre. Elle reste couchée sur le sable ou sur les genoux de son père, dans le camp de réfugiés de Nagarcoil, au sein du district de Kanyakumari, au Tamil Nadu, là où le tsunami de l'Océan indien a tué des milliers de gens. Environ 700 pêcheurs sont toujours portés disparus.
« Elle a de la fièvre depuis le jour où la mer a frappé », explique Khrishtarajan. Radhika sait que beaucoup de ses amis n'ont pas survécu. « Je sais qu'elle pense tout le temps à eux », reprend son père. Il est convaincu que sa fièvre est liée au traumatisme qu'elle a subi.
Même s'ils paraissent joyeux et jouent dans le sable, les centaines d'autres enfants du camp n'ont pas surmonté le traumatisme subi quand ils ont dû courir pour échapper à la mort, avec la mer à leurs trousses. Kabin, sept ans, joue gaîment avec ses amis du camp, mais ses parents disent qu'il est « plus calme et plus réservé ». Il ne s'éloigne jamais d'eux, il parle dans son sommeil et s'éveille parfois en hurlant.
« Nous avons passé toute notre vie au bord de la mer et nos enfants n'avaient jamais peur. Comment vont-ils pouvoir retourner vivre dans le même village ? » s'interroge Joseph, son père, qui est pêcheur.
A l'hôpital de Sri Ram, près de Nagarcoil, trois frères, Sangar, Raju et Vijay, s'agitent dans leur lit en dépit de leurs blessures. Laxmi, leur mère, décrit comment les garçons se sont dirigés vers la mer quand les eaux ont reculé puis ont commencé à courir quand les vagues ont chargé.
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| © UNICEF India/2004 |
| Radhika, douze ans, a une forte fièvre depuis le tsunami. Son père, Khrishtarajan, l'attribue au traumatisme qu'elle a subi. |
« Ils ne le savent peut-être pas, mais ils ont tous peur», dit-elle en parlant de ses fils, qui partagent un lit d'hôpital. Quand on leur demande s'ils aimeraient rentrer au village, leur sourire s'évanouit.
Malheureusement, dans les camps, on ne soigne les traumatismes qu'une fois que les symptômes deviennent évidents. « Nous envoyons les patients en traitement si nous nous apercevons qu'ils en ont réellement besoin, explique le docteur Kali Silvy, un médecin de l'endroit. Nous craignons les infections et les épidémies. »
Bien que les camps soient surpeuplés, avec un nombre insuffisant de toilettes, les organisateurs s'efforcent de maintenir une bonne hygiène. Dans le camp de Zionpuram, au Kanyakumari, il n'y a que trois toilettes pour 2 500 personnes.
« Nous prenons des précautions quand nous cuisinons, mais nous sommes limités quand il s'agit de fournir des installations sanitaires », se plaint Balaji, professeur à la retraite et l'un des organisateurs du camp.
Une équipe de l'UNICEF qui campe dans les environs s'est rendue sur le terrain et s'apprête à installer des toilettes temporaires dans les camps du Tamil Nadu, où vivent des dizaines de milliers de personnes. Les toilettes sont essentielles, d'autant plus que la plupart des survivants ne pourront pas retourner dans leur village dans un avenir proche.
« Retourner où ? » demande Seseiya, un pêcheur, en fondant en larmes. Michael ramesh, un autre pêcheur du village de Pallam estime que tant que le gouvernement ne leur donnera pas des assurances que le « tsunami ne se répétera pas », il ne rentrera pas chez lui.
Si les niveaux d'hygiène diminuent, les enfants courent beaucoup plus le risque de contracter une maladie. L'UNICEF est en train de négocier un ensemble d'aides avec ses partenaires ainsi qu'avec le gouvernement afin de pouvoir améliorer les conditions sanitaires dans les camps et abris temporaires. Il s'agit là d'une étape importante si on veut aider les villageois victimes de la catastrophe à retrouver un semblant de normalité.
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Vidéo (en anglais)
Mars 2005 :
Le représentant de l'UNICEF à Tamil Nadu ,Tim Schaffter parle de comment les donations faites à l'UNICEF ont étés utilisés pour aider les enfants..
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