Catastrophe du Raz-de-marée - Pays en crise

Une directrice d’école de Banda Aceh regarde vers l’avenir

Image de l'UNICEF
© UNICEF Indonesia/2005/Estey
Des fournitures scolaires de base, provenant des « écoles en boîte » de l’UNICEF, permettent aux enfants de retourner en classe aussi vite que possible. Ceci est essentiel pour leur permettre de retrouver le sens de la normalité.

Par John Budd

BANDA ACEH, Indonésie, 21 mars 2005 - Yustiti fouille les ruines. Il n’a pas plu depuis deux semaines et la boue laissée par le tsunami a séché. Yustiti ramasse un manuel scolaire. L’eau a rendu les pages séchées plus épaisses. Elle lit la couverture et jette le livre.

Voici la SD7, une école primaire de Banda Aceh où, avant la catastrophe, 354 élèves de 6 à 12 ans marchaient au pas en rentrant en classe, chantaient l’hymne national et couraient çà et là en jouant lors des récréations. Il y a aujourd’hui 50 survivants.

Yustiti est la directrice de l’école. « J’étais près d’ici, au marché, lorsque la vague est arrivée. Quelqu’un a hurlé qu’il y avait de l’eau, de l’eau et j’ai pris mes jambes à mon cou, avec la foule, puis j’ai grimpé sur un camion. L’eau est montée jusqu’à ma ceinture », dit-elle. 

Près de 1 000 écoles ont été détruites ou endommagées

Yustiti se baisse et examine les restes d’un ordinateur écrasé. De l’autre côté de la rue, en équilibre sur les marches d’une maison en ruines, se trouve un mannequin anatomique. On dirait une statue.C’est le seul équipement scolaire à ne pas avoir été brisé ou endommagé. Il ne reste debout qu’un seul mur de l’école.

La SD7 ne constitue pas une exception. Près de 1 000 écoles ont été détruites ou trop gravement endommagées pour être ouvertes à nouveau. Toutes les précieuses fournitures, les manuels, le matériel scolaire et l’équipement sportif ont été balayés. Environ 2 500 enseignants sont morts et 3 000 autres sont sans abri.

« J’ai perdu deux enfants et ma maison. Je n’ai plus rien. Je vis avec ma sœur et je tente de louer une maison », dit Yustiti. « Mais je vais reconstruire. Je recommence à enseigner et je cherche à avoir un deuxième travail ».

La longue route du retour à la normale

Image de l'UNICEF
© UNICEF Indonesia/2005/Donan
Ce jeune élève est un peu intimidé devant l’objectif

Exactement un mois après la catastrophe, les enfants de Banda Aceh sont revenus en classe et l’UNICEF était là pour soutenir les efforts du gouvernement.

« C’était la première étape – ébauchée – sur la longue route du retour à la normale », déclare le Représentant de l’UNICEF en Indonésie, Gianfranco Rotigliano. « L’une de nos priorités a été de ramener les enfants en classe aussi vite que possible ».

Dans ce but, l’UNICEF a rapidement distribué des milliers de colis d’école en boîte et de tentes pour l’enseignement. En quelques semaines, l’équipe de l’UNICEF a évalué les dégâts dans les écoles et a pris des mesures pour les réparer et permettre leur réouverture.

On ne connaît pas encore avec certitude le nombre d’enseignants disponibles, dans la mesure où les morts sont si nombreux. « Il y a seulement deux semaines, le nombre d’enseignants décédés a été augmenté de 600 », indique Erik Bentzen, responsable Éducation de l’UNICEF. Aussi 200 enseignants, venant de toutes les régions d’Indonésie, ont-ils été transférés sur Aceh.

Jusqu’à présent, l’UNICEF a distribué des fournitures scolaires de base, suffisamment pour 300 000 élèves. L’organisation propose en outre d’embaucher 1 000 enseignants. 

À terme, l’UNICEF va consacrer environ 80 millions de dollars à la réhabilitation de 250 écoles dans les trois prochaines années et va fournir du matériel pédagogique à tous les écoliers en primaire d’Aceh. L’organisation a également persuadé le gouvernement d’affecter des fonds permettant la construction de 300 écoles supplémentaires.

Trois mois après la destruction de son école, on a réaffecté à Yustiti et à ses cinquante élèves survivants une autre école, située à environ un kilomètre de la SD7.

« Tout le monde souffre et j’essaie de rendre les enfants plus heureux qu’ils ne l’étaient. L’école est un refuge, un lieu de convalescence » dit Yustiti. « Mais, après l’école, ils rentrent dans leur famille et retrouvent la tristesse ».


 

 

Vidéo (en anglais)

Mars 2005 :
Steve Nettleton fait un entretien avec Mm. Yustiti, et nous parle des efforts de l'UNICEF pour reconstruire les écoles à Banda Aceh.

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Mars 2005 :
Ken Maskall Chef de bureau de l'UNICEF à Aceh parle de comment les donations faites à l'UNICEF ont étés utilisés pour aider les enfants.

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