Catastrophe du Raz-de-marée - Pays en crise

Prendre soin des enfants livrés à eux-mêmes après le tsunami

Image de l'UNICEF
© UNICEF Sri Lanka/2005
Suba a perdu sa mère dans le tsunami. Elle vit à présent dans un camp de fortune avec son frère et sa soeur.

BATTICALOA, (Sri Lanka), 1er mars 2005 – Suba, 14 ans, ne pouvait pas entendre le terrible grondement des vagues géantes qui ont emporté sa mère en ce dimanche fatal de décembre – elle est sourde-muette de naissance. Mais, elle a vu les vagues destructrices et ressenti leur pouvoir. Heureusement, elle a réussi à échapper à la catastrophe.

Suba vit pour le moment sous une tente dans un camp de fortune avec sa sœur aînée Vinorin, sur la côte orientale du Sri Lanka, complètement dévastée. Les pluies torrentielles de mousson et l’extrême humidité ont encore augmenté l’inconfort du camp surpeuplé.

Aujourd’hui, deux travailleurs sociaux de l’ONG Save the Children se trouvent ici afin d’arriver à savoir qui elle est et ce dont elle peut avoir besoin en matière d’aide ou de conseil pour affronter les moments difficiles à venir.

Suba pose sur leurs lèvres son regard d’aigle. Elle répond par l’intermédiaire de sa soeur Vinorin, utilisant une suite de gestes de la main gracieux et très rapides. Vinorin traduit alors que Suba a été envoyée enfant à Colombo pour y apprendre la langue des signes et qu’elle est maintenant élève à l’école des sourds de Batticaloa. Leur père, qui était pêcheur, est décédé il y a quatre ans et, avec la mort de sa mère dans le tsunami, il n’y a personne qui soit seulement en mesure de confirmer la date de naissance exacte de Suba.

Vinorin confie à l’équipe que son plus grand souci à présent est d’être en mesure de nourrir et d’élever Suba, ainsi que leur jeune frère. « Nous étions une famille pauvre, même avant que le tsunami nous ait tout pris. Je ne sais pas du tout ce que tout allons faire ».

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© UNICEF Sri Lanka/2005
Deux travailleurs sociaux se rendent auprès de Suba afin d’arriver à savoir ce dont elle peut avoir besoin en matière d’aide ou de conseil pour affronter les moments difficiles à venir.

Le tsunami a été pour des milliers d’enfants du Sri Lanka comme Suba, son frère et sa sœur la fin de la certitude. « C’est un processus difficile et rigoureux », dit un travailleur social de Save the Children, qui, en partenariat avec l’UNICEF et le Bureau international du travail, a enregistré et fourni des précisions sur tous les enfants non accompagnés, séparés ou orphelins dans tout le pays. Une fois ceci achevé, va commencer le long processus de recherche des membres d’une famille et de réunion des enfants avec leurs parents, leurs frères et sœurs, leur famille élargie ou leur communauté d’origine.

« Depuis le début, il était prioritaire d’identifier ces enfants », déclare le responsable au Sri Lanka de la protection de l’enfance de l’UNICEF, Bo Viktor Nylund. « Les équipes ont foncé pour rassembler très vite des données afin que nous puissions bien comprendre l’impact du tsunami sur les enfants. Comme l’UNICEF dispose d’une grande expérience du Sri Lanka et qu’il a dirigé d’importantes initiatives pour la protection des enfants – notamment dans le nord-est – ceci nous a donné beaucoup d’espoir ».

Dans la phase d’urgence initiale, l’UNICEF et ses partenaires ont distribué des brochures dans les camps afin de sensibiliser les réfugiés ayx moyens de protéger les enfants. « Dans de tels environnements, les enfants sont bien plus vulnérables à la violence, à l'exploitation sans scrupule et à la maltraitance. C’est la raison pour laquelle il est essentiel de les identifier et de leur permettre de retrouver leurs parents et leur communauté le plus vite possible », a expliqué Bo Viktor Nylund.

Les premiers chiffres indiquent que plus de 1 100 enfants ont perdu leurs deux parents et c’est leur famille élargie qui s’occupe de la grande majorité de ces enfants. En outre, 3 600 enfants ont perdu l’un de leurs parents. Le défi va être maintenant d’aider un grand nombre de foyers monoparentaux  avec des enfants.

« L’afflux considérable de ressources financières et autres – et une sensibilisation beaucoup plus forte à l’importance des questions de protection – offre l’occasion de renforcer les systèmes de protection sociale pour tous les enfants et toutes les femmes du Sri Lanka, pas seulement dans la période suivant immédiatement le tsunami, mais aussi dans l’avenir », a ajouté Bo Viktor Nylund.


 

 

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