Catastrophe du Raz-de-marée - Pays en crise

L’UNICEF aide le « Bébé 81 » à retrouver ses parents

Image de l'UNICEF
© UNICEF/HQ05-0223/Pietrasik
Les photos de deux écoliers disparus depuis la catastrophe du tsunami sont affichées sur un réverbère près de Southland College, dans le district de Galle.

KALMUNAI, Sri Lanka, 16 février 2005 – Le petit Sri Lankais de quatre mois qui avait miraculeusement survécu au tsunami – et qu’on avait appelé par la suite le « Bébé 81 » – a été officiellement remis à ses parents par un tribunal de l’est du pays aujourd’hui. Fous de joie, Jenita et Murugupillai Jeyarajah ont reçu leur fils, Abilasha, des bras d’un médecin dans une salle d’audience où se pressaient spectateurs et journalistes. 

Cette joyeuse réunion a eu lieu deux jours après qu’un juge a confirmé leur lien de parenté, sur la foi de tests d’ADN. Deux mois auparavant, le bébé avait été arraché aux bras de sa mère par les eaux tourbillonnantes du tsunami. Découvert par un villageois, l’enfant avait été le 81e patient admis dans un hôpital de Kalmunai le 26 décembre, d’où son surnom de « Bébé 81 ». 

Après l’audience, la petite famille a été transportée par un véhicule de l’UNICEF jusqu’à un temple hindou voisin où les parents ont prié et offert 100 noix de coco au dieu à la tête d’éléphant, Ganesh, pour le retour de leur fils. 

Plus tard dans la journée, la famille est venue voir les ruines de son ancienne maison et l’endroit où l’enfant a été emporté par les eaux. Elle s’est ensuite rendue au domicile de la tante de Jenita, une modeste maison de ciment d’un étage qui les abrite temporaire. Un grand nombre de visiteurs, parmi eux des membres de la famille, sont venus voir l’enfant. Abilasha portait au front une marque appelée « muttu » qui passe pour éloigner les mauvais esprits. Ce sont les infirmières de l’hôpital de Kalmunai qui la lui ont faite.

Cette réunion était l’aboutissement d’un processus douloureux pour les parents, qui ont perdu leur maison et tout ce qu’ils possédaient pendant le tsunami. Dans l’incapacité de prouver que le « Bébé 81 » était vraiment le leur, ils ont porté l’affaire devant le tribunal. « L’aide de l’UNICEF a été sollicitée pour que les parents puissent faire un test d’ADN. Nous avons pris en charge leur voyage et leur hébergement dans la capitale, et nous avons même payé les frais du test », déclare Geoff Keele, responsable de la communication de l’UNICEF au Sri Lanka.

Les Jeyarajah étaient l’une de neuf familles qui réclamaient l’enfant. Mais ce sont les seuls qui ont décidé de saisir le tribunal. « Cela a été un processus réellement difficile pour eux, non seulement d’avoir vécu la terrible tragédie du tsunami et la perte de leur enfant, mais aussi d’avoir vu leur histoire étalée dans les médias », ajoute M. Keele. 

Alors que l’histoire du « Bébé 81 » faisait la Une des journaux du monde entier, la famille subissait une pression considérable. Le père a publiquement menacé de se suicider s’il était obligé de se soumettre au test d’ADN, mais il a fini par céder. « Nous avons mis un conseiller à leur disposition, et cette personne les a accompagnés lorsqu’ils sont allés faire les tests d’ADN, et pendant toute la durée de cette épreuve »,  dit M.Keele. 

Malheureusement, beaucoup d’autres enfants au Sri Lanka n’ont pas eu la chance du « Bébé 81 ». Une étude préliminaire effectuée par l’UNICEF et Save the Children dans 400 camps de familles déplacées a révélé que près de 3 000 enfants avaient perdu au moins un de leurs parents, et que 1100 autres étaient orphelins de père et de mère.

« Ces enfants auront besoin de beaucoup d’aide », dit M. Keele. Nos efforts visent aussi à leur assurer le soutien psychologique adéquat. L’UNICEF forme les enseignants et les professionnels de la santé aux activités « psychosociales » que l’on peut offrir aux enfants dans le cadre de l’école. « Il est essentiel de faire différentes sortes d’activités avec les enfants pour les aider à surmonter leur traumatisme »,  explique M. Keele.


 

 

Audio (en anglais)

16 février 2005 :
Le responsable de la communication de l’UNICEF Geoffrey Keele raconte comment l’UNICEF a aidé le  « Bébé 81 » à retrouver ses parents.

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