Haïti

Atteindre les régions les plus isolées d’Haïti pour éliminer le tétanos maternel et néonatal

Par Jean Panel Fanfan

Haïti ne recule pas devant le défi d’atteindre les zones les plus difficiles d’accès avec le vaccin contre le tétanos. Près de 1,3 million de femmes doivent être vaccinées pour que le pays réalise son objectif de mettre fin au tétanos maternel et néonatal une bonne fois pour toutes.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Haiti/2014/Fanfan
Marlène Jean fait partie des dizaines de femmes de la communauté isolée de Milord ayant reçu leur troisième vaccin contre le tétanos dans le cadre d’une campagne nationale contre le tétanos maternel et néonatal.

MILORD, Haïti, le 7 mars 2014 – Marlène Jean reste stoïque en recevant sa piqûre. Elle fait partie des dizaines de femmes recevant leur troisième vaccin. Haïti mène une campagne nationale contre le tétanos maternel et néonatal. Le village de Marlène Jean, Milord, est situé dans le département du Sud-Est d’Haïti. 

Après son vaccin, Marlène participe à une session de sensibilisation animée par l’un des vaccinateurs. « J’ai toujours vécu à Milord, avec mon mari et mes deux enfants », explique-t-elle. « J’ai fini par apprendre que le vaccin contre le tétanos était important à la fois pour la santé de la mère et pour celle de l’enfant. »

Marlène Jean a 32 ans. L’objectif est d’atteindre les presque 1,3 millions de femmes qui, comme elle, sont âgées de 15 à 49 ans – l’âge de procréation – dans tous les départements.


Une maladie mortelle

Le tétanos maternel et néonatal est une maladie grave, avec un taux de mortalité élevé chez les nouveau-nés. Il peut être évité si les femmes sont vaccinées contre le tétanos. 

Près de 50 pour cent des cas de tétanos des Caraïbes sont situés en Haïti.

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© UNICEF Haiti/2014/Fanfan
La campagne cible les femmes en âge de procréer dans le pays. Les agents de vaccination doivent parcourir de longues distances, parfois à pieds, pour couvrir toutes les régions.

Un village isolé

Milord est à trois heures de route de Jacmel, la ville principale du département du Sud-Est. La route reliant Jacmel à Milord est à flanc de montagne. Les crevasses et les falaises ne sont jamais loin.

La région est isolée, et il n’existe pas de centre de santé ni d’école. Les services publics font défaut; il n’y a pas d’électricité. Les maisons sont dispersées ça et là, distantes les unes des autres

Un objectif ferme

L’UNICEF appuie le Ministère de la santé publique et de la population dans l’élimination du tétanos maternel et néonatal dans le pays d’ici 2015. Il est crucial d’atteindre les zones les plus difficiles d’accès, comme Milord, et la municipalité de Bainet, également située dans le Sud-Est.

Mercedes Marie Alexis est infirmière-chef à Bainet depuis près de 23 ans. Elle coordonne toutes les activités de vaccination. « Les centres de santé sont très loin d’ici, explique-t-elle. La plupart du temps, les gens ne reçoivent pas toutes les doses du vaccin, parce qu’il faut beaucoup marcher. Il est donc essentiel d’organiser les postes de vaccination de manière à pouvoir atteindre toutes les femmes en âge de procréer et les enfants pour les protéger du tétanos. »

Des crieurs publics annoncent les vaccins. Mercedes Marie Alexis demande aux femmes qui viennent se faire vacciner de passer le message à celles qui n’auraient pas entendu les alertes.

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Un poste de vaccination dans une école de la municipalité de Bainet. Dans les Caraïbes, près de 50 pour cent des cas de tétanos sont situés en Haïti. Il est essentiel d’assurer la couverture vaccinale pour éradiquer cette maladie évitable, souvent mortelle chez les nouveau-nés.

Dans le cadre de la troisième phase de la campagne, les vaccinateurs et les agents de mobilisation du Ministère de la santé publique et de la population parcourent de longues distances, parfois à pied. Il est arrivé qu’ils marchent pendant six heures sous le soleil et par des vents violents et persistants pour atteindre toutes les femmes.

« Si nous n’allons pas à elles, à cause de la distance, elles ne viendront pas à nous, » explique Mercedes Marie Alexis.

Une mère vaccinée

Marlène Jean a de la chance. Elle vit à moins de dix minutes du site de vaccination, les déplacements pour se faire vacciner ont donc été rapides. De nombreuses femmes de cette région ont dû marcher plus de deux heures pour se faire vacciner.

Les deux premières étapes de la campagne ont permis d’atteindre plus de 100 % de l’objectif. Le spécialiste en vaccination de l’UNICEF Jackson Ernsly explique que la campagne actuelle est menée dans les 65 communes à risque élevé, tandis que la campagne de l’année prochaine sera portée sur les 75 communes restantes.

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