Haïti

Des adolescents cartographient le risque VIH, dans le cadre d’une approche complète pour traiter le VIH/SIDA en Haïti

Image de l'UNICEF
© Martin Verzilli/InSTEDD
Des adolescents utilisent l’application UNICEF -GIS pour mobiles de collecte de données de pendant un atelier de cartographie numérique à Port-au-Prince, Haiti.

Du 22 au 27 juillet, des experts sont rassemblés à Washington, pour la conférence biennale de la Société internationale contre le SIDA qui vise à faire reculer l'épidémie de VIH et de SIDA. L’UNICEF organise un forum des dirigeants mettant en avant la nécessité d'innovation dans le cadre de l'élimination de nouvelles infections au VIH chez les enfants. Cet article fait partie d'une série de reportages illustrant les efforts menés par l'UNICEF au nom des enfants et des femmes touchés par le VIH.

Par Jean Panel Fanfan

PORT-AU-PRINCE, Haïti, 25 juillet 2012 – Avant qu’un tremblement de terre ne dévaste Haïti en 2010, la lutte contre le VIH et le SIDA dans le pays se concentrait largement sur le traitement, les soins et le soutien – accordant beaucoup moins d’attention à la prévention de la diffusion du virus.

Aujourd’hui, cependant, même si Haïti doit continuer à se battre pour récupérer des désastres du séisme, on s’accorde pour que la lutte contre le VIH et le SIDA se fasse dans le cadre d’une approche complète qui comprenne la prévention. Les services aux personnes affectées par l’épidémie s’accroissent, à la fois plus sûrs et plus largement disponible, mais les programmes destinés à répondre à la vulnérabilité particulière des jeunes à l’infection – notamment les adolescents – doivent être accélérés.

Le taux de prévalence du VIH en Haïti est de 1,9 pour cent parmi les adultes âgés entre 15 et 49 ans. La population est jeune, avec 33 pour cent de Haïtiens compris entre 10 et 24 ans, et chez les jeunes les vulnérabilités au VIH sont nombreuses, particulièrement dans les bidonvilles et les camps de Port-au-Prince.

Cartographier le risque

En partenariat avec deux organisations locales, GHESKIO et  l’Observatoire national de la  violence et de la criminalité (ONAVC), l’UNICEF relève le défi de l’identification des lieux où les adolescents et les jeunes sont en danger croissant de contracter le VIH. Ensemble, ces organisations sont engagées dans une initiative de cartographie dans deux communautés à Port-au-Prince ce qui devrait permettre de mettre au jour  les obstacles qui maintiennent la vulnérabilité des adolescents – en particulier les filles – en leur interdisant l’accès à la prévention du VIH.

Les résultats du projet seront utilisés pour que les adolescents et les jeunes augmentent leur recours aux services  de santé relatifs à la santé sexuelle et procréatrice et au VIH. En mobilisant ces groupes à l’utilisation de la technologie de cartographie, l’initiative permet aux jeunes de défendre efficacement leurs intérêts en réponse aux problèmes dans leurs communautés.

Image de l'UNICEF
© Martin Verzilli/InSTEDD
Deux des 24 adolescents cartographes collectent des données préliminaires en utilisant des téléphones mobiles pour cartographier les emplacements géographiques identifiés à risque relativement au VIH et au SIDA dans le village de Dieu, à Port-au-Prince en Haïti.

En juillet, 24 adolescents issus des communautés à bas revenu de Cité Plus et du village de Dieu ont participé à une formation de quatre jours. On leur a enseigné les risques liés au VIH, les modes de transmission et les méthodes de prévention, et ont appris à se servir de la plateforme innovatrice de cartographie numérique UNICEF-GIS développée par l’UNICEF, le Massachusetts Institute of Technology (MIT) et l’Innovative Support to Emergencies, Diseases and Disasters (inSTEDD). Pendant leur atelier de formation, les adolescents ont collecté des données préliminaires en utilisant des téléphones mobiles pour cartographier chacun des emplacements géographiques identifiés à risque de VIH et de SIDA. 

Douze animateurs ont été également formés pour assister l’équipe de cartographie. La collecte de données devrait prendre trois mois, devant aboutir à la production d’une carte numérique qui sera distribuée aux autorités locales. Les fonctionnaires utiliseront cette information pour améliorer l'accès, le recours et la qualité des services relatifs à la santé sexuelle et procréatrice et au VIH.

« Il nous reste encore beaucoup à faire »

Le secrétaire d’État haïtien à la jeunesse et à l'action civique, Francener Thélusma, était présent pendant le lancement de l’initiative et  exprimé son soutien. « Notre rôle est de soutenir nos partenaires dans cette initiative pour la renforcer », a-t-il déclaré.  « Les statistiques sur le VIH/SIDA montrent qu’il nous reste encore beaucoup à faire ». C’est notre responsabilité de développer des stratégies qui facilitent les actions positives comme celle-ci à l’initiative de l’UNICEF ». Le secrétaire d’État a également demandé aux adolescents cartographes de prendre également des mesures pour se protéger eux-mêmes contre le VIH.

Rhazi Koné, un membre de l’équipe UNICEF des médias sociaux et civiques, qui a dirigé les sessions de formation a déclaré que « l’UNICEF a, ces dernières années, introduit une utilisation équitable des outils numériques, pour favoriser la communication, mobiliser et mettre en valeur le potentiel des jeunes vulnérables dans plusieurs pays. C’est en soi une  approche nouvelle et passionnante de la communication envers la jeunesse, du plaidoyer et du développement communautaire. Elle promeut le dialogue entre les communautés aussi bien qu’entre les gouvernements et les organisations pour créer un environnement plus adapté aux enfants ».

Un jeune participant âgé de 16 ans, Dominique Billy Costacurta, ne pouvait cacher sa joie à la perspective d’apprendre et de partager  ses connaissances à propos de la prévention du VIH. « Je vais profiter de cette opportunité pour informer les autres jeunes de mon voisinage sur les risques d’attraper le VIH et le SIDA » a-t-il affirmé.


 

 

Campagne contre le SIDA

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