Haïti

L’UNICEF et ses partenaires combattent la malnutrition persistante de l’enfant en Haïti

Image de l'UNICEF
© UNICEF Haïti/2012/Nybo
Jennyca, 2 ans, qui souffre de malnutrition sévère aigüe reçoit des soins dans une clinique soutenue par l’UNICEF, à Port-au-Prince en Haïti.

Par Benjamin Steinlechner

PORT-AU-PRINCE, Haïti, 7 mars 2012 – À Port-au-Prince, après la destruction des maisons et des infrastructures par le séisme de janvier 2010, un certain nombre de familles déplacées se sont installées sur une vieille piste d'atterrissage privée dans le voisinage de Carrefour, installant leurs tentes entre les carcasses d’avions et d’hélicoptères.

Là, comme beaucoup de familles haïtiennes, ces familles luttent pour nourrir leurs enfants. Le chômage à Port-au-Prince était déjà élevé avant le tremblement de terre qui a balayé de nombreuses entreprises et emplois.

Le séisme a aussi exacerbé les inquiétudes concernant la nutrition. Même avant le séisme, près d’un tiers des enfants de moins de cinq ans souffraient de malnutrition chronique, et plus de la moitié de la des décès d’enfants de moins de cinq ans étaient dus à la malnutrition.

L’espoir est toujours là.

Une ONG locale, soutenue par l’UNICEF, la Fondation pour le développement et l’encadrement de la famille haïtienne (FONDEFH), oeuvre à réduire la malnutrition chez les enfants pauvres urbanisés, dont ceux qui vivent sur la piste d’atterrissage de Carrefour.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Haïti/2012/Nybo
Andremene Pierre amène sa nièce, Jennyca, à une clinique de Port-au-Prince soutenue par l’UNICEF, en Haïti. Sa famille est l’une des nombreuses familles qui vivent aujourd’hui sur une piste d’atterrisage abandonnée dans le voisinage de Carrefour.

L’histoire de Jennyca

Andremene Pierre ramène de l’eau à la tente de sa famille, tournant autour des hélicoptères cloués au sol et des cordes à linge tendues entre les  abris et les ailes des avions.

Finalement, elle arrive à la tente qu’elle partage avec sa mère, son beau-père, sa fille de quatre ans et sa nièce de deux ans, Jennyca qui est devenue une source d’inquiétude pour toute la famille.

« Ma soeur et son mari sont morts dans le tremblement de terre », raconte Andremene. « Leur petite fille d’à peine trois mois était coincée sous un lit et personne n’arrivait à la trouver ».

Andremene souffre de migraines qui la gênent dans son travail de vendeuse d'eau potable. Ce qui en retour a des conséquences sur sa capacité à nourrir les deux fillettes.

Il y a une semaine, Jennyca est devenue très faible. Andromene l’a alors amenée  à la clinique voisine de la FONDEFH, où des nurses soignent les enfants déshydratés et souffrant de malnutrition, et donnent aux parents des conseils pour améliorer la santé de leurs enfants.

Jennyca est l’une des 14 enfants qui nécessitent un traitement contre la malnutrition sévère aigüe, un état de santé qui pouvait entrainer la mort, il y a encore quelques mois.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Haïti/2012/Nybo
Jennyca, deux ans, est soignée pour une malnutrition sévère aigüe dans une clinique soutenue par l’UNICEF, à Port-au-Prince en Haïti.

Partenaires dans la lutte contre la malnutrition

Aujourd’hui, après avoir mesuré les progrès de Jennyca, l’infirmière de la FONDEFH, Mirlene Duplessy, renvoie  Andromene à la maison avec une semaine de Plumpy’nut, un aliment thérapeutique. Elle devra ramener la fillette à la tente chaque week end pendant sept semaines. Après ce délai, s’il ny a pas de complications, la santé de Jennyca devrait être rétablie.

« La malnutrition sévère est le plus gros problème auquel nous devons faire face ici », explique Mirlene Duplessy. « Grâce au Plumpy’nut que nous fournit l’UNICEF, nous avons les moyens de soigner efficacement les enfants ».

La FONDEFH est un partenaire important dans la lutte contre la malnutrition en Haïti.

« Aujourd’hui, nous travaillons avec la FONDEFH non seulement à Port-au-Prince, mais également dans le Département du Nord où les taux de malnutrition chez les enfants sont parmi les plus élevés du pays, et où nous n’avons pas de partenaire nutrition » explique le spécialiste nutrition de l’UNICEF, Mohamed Ayoya.

« Dans un pays comme Haïti, c’est exactement le type d’investissement à faire pour obtenir des résultats durables et sur le long terme », ajoute Mohamed Ayoya .

 


 

 

Recherche