Haïti

Podcast #51 : un programme innovateur forme la jeunesse haïtienne à l'utilisation des médias

« Au delà des livres d’école » - une série de podcasts sur l’éducation dans les urgences

Image de l'UNICEF
© UNICEF/NYHQ2011-2121/Dormino
Des enfants participent à la création d’une vidéo d’une minute à Kenscoff, une communauté près de Port-au-Prince, en Haïti.

Par Rudina Vojvoda

NEW YORK, 30 janvier 2012 – 43 pour cent de la population en Haïti est âgée de moins de 18 ans. C’est l’une des populations les plus jeunes au monde. Cependant, la jeunesse de ce pays continue de souffrir du manque de perspectives et demeure fragile après le séisme de 2010.

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Avant le tremblement de terre, 55 pour cent des enfants n’avaient pas droit à une éducation. Malgré les efforts menés depuis le désastre pour ramener les enfants en classe, beaucoup restent déscolarisés. De plus, les questions liées au développement de l’enfant continuent de recevoir peu d’attention, tout particulièrement en dehors des zones urbaines.

Pour souligner les défis auxquels est confronté la jeunesse, l’UNICEF et ses partenaires Panos Carribean et la Fondation haïtienne d'aide aux vulnérables forment les enfants vulnérables à l’usage des médias. Dans ces formations, les jeunes apprennent comment utiliser les équipements radio et vidéo, écrire un reportage et prendre des photos pour attirer l’attention sur les besoins et les défis auxquels ils font face, eux et leurs camarades.

L’animatrice de podcasts de l’UNICEF, Femi Oke discute avec trois de ses organisateurs de ce programme innovateur : Margarette Altidor, Présidente de la Fondation haïtiennes d'aide aux vulnérables ; Jean-Jacques Simon, Chef de la communication à l’UNICEF Haïti ; et Jan Voordouw, coordinateur de programme à PANOS Caribbean.

La participation des jeunes

Selon Jean-Jacques Simon, le projet a aidé avec succès les enfants à exprimer leurs préoccupations concernant l’éducation, la santé,  l’hygiène et d’autres aspects de la vie quotidienne.

« Nous avons créé des productions uniques qui nous permettent de comprendre ce que traversent les enfants d’Haïti », explique Jean-Jacques Simon. « Les cicatrices ne sont pas complètement refermées, et l’un des objectifs, ici, est de préparer ces jeunes à l’avenir. Construire l’avenir de ce pays est l’un des grands défis dont la jeunesse doit faire partie ».

Parlant des perspectives pour les jeunes, Margarette Altidor a appelé les institutions à jouer un rôle plus important dans la formation et l’éducation des jeunes. « Ce n’est pas une tâche qui incombe aux seules organisations internationales, mais aussi aux organisations haïtiennes. Les jeunes Haïtiens  doivent essayer de faire de leur mieux » énonce  Margarette Altidor.

Des outils pour la survie

Le tremblement de terre de 2010 en Haïti a été l’un des plus grands séismes à avoir frappé les Caraïbes  depuis deux siècles. Plus de 220 000 personnes ont perdu la vie dans la catastrophe, et plus d’un million étaient toujours déplacées, un an après. Lors des désastres comme celui-ci et pendant la phase de reconstruction qui suit, communiquer est un outil essentiel de la survie.

« C’est à ce moment que les gens ont le plus besoin d’information » dit Jan Voordouw, en soulignant que les compétences média que les enfants ont acquises pendant leur formation ne profitaient pas seulement aux participants mais également à la communauté.

« Dans la culture haïtienne, les enfants peuvent être vus mais pas entendus, aussi quand cela arrive, cela peut s’avérer très utile », continue-t-il.

Et les histoires des enfants ont cet effet.

« Les problèmes trouvent une solution », ajoute Jan Voordouw. « Nous avons certaines indications qui montrent que la violence domestique a chuté après que les enfants en aient parlé ».


 

 

Audio (en anglais)

Podcast # 51 : l’animatrice de podcasts de l’UNICEF, Femi Oke nous parle des idées innovatrices qui aident les enfants à exprimer leurs droits en Haïti.
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