Haïti

Augmenter les capacités locales pour mettre fin à la malnutrition en Haïti

Image de l'UNICEF
© UNICEF Haïti/2011/Dormino
La pesée d’un enfant à la clinique communautaire de Martissant à Port-au-Prince en Haïti.

Par Lawrence Allan

PORT-AU-PRINCE, Haiti, 4 janvier 2012 – Plus de 40 femmes, qui pour la plupart bercent leur bébé, sont assises épaule contre épaule dans la petite salle d’attente de la clinique communautaire de Martissant. D’ici à la fin de la journée, plus de 150 femmes arriveront ainsi pour une consultation auprès du personnel médical ou nutritionnel de la clinique.

Située dans une rue passante et étroite du district de Martissant à Port-au-Prince, la clinique est dirigée par la Fondation pour le développement et l’encadrement de la famille haïtienne (FONDEFH), une ONG locale partenaire de l’UNICEF. La clinique est une parmi plusieurs programmes soutenus par l’UNICEF qui combattent la malnutrition chronique et sévère des enfants en Haïti.

La malnutrition des enfants sévit en Haïti depuis des décennies : approximativement, un enfant de moins de cinq ans sur cinq a un poids insuffisant, et la moitié des femmes enceintes, ainsi que jusqu’à 75 pour cent des enfants de moins de deux ans souffrent d’anémie. Ces problèmes reflètent les inégalités sociétales, où les enfants et les femmes des milieux ruraux connaissent des taux de rachitisme, d'insuffisance pondérale et d'émaciation plus élevés.

L’UNICEF répond aux besoins nutritionnels immédiats des enfants et des femmes enceintes et allaitantes, mais il faut aller encore beaucoup plus loin et s’assurer que ces enfants et ces femmes ont un accès aux services nutritionnels et soins de santé sur le long terme. Dans ce but, l’UNICEF forme des partenariats et anime des programmes de formation pour aider le pays à établir des solutions nutritionnelles locales durables.

Une approche communautaire

Avec le soutien de l’UNICEF, la clinique de la FONDEFH fournit aux femmes enceintes et allaitantes un supplément en vitamine A et en fer et acide folique. La clinique conseille aussi les femmes sur l’allaitement au sein et l’alimentation du nourrisson, et fournit des soins obstétricaux et consultations prénatales grâce à des financements du Gouvernement.

« Cette installation s’est ouverte en 1976, et nous avons commencé nos programmes complets de nutrition en 2010, quand l’UNICEF a apporté des financements, des fournitures et des formations », explique la Directrice technique de la FONDEFH, Marie Bellome Morose. « L'adjonction de services de nutrition apporte  aux femmes et à leurs enfants plus de  services de santé et d'accompagnement indispensables, à proximité de leur domicile.

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© UNICEF Haïti/2011/Dormino
La clinique fournit un soutien essentiel aux jeunes mamans et à leurs enfants. Des mères informées, deviennent des enseignantes inestimables au sein de leurs communautés.

Mais dans les communautés rurales et isolées, les familles vivent bien plus éloignées des installations de soins de santé. Dans ces zones, l’UNICEF et ses partenaires des ONG centrent leur approche sur les communautés, avec pour objectif d’éventuellement réduire la dépendance aux ONG en encourageant l’implication communautaire dans l'exécution des programmes.

« Grâce à l’éducation des clients, le mentorat par les pairs, les groupes de soutien et d’autres approches centrées sur la communauté, nous encourageons les communautés à prendre un rôle plus actif dans les programmes de nutrition », explique la spécialiste nutrition de l’UNICEF, Leslie Koo. « Quelque chose d'aussi simple qu'une mère bien informée et formée, à diriger des groupes de soutien nutritionnel de base, peut aider une communauté à s’autonomiser ».

L’éducation et le partenariat améliorent les  capacités

Pour améliorer les capacities sur le long terme, l’UNICEF travaille à mieux intégrer les formations nutritionnelles et l’éducation dans le cadre formel d’un programme d’éducation aux soins de santé, qui comprend des programmes d’enseignement aux soins infirmiers et à la médecine.

« Notre rôle est en partie d’aider à bâtir les capacités de Haïti à délivrer de façon indépendante aux communautés des programmes et des services de nutrition efficaces ; comprenant la prévention, les soins et le changement de comportement », explique le responsable de l’information et de la connaissance nutritionnelle de l’UNICEF, Ismael Ngnie-Teta. « Nous collaborons avec le Ministère de la santé à l’évaluation par exemple de la formation nutritionnelle actuellement dispensée aux professionnels, où des manques sont constatés, comme l’évaluation du nombre de personnes à former et le type d'enseignement nécessaire ».

L'UNICEF conclut aussi des partenariats innovateurs pour répondre aux déficiences nutritionnelles les plus communes  chez les mères et des enfants haïtiens.

« Dans le même temps avec les partenaires, USAIDS et le Programme alimentaire mondial (PAM), nous travaillons avec la plus grande minoterie d’Haïti afin d’enrichir ses produits », ajoute la responsable de l’UNICEF pour les micronutriments et l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant, Aissa Mamadoultaibou. « Nous pouvons approvisionner individuellement les mères et les enfants en suppléments, mais en enrichissant un aliment de base comme la farine avec du fer-folate et de la vitamine B12, nous pouvons atteindre la plus grande part de la population. Un principe également applicable à l'ajout d'iode au sel, un élément essentiel au bon développement mental ».

Au moyen de ces partenariats et programmes de formation, l'UNICEF travaille à garantir que tous les enfants reçoivent la nutrition dont ils ont besoin dès maintenant, tout en équipant les communautés pour qu’elles puissent à l’avenir nourrir leurs membres les plus jeunes.


 

 

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