Par Gabrielle Menezes
PORT-AU-PRINCE, Haïti, 18 mars 2011 - Dans les classes surchargées de l'Institut Mixte de l'École Kervens de Canapé Vert à Port-au-Prince, les enfants apprennent des notions essentielles pour combattre le choléra.
| VIDÉO : 20 février 2011 - Le reportage de la correspondante de l'UNICEF, Gabrielle Menezes, sur l'action de l'organisation pour engager les enfants dans la lutte contre la propagation du choléra en Haïti. Regarder dans RealPlayer |
Dans la capitale haïtienne, les fenêtres des classes donnent sur des coteaux parsemés de tentes faites de bâche blanches . C'est dans ces maisons temporaires que vivent depuis plus d'un an des dizaines de milliers de personnes déplacées après le séisme de janvier 2010.
C'est dans ces camps de toile que persiste, toujours présente, la menace du choléra. Une menace mortelle qui jusqu'ici a tué plus de 4500 personnes à travers le pays.
« Même si pour le moment les niveaux de l'infection du choléra et du nombre des morts ont baissé, le danger persiste et pourrait s'aggraver », explique Amara Kone, qui est à la tête du programme de l'UNICEF pour la formation à l'assainissement dans les écoles.
« Mais si les niveaux de choléra ont diminué, c'est en partie parce que nous avons appris aux gens, notamment aux enfants, comment se prémunir de l'infection en se lavant et en buvant de l'eau potable ».
Mobiliser les enfants
Dans les écoles, comme à l'Institut mixte de Kervens, On enseigne aux jeunes élèves des règles d'hygiène qui leur permettront non seulement de se protéger, mais également de faire passer le message à leurs familles.
![]() |
| © UNICEF Video |
| À Port-au-Prince en Haïti, Farah Sylvestre de l'ONG GOAL, partenaire de l'UNICEF, parle aux élèves des dangers du choléra et leur explique comment se prémunir de l'infection. |
Farah Sylvestre, une élève infirmière qui travaille pour GOAL (le BUT), une ONG partenaire de l'UNICEF, mobilise les élèves dans les écoles pour mieux leur faire comprendre comment le choléra s'étend et leur montrer comment eux et leurs familles peuvent se prémunir de l'infection.
GOAL, qui mène des activités de mobilisation dans 38 camps et communautés, est parmi la trentaine de partenaires de l'UNICEF qui instruisent les Haïtiens des mesures préventives à prendre pour se protéger contre le choléra.
À l'Institut mixte de l'école Kervens, Farah Sylvestre mobilise les enfants grâce à des leçons simples qui leur montre comment se laver les mains avec du savon afin d'éliminer les bactéries du choléra.
Elle montre aussi aux enfants comment composer une boisson simple à base d'eau, de sel et de sucre, et qui peut être utilisé comme traitement efficace de la déshydratation, suite aux diarrhées provoquées par l'infection.
« Il est important que les enfants comprennent comment se protéger », explique Farah Sylvestre. « Ces enfants servent à véhiculer le message de prévention du choléra aux adultes – un moyen pour provoquer un changement positif dans le comportement des gens plus âgés ».
Une chaine de connaissance
Rhodia, 11 ans, élève à l'école, fait partie de cette vague du changement, et elle va jusqu'à s'assurer que son père lui aussi a compris le message de la prévention du choléra.
![]() |
| © UNICEF Video |
| En Haïti, à l'Institut mixte de l'école Kervens de Canapé Vert à Port-au-Prince, l'ONG GOAL apprend aux élèves comment prévenir la propagation du choléra. |
Après l'école, Rhodia revient à sa maison, qui a été nouvellement reconstruite après le séisme. La première chose qu'elle fait est de s'assoir et de raconter à son père ce qu'elle vient d'apprendre à l'école sur le choléra et comment s'en prémunir.
« Papa, écoute ce que nous avons appris à l'école », lui dit-elle. « Nous devons évacuer nos excréments et nous assurer que les mouches ne viennent pas se poser dessus. Les mouches sont porteuses de la maladie et peuvent se poser sur la nourriture que nous mangeons, et à cause de cela nous risquons d'attraper le choléra ».
Le père de Rhodia insiste alors pour qu'elle l'accompagne à la cuisine et lui montre comment elle a appris à se laver les mains correctement. Elle fait une démonstration, en utilisant du savon et l'eau d'un seau.
Bien que le pèrede Rhodia soit plombier, leur maison, comme la plupart des maisons en Haïti, n'a pas l'eau courante. Le fait de ne pas avoir d'accès à un système sanitaire approprié ni même à de l'eau potable, augmente la vulnérabilité des populations aux maladies comme le choléra.
Cette année, l'UNICEF aura pour objectif d'intensifier son action afin de soutenir durablement une politique à long terme qui garantisse à la population l'accès à l'eau, ce qui comprendra la capacité à réparer et étendre le réseau d'adduction d'eau.
Grâce à des capacités accrues et une meilleure connaissance de l'hygiène de base, les générations futures et les familles des élèves comme Rhodia seront mieux équipés pour affronter des éruptions de choléra et d'autres maladies tout aussi menaçantes pour leur survie.
Liens
Flambée de choléra en Haïti
L'UNICEF mobilise des « rara » haïtiens dans le cadre de la prévention du choléra
En Haïti, l'UNICEF forme des éducateurs pour mobiliser les communautés locales contre le choléra
UNICEF Haïti met l'accent sur la prévention du choléra dans les quartiers surpeuplés de Port-au-Prince
avec audio
avec vidéo
Alors que l'épidémie empire en Haïti, l'ONU lance un appel de fonds
avec audio
Aux Gonaïves, le nombre de cas de choléra augmente après le passage de l'ouragan Tomas
La lutte quotidienne d'une Haïtienne pour apporter de l'eau potable à sa famille
En Haïti, après le passage de l'ouragan Tomas, les inondations augmentent les risques de maladies
En pleine crise de choléra, l'UNICEF et ses partenaires se préparent à la menace d'ouragan en Haïti
En Haïti, l'UNICEF construit des centres de traitement pour enrayer le choléra
L'UNICEF se prépare pour une possible épidémie de choléra à Port-au-Prince
En Haïti, l'UNICEF et ses partenaires s'efforcent de contenir la flambée de choléra
avec vidéo
Notes d'actualité :
L'UNICEF étend son action face à l'éruption de choléra en Haïti avec des distributions d'approvisionnements aux communautés et aux centres médico-sociaux