Haïti

En Haïti, l'UNICEF distribue des milliers de moustiquaires pour combattre le paludisme

 

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VIDÉO : un reportage du correspondant de l'UNICEF Patrice Brizard sur la distribution de moustiquaires aux familles haïtiennes pour combattre le paludisme  Regarder dans RealPlayer

 

Par M.P. Nunan

LEOGANE, Haïti, 28 octobre 2010 - Richemond Casseus déambule dans un petit village, typique de ceux qui jalonnent par centaines les côtes haïtiennes. Et il n'aime pas ce qu'il voit.

« D'habitude, une petite maison comme celle-ci est bordée de palmiers - mais ils ne sont pas restés, » dit-il, indiquant les espaces vides entre les lattes du mur de la maison couverte de chaume.

« Il est important pour la famille qui vit ici d'avoir des moustiquaires. »

Milieu de reproduction pour les moustiques

Casseus est un agent de Liaison Senior de Malteser International, un partenaire de l'UNICEF qui distribue une partie des 400 000 moustiquaires que l'UNICEF donne gratuitement à environ 200 000 familles haïtiennes.

En haut du chemin, Casseus pointe du doigt un manguier. « Quand on laisse pourrir le fruit sur le sol, on créé un milieu favorable à la reproduction des moustiques, » dit-il

Et il y a aussi la boue, le signe que le bétail vit à trop grande proximité du village.

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Des familles font la queue pour recevoir des moustiquaires à Leogane en Haïti.

« Il est facile pour les moustiques de pondre leurs œufs ici et ils peuvent attaquer les personnes qui dorment dans l'habitation voisine. Les animaux devraient être placés bien plus loin de la maison, » explique-t-il.

Des cas de paludisme insuffisamment rapportés

Casseus vient d'arriver pour distribuer des moustiquaires à environ 650 personnes provenant d'une poignée de villages à l'extérieur de Leogane. Les gens ont passé des heures à faire la queue sous le soleil pour avoir une moustiquaire qui est distribuée avec un seau d'eau vide, et  des comprimés de purification de l'eau.

Au prix de 250 gourdes haïtienne – soit 7 dollars – les moustiquaires restent hors de portée de la plupart de ces villageois.

Avec un taux de prévalence de seulement 7 pour cent, le paludisme est insuffisamment rapporté en Haïti. Ce chiffre ne cadre pas, cependant, avec le constat de l'UNICEF qui estime que 70 à 80 pour cent des personnes vivant dans les zones côtières sont exposées et  risquent de contracter le paludisme.

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Des exemplaires des moustiquaires distribuées par l'UNICEF à Leogane en Haïti.

Qui plus est, l'UNICEF considère que seulement cinq pour cent des enfants de moins de cinq ans qui contractent la maladie reçoivent un traitement antipaludéen.

Une nouvelle menace

Pour cette raison, la campagne de distribution de l'UNICEF cible les ménages ayant des enfants de moins de cinq ans et des femmes enceintes. Les moustiquaires sont aussi imprégnées d'insecticide pour renforcer la protection.

Cependant, ce n'est pas seulement le paludisme qui est minimisé. Il n'existe pas vraiment non plus de statistiques sur l'incidence  de fièvre dengue, explique La représentante de l'UNICEFen Haïti, Françoise Gruloos-Ackerman.

Faisant référence à la République dominicaine, Françoise Gruloos-Ackerman ajoute « nous sommes sur une île et dans le pays voisin sévit aussi la dengue. Les moustiques ne sont pas supposés s'arrêter à la frontière au bureau des douanes et, bien sûr, en Haïti nous avons aussi la dengue. »

Avant la distribution de l'UNICEF, seulement 6 pour cent des familles haïtiennes des régions affectées utilisaient des moustiquaires.


 

 

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