Haïti

Au milieu des ruines de l’année dernière, Haïti se prépare à affronter une nouvelle saison des ouragans

Image de l'UNICEF
© UNICEF/NYHQ2008-1409/LeMoyne
Une femme et ses enfants à « Hanna Praville », un camp situé près des Gonaïves (Haïti), pour les personnes déplacées par la succession de tempêtes tropicales et d’ouragans en 2008.

GONAÏVES, Haïti, 16 mars 2009 –Alors que Haïti se prépare à affronter une nouvelle saison d’ouragans, la Représentante de l’UNICEF en Haïti Annamaria Laurini s’est rendue récemment aux Gonaïves, la troisième ville du pays, pour évaluer son état de préparation aux situations d’urgence. Elle était accompagnée par le chef des opérations d’urgence de l’UNICEF Lucia Elmi.

Les quelque 300 000 habitants des Gonaïves ne s’étaient pas encore complètement relevés des destructions causées en 2004 par l’ouragan Jeanne quand la ville a été frappée par une série de tempêtes catastrophiques l’an dernier. En dépit des efforts de relèvement déployés par l’UNICEF et ses partenaires – un tiers de la ville a été réparé – l’éventualité d’une nouvelle saison d’ouragans catastrophiques en 2009 soulève de profondes inquiétudes.

Évaluation des dégâts subis l’an dernier
Tout en roulant sur une piste de déviation pour arriver jusqu’aux Gonaïves, Mme Laurini montre le lac qui a inondé les Gonaïves en 2008. « Il a inondé la région entière, coupé la route, détruit le pont. Pendant deux mois on n’a pas pu accéder aux Gonaïves ».

La rue principale de la ville montre encore plus de dégâts. Des murs de boue séchée semblent engloutir des immeubles et des véhicules en piteux état, alors que les rares tracteurs fournis par le gouvernement s’activent 24 heures sur 24 pour déblayer les rues.

Des améliorations notables ont été apportées, comme par exemple l’ouverture du portail d’évacuation des eaux dans le canal central de la ville. Mais, même cette victoire reste fragile, car des pluies diluviennes récentes – inhabituelles à cette époque de l’année – ont fait monter le niveau des eaux au–dessus de la normale, augmentant le risque d’inondation quand la saison des pluies commencera en avril.

Concentrer des ressources limitées
Lors d’une réunion informelle de l’UNICEF et de ses partenaires aux Gonaïves, plusieurs priorités ont été dégagées – notamment la nécessité de trouver un autre site où déposer les tonnes de boue séchée qui se sont accumulées dans la ville après les tempêtes de 2008. On a noté également aussi les progrès obtenus, comme la réparation d’environ la moitié des puits communautaires et l’installation de fontaines d’eau potable.

Image de l'UNICEF
© UNICEF/NYHQ2008-0884/LeMoyne
Cette vue aérienne montre les dégâts provoqués par les inondations dans le port des Gonaïves suite aux ouragans qui se sont abattus sur Haïti en 2008.

« Nous avons pour but de transférer à la communauté les techniques et outils pour mettre sur pied un système de pompes de bonne qualité et durables, de sorte que la communauté en ait le contrôle et prenne en charge les opérations de maintenance», précise Julien Atchade Kossi, Spécialiste des questions d’eau, assainissement et hygiène. Il se trouve aux Gonaïves, en compagnie de Jean-Marie Duval, du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires, depuis le début de la catastrophique saison des ouragans de l’année dernière.

Mais les participants ont convenu qu’il restait d’énormes travaux à accomplir. Ils ont affirmé également craindre que l’équipement et le soutien d’urgence ne soient plus difficiles à obtenir cette année à cause de la crise économique mondiale.

« Nous ne pouvons pas nous payer le luxe de disperser nos ressources sur de nombreuses zones, constate Mme  Laurini. Nous devons nous concentrer sur une ou deux priorités et la question de la préparation aux situations d’urgence est incontestablement notre préoccupation numéro un. Et pourtant, dans ce secteur, nous ne disposons toujours pas des fonds suffisants pour relever le défi. »


 

 

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