Haïti

La dure réalité des enfants de la rue

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© UNICEF video
Un petit garçon sans logis en train de mendier dans une rue de Port-au-Prince

Par Kun Li

PORT-AU-PRINCE, Haïti, 27 décembre 2005 - Des enfants sans logis sont plantés au beau milieu d'une rue animée afin d'arrêter les voitures qui passent et de demander de l'argent aux passagers. Une telle scène est devenue bien trop banale dans un bon nombre de quartiers de Port-au-Prince, la capitale de Haïti.

Rien que dans cette ville, on compte des milliers d’enfants de la rue. L’extrême pauvreté et l’instabilité politique ne leur ont laissé d’autre choix que celui de se débrouiller tout seul. Pour survivre, beaucoup d’entre eux lavent des voitures, chargent des autobus, ou mendient, alors que d’autres entrent dans des bandes armées avec l’espoir d’y trouver une meilleure protection et de meilleures chances de survie.

« Ces enfants sont privés d’affection et sans protection. Ils ne sont pas nourris ni instruits, ils se trouvent constamment exposés à la violence sous diverses formes, en particulier la maltraitance et l’exploitation sexuelles », a déclaré Sylvana Nzirorera, Responsable de la communication de l’UNICEF en Haïti.

Les enfants de la rue vivent dans des conditions sanitaires et d’hygiène difficiles. Ils sont nombreux à souffrir de toutes sortes de maladies dermatologiques et respiratoires, et aussi d’infections sexuellement transmissibles. Chez les enfants de la rue, on arrive à un taux d’infection au VIH/SIDA de 20 pour cent, la plupart des cas se rencontrant chez les filles.

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Des enfants de la rue jouent dans la cour du Centre Lakou, un centre d’accueil soutenu par l’UNICEF.

Lakou – une lueur d’espoir pour un bon nombre d’enfants de la rue

Dans cette sombre réalité, des centres d’accueil permettent d’apporter une lueur d’espoir à un bon nombre d’enfants. Le Centre Lakou est l’un d’entre eux. Sous la direction du Père Attilio Stra, un Italien qui travaille avec les enfants de Haïti depuis 30 ans, le centre offre aux enfants un lieu où ils peuvent jouer, rire et acquérir des connaissances utiles en toute sécurité.

Chaque jour, environ deux cents enfants et adolescents traversent la grande cour du centre (« lakou » signifie « cour » en créole). Qu’ils roulent en monocycle ou se déplacent tant bien que mal en rollers, dans le Centre de Lakou,  ces enfants sont libres d’être à nouveau des enfants.

« Presque tous les enfants qu’accueille le centre ont été traumatisés par de malheureuses expériences. On les a maltraités », précise le Père Attilio, le directeur du centre. « Il est difficile de trouver un enfant qui n’ait pas de cicatrice sur le corps. Nous leur proposons de venir dans le centre et nous leur donnons une formation professionnelle afin qu’ils puissent avoir un avenir meilleur ».

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Une jeune mère de 18 ans, Nana Pierre, (au centre) se repose avec son bébé au Centre Lakou, en compagnie d’autres mères.

Ici, les enfants ont l’occasion d’apprendre la mécanique, le travail du métal, la coiffure et le métier de tailleur. Le centre gère également une garderie pour les enfants des enfants de la rue, devenues mères très jeunes.

« J’ai eu mon premier enfant à 14 ans et il est né dans la rue », dit Nana Pierre, 18 ans.

« J’ai trois enfants et le premier est né alors que j’avais 16 ans. C’est mon fils et il est âgé de 4 ans. Ils sont nés dans la rue », affirme Marienette Azor, 20 ans.

Ce sont des jeunes femmes telles que Nana et Marienette qui sont les plus vulnérables. La dureté de leurs conditions de vie et les dangers de la vie dans la rue les ont particulièrement exposées à l’exploitation sexuelle et au VIH/SIDA.

Le Centre Lakou a beau être un refuge offrant la sécurité à un bon nombre de garçons, de filles et de bébés sans logis, il ne peut les héberger longtemps. Chaque jour, après avoir goûté quelques moments de paix et de confort, ces enfants retournent dans la rue pour y gagner leur vie.


 

 

Vidéo (en anglais)

27 décembre 2005 :
Le correspondant de l’UNICEF, Kun Li, décrit la dure réalité qui est celle des enfants de la rue de Haïti.

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