Haïti

Le rétablissement se poursuit un an après le cyclone Jeanne

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Des élèves retournent en classe, à l’École des Nazariens. À Gonaïves, l’UNICEF a contribué à la remise en état de 50 écoles endommagées ou détruites il y a un an par le cyclone Jeanne.

Par Sylvana Nzirorera

GONAÏVES, Haïti, 18 septembre 2005 – Il y a un an, le cyclone Jeanne frappait de plein fouet cette ville côtière, provoquant de fortes inondations et de graves glissements de terrain. Plus de 2 500 personne sont mortes ou ont été portées disparues dans le sillage du cyclone, et plus de 300 000 ont été gravement touchées, dont au moins 150 000 enfants.

« Il pleuvait lorsque nous nous sommes endormies. Nous nous sommes réveillées parce qu’il y avait de l’eau dans nos lits, et en un rien de temps c’est comme si un océan était en train de nous envahir », a raconté Nostra Gosette, 16 ans, lors du premier anniversaire de la catastrophe. « J’ai entendu mon père appeler à l’aide. Il ne pouvait pas bouger, étant handicapé. Lorsque j’ai réussi à rentrer dans sa chambre, il était déjà sous l’eau ».

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Nostra Gosette, 16 ans, a perdu son père et deux sœurs dans le cyclone Jeanne.

« L’eau m’a projetée à l’extérieur de la maison contre un arbre. Ma sœur s’y cramponnait déjà. Elle a agrippé mon T-shirt et nous sommes parvenues à grimper jusqu’au sommet de l’arbre. Mes deux autres sœurs n’ont jamais réussi à sortir de la maison. Elles appelaient à l’aide en hurlant, et au bout d’un moment nous n’avons plus rien entendu. Quelques jours plus tard, nous avons trouvé leurs corps sous les décombres ».

Un an après, Nostra essaie de s’adapter aux conséquences du cyclone. Elle vit à présent avec sa plus jeune sœur, âgée de 14 ans. Leur oncle leur a acheté une petite cabane pour y habiter. « Nous nous entraidons, ma soeur et moi. Notre oncle nous donne un peu d’argent pour survivre ».

La remise en état de l’école

L’école de Nostra, l’École des Nazariens, a été elle aussi détruite par le cyclone. Aimable Amiel, le directeur, a vu de ses propres yeux les ravages. « Le lendemain de l’ouragan, je suis venu le matin voir si l’école n’avait pas souffert...et elle avait disparu », a-t-il dit. « Nous avons perdu 22 élèves sur 250 ».

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À l’École des Nazariens de Gonaïves, en Haïti, un groupe de scouts monte un spectacle de cirque destiné aux enfants.

Soucieux de protéger les enfants de nouveaux problèmes, l’UNICEF a fourni immédiatement des seringues et des vaccins pour une immunisation de routine. On a également assuré un approvisionnement en eau salubre, en comprimés pour la purification de l’eau, en trousses d’hygiène et en fournitures pour la cuisine. Une équipe de 30 étudiants, formés au soutien post-traumatique, a été mise en place à Gonaïves, avec un psychologue, afin d’aider les enfants et les familles à surmonter le stress causé par la catastrophe.

Lors de la reconstruction qui a suivi le cyclone, l’UNICEF a contribué à la remise en état de 50 écoles et leur a fourni des bancs et divers meubles. Environ 150 « Ecoles en boîte », avec suffisamment de fournitures pour près de 12 000 élèves et 300 enseignants, ont été expédiées à Gonaïves. Aujourd’hui, les 50 écoles sont ouvertes pour la rentrée scolaire.

La dégradation de l’environnement

« Je ne voudrais pas parler pour les autres écoles ; toutefois, en ce qui concerne celle des Nazariens, nous sommes très heureux de nos nouveaux locaux et très enthousiastes à la perspective de la rentrée des classes lundi prochain », affirme Aimable Amiel. « Nous avons de nouvelles salles de classe faites par l’UNICEF...Elles sont spacieuses, avec des fenêtres et de hauts plafonds ». Aimable Amiel a ajouté que les enseignants avaient été formés en vue d’apporter un appui psychologique à des enfants ayant survécu à des expériences traumatisantes.


 

 

Vidéo (en anglais)

18 septembre 2005 :
Kun Li, le correspondant de l’UNICEF, décrit la réhabilitation des écoles par l’organisation et l’appui psychosocial qu’elle a apporté aux enfants de Gonaïves.

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