Guinée

Guinée : soutenir la santé des enfants dans un pays meurtri

Image de l'UNICEF
© UNICEF/Guinée 2009/Harneis
Des pédiatres à hôpital Donka à Conakry passent en revue les cas de rougeole. Depuis le deuxième trimestre 2009, jusqu'à la fin du mois de novembre, plus de 1000 cas de rougeole ont été enregistrés dans l'ensemble du pays, dont cinq décès

Par Michèle Akan Badarou

Conakry, Guinée, 9 décembre 2009 – Dans les bras de Aicha, un nourrisson git apathique et malingre, les yeux vides sans expression. Cela fait trois jours que Mohamed, son fils âgé de 9 mois, est hospitalisé au service de pédiatrie de l’hôpital Donka à Conakry.

Ces jours-ci la salle d’hospitalisation est particulièrement bondée, car la Guinée connaît une flambée de rougeole. « En voyant les plaques de boutons sur sa peau, j’ai tout de suite identifié la rougeole » déclare le Docteur Diop, le médecin qui a ausculté Mohamed à son arrivée.

« Aujourd’hui, Mohamed va légèrement mieux, » confie Aicha d’une voix sourde sans quitter son enfant des yeux. « Mais ces quatre derniers jours, il était secoué par des quintes de toux. Ill n’arrivait plus à téter et ne faisait plus ses selles. »

Signe des temps
Les troubles socio-politiques que connait le pays depuis 2006 ont entrainé une fragilisation des services sociaux de base aux conséquences dévastatrices pour les enfants.  « Le taux de scolarisation est en baisse et nous voyons réapparaître les maladies meurtrières de l’enfance » déplore le représentant de l’UNICEF en Guinée, Julien Harneis.

Depuis le deuxième trimestre de cette année, jusqu’à la fin du mois de novembre, plus de 1000 cas de rougeole ont été enregistrés dans l’ensemble du pays, dont cinq décès. L’état nutritionnel des enfants s’en ressent également, ce qui a de graves conséquences pour leur survie.

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© UNICEF/Guinée 2009/Harneis
Entre le 20 et le 26 novembre 2009, plus d'1,5 million d'enfants de moins de cinq ans ont reçu gratuitement un vaccin contre la rougeole, une supplémentation en vitamine A, un déparasitant et une moustiquaire imprégnée d'insecticide.

Les recherches ont montré que la malnutrition est associée à plus de 30 pour cent des décès d’enfants de moins de cinq ans. « La malnutrition fait souvent le lit des maladies meurtrières de l’enfance » insiste le Docteur Diop.

Pesant à peine 5,4 kg, le petit Mohamed Fofana parait être âgé de seulement trois mois. « Il souffre également de malnutrition » informe le médecin après un examen approfondi.


Des interventions essentielles contre les maladies évitables
Pour répondre à l’épidémie de rougeole  et prévenir d’autres maladies meurtrières de l’enfance, l’UNICEF, le ministère de la Santé et d’autres partenaires publics et privés se sont alliés pour organiser des campagnes sans précédent.

Entre le 20 et le 26 novembre, plus d’1,5 million d’enfants de moins de cinq ans ont reçu gratuitement un vaccin contre la rougeole, une supplémentation en vitamine A, un déparasitant et une moustiquaire imprégnée d’insecticide.

« Ce type d’intervention, à fort  impact, a prouvé son  efficacité pour améliorer la santé des enfants » souligne M. Harneis. « En améliorant l’immunité des enfants contre la rougeole, par exemple, on contribue à produire une vraie différence en matière de réduction de la mortalité des moins de cinq ans. »

La vitamine A donne un coup de fouet au système immunitaire et préserve la vue. Le déparasitage est essentiel pour une nutrition efficace  et la moustiquaire est le meilleur moyen de prévenir le paludisme, ajoute t-il.

Pour la campagne rougeole, l’UNICEF assure la fourniture de vaccins pour un montant de 905 000 dollars américains ainsi que la fourniture d’1,3 million de moustiquaires imprégnées d’insecticide longue durée, grâce à des fonds canadiens, italiens, américains et de l’UNITAID.


 

 

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