En bref: Guatemala

L’éducation interculturelle bilingue vise au maintien scolaire des filles et des garçons autochtones

Image de l'UNICEF: Guatemala, bilingual education
© UNICEF Guatemala/2007/Arteaga
Les enfants du Guatemala apprennent deux langues, le kiche et l’espagnol, à l’école NEUBI, parrainée par l’UNICEF, à Sacualpa, dans l’état de Quiche.

Par Blue Chevigny

PANAJACHEL, Guatemala, 29 août 2007 – Ici, sur les bords du magnifique lac Atitlan, au Guatemala, un groupe d’éducateurs, d’organisateurs et de jeunes se sont réunis au début du mois à l’occasion du Forum sur l’éducation interculturelle bilingue.

Organisé par l’UNICEF et ses partenaires, dont le Ministère de l’Education, la forum a démarré avec un groupe d’une vingtaine de filles et garçons chantant l’hymne national du Guatemala ainsi qu’une chanson sur ce que peut avoir de difficile le fait de grandir lorsqu’on est une fille.  Ils étaient tous revêtus du costume maya traditionnel.

Les partisans de l’éducation interculturelle bilingue y appellent à des cours où sont à la fois enseignés l’espagnol et la langue maya dominante parlée dans la région.  

«Plusieurs études ont prouvé qu’un enfant développe une plus grande intelligence, des meilleures capacités de toutes sortes s’il apprend dans sa langue maternelle, a explique la Responsable adjointe de l’éducation pour UNICEF Guatemala, Ana Maria Sanchez. «Ceci est très lié à l’idée du droit des enfants. L’enfant a le droit d’utiliser sa propre langue pour apprendre et le droit de se développer dans le cadre de sa propre culture.»

Respect de la diversité culturelle

Le Directeur départemental du Ministère de l’Education, Ajcabul Ramirez, qui est d’origine autochtone et parle la langue, a aussi  participé au forum.

«En premier lieu, nous devons reconnaître que nous avons un pays très divers et que chaque groupe linguistique, que chaque population a sa propre façon de comprendre la vie. Et cette façon de comprendre la vie est communiquée à travers la langue », a-t-il déclaré à UNICEF Radio.

Mais, au total, 22 langues autochtones sont activement usitées au Guatemala. Comment le respect pour ce niveau de diversité culturelle peut-il être exprimé dans l’éducation ? La Nouvelle Education Interculturelle Bilingue Unitaire, ou NEUBI, est un modèle, soutenu par l’UNICEF, qui est susceptible d’apporter une réponse.

«Les cours des les écoles NEUBI sont constituées de «coins d’apprentissage» dans différents endroits, explique Jose Medrano Rojas, un partisan de cette approche. L’élève peut aller dans différents coins d’apprentissage et apprendre quelque à n’importe quel moment. De cette façon, il est très actif et très impliqué.»

Image de l'UNICEF: Guatemala, bilingual education
© UNICEF Guatemala/2007/Arteaga
Enfants chantant l’hymne national du Guatemala lors de la cérémonie d’ouverture du forum pour l’éducation interculturelle bilingue de Panajachel, Guatemala.

Ecole modèle à Quiche

Le Représentant de l’UNICEF au Guatemala, Manuel Manrique, affirme que tout dans les école NEUBI, de la salle de classe aux devoirs, doit être culturellement spécifique.

«Les écoles doivent s’adapter aux conditions et aux circonstances dans lesquelles se trouve la population” et devraient «être plus flexibles dans leurs programmes d’études», note-t-il. «Les enseignants devraient être des aides pour permettre aux élèves d’acquérir les capacités et les facultés dont ils ont besoin. » 

Un exemple du modèle NEUBI en activité est l’école de Sacualpa, dans l’état de Quiche, une région qui a profondément affectée par plus de 30 années de guerre civile qui a ravagé le Guatemala jusqu’au milieu des années 90. Aujourd’hui, des administrateurs comme la directrice de l’école de Sacualpa, Orfaliz Giron Perez sont confrontés au défi du maintien scolaire les élèves, spécialement celui des filles.

 «Lorsqu’ils terminent la 6ème, nous essayons de les persuader de continuer à étudier, dit-elle. Il est dommage que parfois des filles d’environ 13 ans arrêtent de fréquenter l’école. Elles sont envoyées au travail ou se marient.»

Alphabétisation en deux langues

L’UNICEF et d’autres affirment que l’éducation interculturelle bilingue, combinée aux efforts d’enseignants dévoués, sont capable d’assurer un maintien scolaire plus long pour les filles et les garçons.

 «Nous sommes persuadés que si un enfant suit un programme éducatif dans sa propre langue, l’enfant se sent plus à l’aise, plus détendu, affirme Mme Sanchez. Nous espérons que, avec l’enseignement bilingue, les enfants investiront davantage dans l’école et y resteront.»

Clara Morales de Medrano enseigne dans une classe de 10ème à travers une combinaison d’espagnol et de kiche, la langue maternelle de ses élèves. Elle pense qu’ils finiront par maîtriser la lecture, l’expression orale et l’écriture dans les deux langues, ce qui sera pour eux une aide précieuse lorsqu’ils seront adultes.

«Il est très triste que parfois des gens comme nous, les autochtones, aient honte ou ne souhaitent pas mettre notre culture en pratique, dit-elle. En tant qu’élève, je n’ai jamais reçu d’enseignement bilingue. Et dans mon école, il y avait beaucoup de discrimination. J’ai eu un professeur que je n’oublierai jamais parce que je ne pouvais pas faire mes devoirs et elle me rejetait. »

 «C’est une chose que je ne voudrais jamais : que me élèves se souviennent de moi de cette façon.»


 

 

Audio (en anglais)

Le reportage de la correspondante de l’UNICEF Blue Chevigny sur le programme destiné au maintien scolaire des nombreux élèves autochtones du Guatemala grâce à l’éducation interculturelle bilingue.

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