En bref : Gambie

'Progrès pour les enfants': des mesures simples provoquent une progression spectaculaire du nombre de naissances enregistrées en Gambie

Image de l'UNICEF: Gambia, Birth Registration
© UNICEF Gambia/2007/Downes-Thomas
Abdou Jatta, agent de santé publique à Brikama, Gambie, dit que le nombre de naissances enregistrées dans son centre a fortement augmenté ces dernières années.

Par Begay Downes-Thomas

BRIKAMA, Gambie, 21 octobre 2007 — La même scène se répète tous les lundis, mercredis et vendredis matins au centre de santé de Brikama, situé au sud de la capitale gambienne. Un groupe de femmes aux tenues bigarrées se presse dans la cour. Avec des bébés et des enfants en bas âge qu’elles portent sur leur dos, dans les bras ou qu’elles tiennent par la main, ces femmes attendent impatiemment leur tour.

Elles sont venues de la ville de Brikama et de ses environs pour faire enregistrer la naissance de leur enfant. Abdou Jatta est l’agent de santé publique chargé de l’enregistrement des naissances au centre. Il y a trois ans, dit-il, très peu d’enfants étaient déclarés ici, et le spectacle de la foule qui emplit la cour trois fois par semaine à présent n’est pas pour lui déplaire.

« Nous sommes très occupés le lundi, le mercredi et le vendredi », dit-il. « Mais ça ne me dérange pas, parce que je sais que nos enfants sont enregistrés et pris en charge. »

L’enregistrement de sa naissance fait officiellement état de l’existence d’un enfant, de son nom et de sa nationalité. Il fournit la preuve son âge, ce qui aide le gouvernement à faire appliquer les politiques relatives à l’âge minimum requis pour travailler, pour être enrôlé dans l’armée et pour se marier. Un certificat de naissance permet aussi de s’assurer que l’enfant est vacciné en temps voulu et qu’il entre à l’école à l’âge adéquat.

Coût et désagréments : les obstacles à l’enregistrement

Avant, dit M. Jatta, les services d’enregistrement des naissances étaient centralisés, ce qui obligeait les parents à se rendre au bureau de l’état civil, souvent assez loin de chez eux, pour déclarer une naissance. Très peu de personnes savaient qu’il était important de faire enregistrer la naissance d’un enfant, et celles qui en étaient conscientes trouvaient souvent la procédure trop bureaucratique, trop chère et trop longue. C’est la raison pour laquelle seulement 1 naissance sur 3 environ était enregistrée à l’échelle du pays, et dans certains districts ruraux, ce chiffre était de presque 1 sur 17.

« Les gens ne venaient pas avant d’avoir vraiment besoin », du certificat de naissance, explique-t-il. « Par exemple, lorsqu’ils passaient leur examen d’entrée à l’école, ou lorsqu’ils devaient le fournir pour s’inscrire au lycée ou pour voter. À ce stade tardif, on ne peut même pas établir la date exacte de la naissance. »

En 2004, pour inverser cette tendance, le Gouvernement gambien, avec l’aide de l’UNICEF, a adopté une nouvelle approche simple et intégrée. L’enregistrement des naissances a été combiné avec des services de santé de base comme la vaccination, et le processus a été décentralisé de sorte que tous les établissements de soins, des grands hôpitaux aux cliniques en passant par les centres de santé mobiles, offrent ce service. Le taux d’enregistrement des naissances chez les enfants de moins de cinq ans a considérablement augmenté et a atteint 55 pour cent à l’échelle du pays en 2005–2006.

La demande augmente plus vite que l’offre

En moyenne, le centre de santé enregistre actuellement 95 enfants par semaine, observe M. Jatta, et la difficulté consiste à avoir suffisamment de matériel en stock pour répondre à la demande de ce service. « Je n’ai pas toujours de réserves suffisantes, et je dois attendre pour délivrer les certificats aux parents », dit-il, ajoutant que la naissance de l’enfant est tout de même enregistrée officiellement, même si le certificat n’arrive qu’après.

Repensant aux changements qu’il a vu arriver ces dernières années, il déclare : « Maintenant, la plupart des mères viennent d’elles-mêmes, immédiatement après la cérémonie où l’enfant reçoit son nom, demander un certificat de naissance. Nous avons aussi des émissions de radio hebdomadaires d’une heure qui parlent de l’enregistrement des naissances. Je crois que ça a beaucoup aidé. »


 

 

Recherche