En bref : Gambie

Une seconde chance pour les enfants et leurs familles séropositifs ou malades du SIDA en Gambie

Image de l'UNICEF
© UNICEF Gambia/2006/Downes-Thomas
Isatou, âgée de six ans, et sa petite sœur suivent un programme soutenu par l’UNICEF dans l’Upper River Division, en Gambie, où elles jouent, sont nourries et bénéficient de bilans et de soins psychosociaux.

Par Begay Downes-Thomas

BANJUL, Gambie, 23 juin 2006 – Comme la plupart des petites filles de six ans, Isatou aime bien grignoter – dans son cas, ce sont des bananes. C’est un plaisir pour elle d’aller à l’école, de jouer à la balle et surtout de passer le temps en famille.

Pourtant, il y a seulement cinq mois de cela, cette petite gambienne ne pouvait se permettre de telles activités. La famille d’Isatou se débat contre la pauvreté et ses parents sont séropositifs ou malades du SIDA.
Un bon nombre de jeunes enfants comme Isatou vivent dans une extrême pauvreté. Dans la seule Afrique subsaharienne, on estime que 18 millions d’enfants auront perdu d’ici 2010 l’un au moins de leurs parents à cause du SIDA. Un projet du Catholic Development Office (CaDO) que soutient l’UNICEF s’efforce de limiter les conséquences de cette situation et fournit en Gambie une aide aux orphelins et aux autres enfants vulnérables.

Changement positif

Encore tout récemment, le père d’Isatou, Mustapha, était cloué au lit. Sa famille le soignait jour et nuit, restant ainsi confinée à la maison. Les enfants ne pouvaient obtenir un enseignement de base et ils se voyaient clairement devenir orphelins.

« Je n’allais pas bien. J’étais très maigre. Je ne pouvais parler à qui que ce soit » se rappelle Mustapha.

Mais, lors de l’une de ses tournées sur le terrain, le CaDO l’a visité et, depuis lors, Mustapha est traité avec des médicaments antirétroviraux (ARV) dans un dispensaire local. Isatou et sa petite sœur, Jainaba, ont été inscrites dans une école des environs ; on leur a fourni des uniformes et des livres scolaires, et on leur a donné de l’argent pour les déjeuners à la cantine.

Chaque mois, les filles reçoivent du CaDO des produits d’hygiène tels que du savon, des brosses à dent et une lotion corporelle. La famille obtient également tous les mois un sac de riz.

« Je constate que leurs vies sont en train de changer » a noté le travailleur social Emerence Fonu, qui travaille avec cette famille depuis qu’elle bénéficie de ce programme.

« Je n’ai pas honte »

L’UNICEF et le CaDO aident 50 enfants de l’Upper River Division, en Gambie. Ils leur offrent des soins psychosociaux et un traitement médical. Ceux qui sont séropositifs ou malades du SIDA – et qui satisfont aux exigences minimum figurant dans les Directives nationales ARV – suivent gratuitement un traitement ARV.

« Je veux que les gens me voient. J’ai cette maladie, le SIDA, et je n’ai pas honte », a déclaré Mustapha. « Ce que je désire pour ma famille, c’est une meilleure santé et [pour moi] la possibilité d’aider de mon mieux ma famille. Ceci est plus facile à présent qu’auparavant ».

Le nombre des enfants de l’Upper River Division bénéficiant du soutien du CaDO, lui-même aidé par l’UNICEF, va passer cette année à 75. Toutefois, des milliers d’orphelins et d’enfants vulnérables, d’un bout à l’autre de la Gambie, courent également un danger. Le programme a besoin de ressources supplémentaires d’urgence.

« Les enfants ont besoin de leurs parents » a dit la Représentante de l’UNICEF en Gambie, Cheryl Gregory Faye. « Ceux dont les parents sont malades ou ceux qui sont devenus orphelins ont moins d’opportunités dans la vie. Ils risquent davantage de souffrir de malnutrition, de rater leur éducation et de subir des sévices. De tels projets donnent à ces enfants une seconde chance dans la vie ».


 

 

Liens

UNISSON-NOUS POUR LES ENFANTS CONTRE LE SIDA
Ce site est disponible en anglais

Recherche