Éthiopie

Dans le Wolaita, hommage à ce qui a été accompli en matière de nutrition

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Avril 2013 : le reportage de la correspondante de l’UNICEF, Chris Niles, sur un programme qui s’attaque à la malnutrition en Éthiopie rurale.  Regarder dans RealPlayer

 

Il n’y a pas si longtemps, dans cette communauté éthiopienne, il était fréquent pour les enfants de moins de cinq ans de recevoir un traitement contre la malnutrition sévère. Aujourd’hui, un programme nutritionnel permet aux enfants de rester solides et en bonne santé et d’assurer la résilience des familles. 

Par Indrias Getachew

MANCHA, Éthiopie, 9 août 2013 – Wudnesh Zebdios est agent sanitaire de proximité dans un village. Aujourd’hui, elle pèse les enfants de deux ans et moins à Machan, dans la région du Wolaita.

Peser chaque mois les enfants est l’un des piliers du programme nutritionnel communautaire du Ministère éthiopien de la santé (PNC) conçu pour prévenir la malnutrition en renforçant les capacités d’adaptation des communautés face à des chocs comme l’insécurité alimentaire.

« Je suis très satisfaite de l’état des enfants qui sont venus aujourd’hui, »  dit Wudnesh Zebdios. « Ils ont tous gagné du poids et leur poids correspond à celui de leur âge. »

Le PNC est appuyé par l’UNICEF et par des donateurs comme l’Union européenne.

Une armée pour la santé


Si un enfant révèle une insuffisance pondérale sévère, Wudnesh Zebdios envoie la mère au dispensaire du village pour qu’il soit examiné et pour voir s’il est atteint de malnutrition aiguë en vue d’une possible admission dans le programme d’alimentation thérapeutique de jour.

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© UNICEF Ethiopia/2013/Getachew
Wudnesh Zebdios, un agent sanitaire de proximité en train d’effectuer une visite chez Kumete Alaro, une mère de cinq enfants qui s’occupe aussi de sa petite-fille, Tesfnaesh, deux ans et demi (en photo). Tesfanesh a été admise dans le programme d’alimentation thérapeutique de jour du village il y a un an quand Wudnesh a découvert qu’elle était atteinte de malnutrition sévère.

Si l’enfant souffre d’une insuffisance pondérale légère ou n’a pas gagné assez de poids depuis la dernière fois qu’il a été pesé, elle en expliquera à la mère les raisons possibles et lui recommandera des solutions.

Si l’enfant va bien, elle félicite la mère et l’encourage à continuer à alimenter correctement son enfant.

Plus tard dans la semaine, avec l’aide de la responsable locale de l’armée pour le développement de la santé, Wudnesh Zebdios  réunit les parents et les autres habitant du village pour discuter des pesées. Ces débats leur permettent d’analyser les problèmes et de se mettre d’accord sur ce qu’il faut faire pour améliorer l’état nutritionnel des enfants. 

Les membres de l’armée pour le développement de la santé sont des femmes choisies dans le village pour aider les agents sanitaires de proximité à apporter leurs prestations en matière de santé intégrée, de nutrition, d’hygiène et d’assainissement dans cette communauté rurale. Chaque femme a la responsabilité de cinq familles. 

Impact positif

Le PNC a un impact sur les taux de malnutrition dans la région du Wolaita qui est sujette à des inondations et des crises alimentaires régulières.

Selon le bureau de la santé de la région, les taux de malnutrition sont passés de 20 à 5% au cours des trois dernières années et les taux de malnutrition sévère de 5 à 1%.

« Avant, les opérations nutritionnelles qui étaient mises en place étaient principalement axées sur le traitement de la malnutrition, » dit Haile Bekele, Chef de la prévention des maladies et du soutien à la santé du bureau de la santé de la région du Wolaita. « Les enfants étaient traités après la sous-alimentation. Mais ce programme, le PNC, est axé sur la prévention : il intervient avant que les enfants ne deviennent sous-alimentés. » 

Contrôles dans des secteurs plus éloignés 

Rendre visite aux familles dans cette communauté d’agriculteurs fait partie du travail de Wudnesh Zebdios. Aujourd’hui, elle se trouve chez Kumete Alaro, une mère de cinq enfants qui s’occupe de sa petite-fille de deux ans et demi, Tesfanesh. Il y a un an, au cours d’une séance mensuelle, Wudnesh Zebdios avait découvert que Tesfanesh était atteinte de malnutrition sévère. La fillette avait été admise dans le programme d’alimentation thérapeutique de jour.  

« Aujourd’hui, [elle] va bien, » dit Kumete Alaro. « Elle était très maigre parce qu’elle n’avait pas été allaitée au sein. Alors, le gouvernement nous a aidées ; elle a pris de aliments thérapeutiques prêts à l’emploi et à présent elle va bien mieux. »

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Wudnesh Zebdios, un agent sanitaire de proximité, pèse les enfants de moins de deux ans lors de la séance mensuelle de contrôle et de soutien de la croissance, en Éthiopie rurale. Le suivi de la croissance est l’une des piliers du programme nutritionnel communautaire appuyé par l’UNICEF et l’Union européenne.

Wudnesh Zebdios demande si Kumete Alaro nourrit Tesfanesh en utilisant un régime alimentaire équilibré comme elle l’a appris lors des séances du PNC.

« Nous lui préparons des œufs et nous mélangeons les mangues et les avocats que nous achetons au marché et nous lui donnons cela à manger, » dit Kumete Alaro. « Auparavant, nous emmenions notre lait et notre beure au marché parce que nous n’en connaissions pas l’importance. À présent, nous les gardons et nous nourrissons les enfants avec à la maison. »

Des améliorations apportées à l’approvisionnement en eau, à l’hygiène et à l’assainissement ont également contribué à la chute des taux de malnutrition. Avant qu’elle s’en aille, Wudnesh Zebdios vérifie les latrines et le lavabo que Kumete Alaro a installés, des éléments importants pour le Programme de développement de la santé du Gouvernement éthiopien. 

Aujourd’hui, le PCN touche 80% des enfants âgés de deux ans et moins dans la Région des Nations, Nationalités et Peuples du Sud (SNNPR). Selon le Responsable de la nutrition à l’UNICEF pour la SNNPR, Anteneh Omer, il devrait couvrir tous les districts de la région d’ici les deux prochaines années.

Un message pour les adolescents

Parallèlement, un nouveau front s’est ouvert dans la guerre contre la malnutrition : les adolescents. Les agents sanitaires de proximité font passer leurs messages sur la santé et la nutrition dans les écoles de leurs villages. En persuadant les adolescentes de retarder leur mariage et leur première grossesse et en encourageant de saintes habitudes de vie, ils s’emploient à briser le cycle de la malnutrition qui se perpétue de génération en génération.  

« Une fille ne devrait pas être mariée avant l’âge de dix-huit ans et ne devrait pas avoir d’enfant avant d’avoir dix-huit ans, » dit Wudnesh Zebdios devant une classe pleine d’élèves de septième et huitième année. « Eh bien, parce que leur corps n’est pas prêt à porter un fœtus… Les enfants qui vont naître seront faibles. Leurs têtes ne seront pas assez solides pour l’éducation scolaire. »

Avec l’appui de l’UNICEF et de l’Union européenne, la SNNPR fera de la nutrition pour les adolescents une composante du PCN.

Devant la maison de Kumete Alaro, des enfants sont réunis dans la bonne humeur. Leur chanson et leur danse, pleines d’énergies, est contagieuse. Des voisins se joignent à eux dont Wudnesh Zebdios. Mancha est un village où, il n’y pas très longtemps, il était fréquent de voir des enfants de moins de cinq ans recevoir un traitement contre la malnutrition sévère. Aujourd’hui, il n’y a plus d’enfants atteints de malnutrition sévère. En fait, tous les enfants de moins de deux ans ont gagné du poids depuis le mois dernier. Et, c’est bien sûr une raison de le fêter.  


 

 

Photographie : Renforcer la sécurité nutritionnelle

Partenariat UNICEF-Union européenne

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