Éthiopie

L'Éthiopie veut faire tomber à zéro le nombre de décès causés par la pneumonie

Par Indrias Getachew

RÉGION D'OROMIA, Éthiopie, 27 décembre 2011 – Kedir Mudi, un an, et sa mère, Alemnesh Gerefa, jouent dans la salle d'attente du dispensaire de Derer Ebija, un village de la région d'Oromia. Voici seulement trois mois, ce joyeux bambin a frôlé la mort après avoir contracté une pneumonie, l'une des causes principales de mortalité chez les enfants en Éthiopie.

VIDÉO (en anglais) : le reportage de la correspondante de l'UNICEF Chris Niles sur un vaccin contre la pneumonie qui promet de sauver chaque année des dizaines de milliers d'enfants.  Regarder dans RealPlayer

 

Kedir avait été diagnostiqué au cours d'une visite au dispensaire de Derer Ebija où le personnel médical a été formé, avec l'appui de l'UNICEF, pour détecter la pneumonie.

« Je pensais que, malgré tous mes efforts, il mourrait », a dit Alemnesh Gerefa. « J'étais très inquiète : après tout, je suis une mère ». Aujourd'hui, Kedir est de retour pour recevoir le vaccin pneumococcique qui le protègera de la méningite, de la septicémie et de la pneumonie qui a failli le tuer. Ce vaccin est disponible depuis seulement deux semaines à Derer Ebija et Alemnesh Gerefa a hâte que Kedir le reçoive.   

Introduction du vaccin contre la pneumonie

Selon l'Enquête éthiopienne démographique et de santé 2011, le taux de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans en Éthiopie est passé à 88 pour 1000 naissances vivantes par rapport à 123 pour 1000 naissances vivantes en 2005.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Éthiopie/2011/Lemma
Des parents attendent que leurs enfants soient vaccinés contre la pneumonie au dispensaire de Derer Ebija, en Éthiopie.

Les efforts du Gouvernement pour étendre la gestion des soins de santé au niveau des communautés locales grâce aux dispensaires et aux agents de santé ont contribué à ces améliorations  concernant la survie de l'enfant. De même, la distribution de moustiquaires imprégnées d'insecticide, la promotion du lavage des mains et les soins au niveau des villages ont contribué respectivement à réduire le paludisme, les maladies diarrhéiques et la malnutrition sévère aiguë.

À présent, avec le vaccin pneumococcique, l'Éthiopie espère s'attaquer encore à un autre fléau.

« La pneumonie compte pour environ 28 pour cent [de la totalité de tous les décès d'enfants]. C'est l'un des principaux responsables de la mortalité chez les moins de cinq ans », explique le Dr Tedros Adhanom, le Ministre éthiopien de la santé lors du lancement du nouveau vaccin, le 16 octobre. « Si nous pouvons vraiment nous attaquer à ce problème, je pense que cela contribuera de façon très importante à la réduction de la mortalité chez les enfants de moins de cinq ans ».

Le vaccin a été introduit par le Ministère éthiopien de la santé avec l'appui de l'Alliance GAVI qui comprend l'UNICEF et l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

« Ceci est jusqu'à présent notre plus grosse opération de lancement au niveau d'un pays et le vaccin pneumococcique est notre vaccin le plus puissant », affirme  Daniel Thornton, de l'Alliance GAVI. « Chaque année, la pneumonie tue plus d'enfants dans le monde que n'importe quelle autre maladie. En Éthiopie, la pneumonie tue au moins 100 000 enfants chaque année et avec le vaccin, nous pensons que nous pouvons prévenir plus de 50 000 décès par an ».

Image de l'UNICEF
© UNICEF Éthiopie/2011/Lemma
Belainesh Arersa et Shewaye Berhanu, deux agents de santé, discutent avec des patients du vaccin contre la pneumonie au dispensaire de Derer Ebija, en Éthiopie.

« La santé est plus importante »

Le 8 décembre, Belainesh Arersa et Shewaye Berhanu, deux agents de santé, se sont préparés pour le programme de vaccination du dispensaire de Derer Ebija qui a lieu deux fois par semaine.

« La pneumonie est une maladie qui touche de nombreux enfants dans ce secteur », constate Belainesh Arersa. « Par conséquent, les mères doivent interrompre leur travail pour faire des allées et venues à l'hôpital. Maintenant que ce vaccin a été introduit, les enfants ne mourront plus et les mères ne perdront plus leur temps à faire des allers-retours entre leur domicile et l'hôpital ». 

Une foule importante s'est massée à l'extérieur de la salle de vaccination.

« Aujourd'hui, nous avons beaucoup de monde », a expliqué Belainesh Arersa. « Ces gens sont ici d'abord parce que nous assurons à partir d'ici un programme de vaccination deux fois par semaine. En outre, parce que le VPP, ou vaccin pour la prévention de la pneumonie, est à présent disponible, il existe une campagne pour faire mobiliser la communauté par des agents sanitaires bénévoles locaux ». 

Temam Ahmed, un exploitant agricole, était l'un des rares pères dans la salle d'attente. Il était venu pour faire vacciner son fils de 9 mois, Hamid. Temam Ahmed a été lui-même récemment diagnostiqué avec la pneumonie et a dû parcourir plus de 20 kilomètres pour être soigné. Protéger Hamid d'un sort identique était une priorité. 

« J’ai donc quitté l'exploitation [pour l'amener ici] parce que sa santé est plus importante », dit Temam Ahmed.

Passer à une plus grande échelle 

« Avec l'introduction du vaccin pneumococcique », déclare le représentant de l'UNICEF en Éthiopie, Ted Chaiban, les agents sanitaires « ont ajouté une nouvelle arme à leur arsenal de mesures préventives simples pour lutter contre les décès d'enfants ».
 
Le vaccin complémente le passage à plus grande échelle du traitement de la pneumonie au niveau de la communauté avec des antibiotiques par voie orale. Bientôt, des agents sanitaires comme Belainesh Arersa vaccineront non seulement les enfants contre la pneumonie mais soigneront aussi la maladie. 

« Aujourd'hui, un nombre surprenant de décès d'enfants sont imputables à la pneumonie », dit Ted Chaiban. « Par conséquent, avec le vaccin et le traitement de la pneumonie au niveau local, nous le faisons tomber vers zéro ».


 

 

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