Éthiopie

En Éthiopie, la campagne de ratification universelle vise à protéger tous les enfants africains

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© UNICEF Éthiopie/2011/Mwangi
Présents à la réunion (à partir de la gauche) : le Directeur de la Division des politiques et des pratiques de l’UNICEF, Richard Morgan, le Représentant de l’UNICEF auprès de l’Union africaine et de l’UNECA, Akila Belembaogo, le Secrétaire général de l’Union africaine, Zachary Muburi-Muita, et le Représentant régional de l’HCDH, Musa Gassama.

Par Anthony Mwangi

ADDIS ABEBA, Éthiopie, 8 juin 2011 – Une cinquantaine de participants de haut niveau représentant l’Éthiopie, la Commission de l’Union africaine, des institutions des Nations Unies, des organisations internationales et la société civile ont participé à la campagne africaine de ratification universelle à la fin du mois de mai à Addis Abeba, en Éthiopie.

Prendre des engagements

Cette manifestation d’une demi-journée a été conçue comme un suivi de la ratification du Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés ; du Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant concernant la vente d'enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants ; et de la Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant.

À la réunion, la Tunisie annoncé qu’elle souhaitait s’engager dans le mécanisme de ratification de la Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant. Pendant la campagne, les représentants de la Guinée et du Niger se sont engagés à demander à leurs gouvernements de leur donner l’autorité pour signer en leur nom le Protocole facultatif concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés et le Protocole facultatif concernant la vente d'enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants.

Trente-trois des 53 États membres de l’Union africaine ont ratifié le Protocole facultatif concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés, le nombre étant de 37 États pour le Protocole facultatif concernant la vente d'enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants, et de 46 États pour la Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant. Ces traités jettent les bases de la protection des droits de l’enfant en Afrique.

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Thandiwe Mthethwa de la Commission de l’Union africaine parle des problèmes et des mesures requises pour accélérer la ratification des traités de l’Union africaine lors de la réunion d’Addis Abeba, en Éthiopie, sur la campagne de ratification universelle.

« Je suis persuadée que personne ne laissera passer cette occasion unique de faire progresser le processus de ratification de ces traités relatifs aux droits de l’enfant et de consolider la protection des enfants contre toutes les formes de violence », a déclaré Marta Santos Pais, la représentante spéciale du Secrétaire général sur la violence contre les enfants dans un message écrit adressé aux participants à la manifestation.

Cette campagne africaine de ratification universelle a été organisée conjointement par l’UNICEF, la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (UNECA), et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH).

Dans son message, Mme Pais a ajouté que l’indicateur réel de succès consisterait à faire une différence tangible dans la vie de millions d’enfants, année après année, en particulier dans la vie de tous ceux qui restent dans l’ombre ou qui sont marqués du sceau de l’exclusion et de la marginalisation.

Les problèmes qui entravent la ratification

Une étude réalisée par l’Union africaine sur les causes de la lenteur de la ratification des traités a permis d’identifier les problèmes principaux, à savoir des procédures légales et constitutionnelles longues et compliquées, et des divergences de démarches constitutionnelles. L’Union africaine a introduit des initiatives permettant d’accélérer le processus de signature et de ratification.

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Participants à la réunion sur la campagne africaine en faveur de la ratification universelle tenue à Addis Abeba, en Éthiopie. Une cinquantaine de délégués de haut niveau étaient présents.

Pour renforcer la participation, des réunions bilatérales ont permis à Akila Belembaogo, représentant de l’UNICEF auprès de l’Union africaine et de l’UNECA, et aux ambassadeurs des États membres de l’Union africaine qui n’ont pas encore ratifié ces trois traités de se rencontrer avant la demi-journée de campagne.

Les ambassadeurs ont parlé franchement des obstacles et des limitations qui entravent les ratifications, faisant état de considérations politiques, d’une absence de suivi, et de connaissances limitées sur le mécanisme de ratification.

Malgré des luttes intestines, des conflits ou des situations de transition dans un certain nombre de pays d’Afrique, les participants à la réunion ont souligné combien il est important de sensibiliser sans relâche les autorités nationales à la nécessité de signer et de ratifier les trois instruments juridiques de protection de l’enfance, et d’encourager une participation de tous les acteurs dans le cadre d’une coopération nationale et internationale.

« Le Protocole facultatif concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés, selon lequel tous les enfants de moins de 18n ans doivent être protégés contre le recrutement et l’impact des conflits armés, fait valoir que les droits fondamentaux des enfants associés aux forces armées ne sont pas respectés », a déclaré Musa Gassama, représentant régional du Haut-Commissariat aux droits de l’homme.

Aller de l’avant

Un groupe restreint interinstitutions regroupant l’UNICEF, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme, l’UNECA, ONU-Femmes, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, l’Organisation internationale du Travail, Save the Children et la Commission de l’Union africaine, a été créé pour mettre en oeuvre les recommandations de la réunion. La campagne africaine de ratification universelle préconise la ratification universelle du Protocole facultatif concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés et du Protocole facultatif concernant la vente d'enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants d’ici à février 2012, année où sera célébré le 10ème anniversaire de leur entrée en vigueur.


 

 

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