Éthiopie

En Éthiopie, le Directeur général de l’UNICEF voit que le développement s’accélère grâce à la stratégie de l’équité

Par Indrias Getachew

TIGRAY, Éthiopie, 1er avril 2011 – Le Directeur général de l’UNICEF Anthony Lake passe en ce moment une semaine en Éthiopie. Il y observe de ses propres yeux les progrès accomplis vers la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) grâce à une stratégie fondée sur l’équité qui cherche à atteindre les communautés les plus pauvres et les plus vulnérables.

VIDÉO (en anglais) : 29 mars 2011 - Le reportage de la correspondante de l'UNICEF, Chris Niles sur la visite du Directeur général, Anthony Lake à des programmes de promotion de l'équité en faveur des enfants et des femmes en Éthiopie.  Regarder dans RealPlayer

 

Première étape pour Anthony Lake, le centre d’éducation alternative du village de Wembertawit, dans la région Tigray (Tigré), un programme original organisé au niveau de la communauté. Les taux nets de scolarisation dans le primaire en Éthiopie sont passés de 68 à 82 pour cent au cours des six dernières années.

Cette tendance est encourageante mais environ 2,8 millions d'enfants éthiopiens ne fréquentent toujour pas l'école primaire, la majorité vivant dans des zones difficiles à atteindre comme Wembertawit. Toucher ces enfants est essentiel pour l’Éthiopie si elle veut atteindre l’objectif de l’éducation primaire universelle d'ici à 2015, un objectif clé des OMD.

Nouvelles techniques

Anthony Lake a visité une classe en première année d’anglais et a rencontré certains des élèves. L'école « classique » la plus proche est trop éloignée pour que les enfants puissent s'y rendre à pied et, si ce centre n'existait pas, les enfants d’ici ne seraient pas en mesure d’obtenir une éducation de base.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Éthiopie/2011
Des enfants du village de Wembertawit, dans la région Tigray, accueillent le Directeur général de l’UNICEF Anthony Lake au cours de sa visite des programmes de l’UNICEF en Éthiopie.

Le centre éducatif fait partie d'un programme du gouvernement soutenu par l'UNICEF et qui vise à répondre aux besoins urgents des enfants vivant dans des zones reculées où les infrastructures d'éducation font défaut. Il offre des horaires scolaires plus souples et un calendrier adapté aux besoins de chaque communauté. Les animateurs, payés par le gouvernement, sont choisis parmi la communauté et enseignent dans la langue maternelle des enfants.

Certains membres de la communauté contribuent également à la construction de leur centre local et, par le biais de comités de parents d'élèves, veillent à ce que les enfants restent à l'école. Le programme est condensé, ce qui permet aux enfants d'atteindre la quatrième année d’enseignement en trois ans seulement.

 « J'avais envie de venir visiter cette très belle région de l'Éthiopie et rencontrer ces enfants qui apprennent tant de choses, tellement vite », a déclaré Anthony Lake dans son allocution aux villageois venus le rencontrer. « J'ai été très impressionné par le programme gouvernemental qui encourage ce type d'éducation, et l'UNICEF est très fier de travailler avec le gouvernement sur cette question ».

Le centre d'éducation alternative de Wembertawit est l'un des quelque 1500 centres de ce type qui ont été créés avec l'appui de l'UNICEF depuis la mise à l’essai de ce programme en 2006.

Des activités centrées sur la communauté

Anthony Lake s’est ensuite arrêté à  Adigudom, dans le district de Hintalo-Wajirat, où l’on estime que 45 pour cent de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Pour remédier à cette situation, des Coalitions communautaires de soins offrent une aide sociale aux personnes vulnérables, enfants, femmes et personnes âgées.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Éthiopie/2011
Goitom Hagos, 13 ans, du village de Beati Akor, dans la région Tigray, est une des animatrices de la « stratégie enfants-à-enfant », un projet d’éducation non formelle qui encourage l’accès de tous les enfants à l’école primaire en Éthiopie.

Trente pour cent des ménages d’Adigudom sont dirigés par des femmes et ils ont du mal à répondre aux besoins quotidiens. Il y a plus de 15 000 enfants orphelins dans le village, et les personnes handicapées sont plus de 2500.

Medihin Niguse, 70 ans, vit à Adigudom. Elle y élève quatre de ses petits-enfants, âgés de 4 à 17 ans. Jusqu'à récemment, elle comptait sur l'équivalent de 14 dollars E.-U. par mois pour joindre les deux bouts, une somme qu’elle recevait du programme  Productive Safety Net, un régime de protection sociale financé par le gouvernement.

La Coalition communautaire de soins de Medihin Niguse lui offre désormais des fournitures scolaires pour ses petits-enfants et de l'argent pour des médicaments pour son plus jeune petit-fils. La coalition donne également des céréales une fois par mois pendant quatre mois de l'année. Grâce à cet appui, elle a pu continuer à envoyer ses trois petits-enfants les plus âgés à l'école.

Apprentissage d’enfant à enfant

Dans le village de Beati Akor, Teberh Mulugeta, 13 ans, apprend à à compter aux enfants en âge préscolaire. Leur « classe » est une hutte aux murs de paille dans la cour familiale.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Éthiopie/2011
Medihin Niguse, 70 ans, élève quatre petits-enfants âgés de 4 à 17 ans, avec l’appui de la Coalition communautaire de soins d’Adigudom dans le district de Hintalo-Wajirat, en Éthiopie.

Tout près de là, Goitom Hagos, 13 ans, enseigne également à des enfants d'âge préscolaire. Teberh et Goitom sont des animateurs de la stratégie d’apprentissage « d’enfant à enfant », une stratégie lancée par l'UNICEF et qui a été adoptée par les ministères de l'Éducation, de la Santé et des Femmes, des enfants et de la jeunesse.

Il s'agit d'un enseignement non « classique », destiné à améliorer l’accès à l’éducation et à encourager les jeunes de l’âge de l’école primaire à commencer leurs études à l’âge approprié et à bien apprendre. Cet enseignement aide également les jeunes - comme Teberh, qui veut être un enseignant quand elle sera plus vieille, et Goitom, qui veut être pilote – à prendre des responsabilités et des initiatives au sein de leurs communautés.

Les enseignants gèrent et coordonnent les activités hebdomadaires « enfant à enfant » de l’école de leur communauté et ils guident ces jeunes, comme Teberh et Goitom, qui sont choisis parmi les élèves de la cinquième à la septième année d’enseignement. On estime à 150 000 le nombre d’enfants qui bénéficieront de ce programme en Éthiopie d'ici la fin de 2011.

Soutien aux initiatives locales

Anthony Lake a souligné qu'il avait été fortement encouragé par les efforts en cours, en particulier le succès de la stratégie de développement de l'UNICEF pour aider les communautés les plus pauvres du monde entier à se prendre en charge.

« Les programmes que nous avons vus aujourd'hui étaient étonnants, avec des communautés entières qui se réunissent pour apporter leur propre argent et leur propre imagination afin de s’occuper de ces membres de la communauté qui en ont le plus besoin », a-t-il dit.

Anthony Lake a ajouté que son voyage démontrait que la meilleure façon d’aider, était de continuer à soutenir les initiatives et l’expertise locales « parce que les gens, dans les communautés, sont mieux à même que l’UNICEF, ou que n’importe quel expert, de connaitre leur propre situation ».


 

 

Recherche