Éthiopie

Dépistage et traitement du paludisme pour les Éthiopiens dans les régions reculées

Image de l'UNICEF
© UNICEF Éthiopie/2009
Un agent de vulgarisation sanitaire effectue un test de dépistage du paludisme avec une trousse pour le diagnostique rapide.

JANGWA, Éthiopie, 25 novembre 2009 – Un flux continu de parents et d’enfants se dirige vers le dispensaire de Jangwa dans le District de Dembia, à la recherche d’un traitement contre le paludisme. La saison des pluies s’est récemment achevée, offrant des conditions idéales pour la reproduction des moustiques porteurs de paludisme ici, dans la région d’Amhara, en Éthiopie.

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Deux agents de vulgarisation sanitaire, Mantegbosh et Alemtsehay, sont assis devant le dispensaire aux murs de torchis. Ils effectuent, sur les villageois, des tests de dépistage du Falciparum plasmodium, une souche dangereuse du paludisme qu’on trouve en Éthiopie. Ils utilisent des trousses pour le dépistage rapide, fournies par l’UNICEF, et traitent leurs patients à l’aide de médicaments également fournis par l’UNICEF.

En attendant les tests de dépistage

L’équipe de vulgarisation sanitaire travaille de façon efficace, calmant les enfants et adultes nerveux qui attendent le dépistage, et, lorsque le test est positif, l’équipe donne des conseils sur le traitement à suivre.

Le paludisme est endémique à Dembia, où des épidémies graves ont causé la mort de gens du village, y compris certains membres de la famille de Mantegbosh.

« J’étais en classe de neuvième lorsque mon père et mon frère sont morts, le même jour, à cause de cette maladie, » raconte Mantegbosh. « Personne n’a pu les amener au dispensaire, et ils sont morts à la maison. »

De graves épidémies

Des épidémies importantes frappent certaines zones tous les cinq à huit années. Ces épidémies sont aggravées par les aléas climatiques et les urgences nutritionnelles liées à la sècheresse, qui affaiblissent le système immunitaire des enfants. La dernière grande épidémie a eu lieu en 2003. Environ 6 millions de personnes auraient été touchées et il y a eu plus de 40 000 décès.

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© UNICEF Éthiopie/2009
Une femme, son enfant souffrant du paludisme dans les bras, dans le village de Jangwa, District de Boricha, en Éthiopie.

Un contrôle du paludisme digne de ce nom pourrait sauver chaque année des milliers de vie d’enfants éthiopiens.
 
En partenariat avec des membres de l’initiative Faire reculer le paludisme, l’UNICEF travaille avec le Gouvernement éthiopien pour diviser par deux la morbidité et la mortalité dues au paludisme d’ici 2010, puis pour les faire encore baisser de 50 pour cent d’ici 2015.
 
Depuis 2005, l’UNICEF en Éthiopie a aidé à la distribution d’environ 20 millions de moustiquaires traitées à l’insecticide dans des districts exposés au paludisme comme Dembia. Les agents de vulgarisation sanitaire vérifient que les moustiquaires sont utilisées correctement et que les étangs stagnants, où les moustiques prolifèrent, sont drainés.

Des services sanitaires pour les zones rurales

Le Programme de vulgarisation sanitaire constitue l’élément fondamental dans la stratégie du ministère de la Santé. En effet, il apporte la santé de base, la nutrition, l’assainissement et l’hygiène à la majorité des éthiopiens, dont 84 pour cent vivent en zone rurale. Plus de 30 000 agents de vulgarisation sanitaire ont été formés et envoyés dans le pays. Un traitement essentiel, d’accès immédiat, est à présent disponible.

« Auparavant, les personnes souffrant du paludisme devaient marcher plus d’une heure pour obtenir des soins, » rappelle le Responsable du projet santé de l’UNICEF, le Dr Ahmed Abdurahman. « À présent, grâce au programme de vulgarisation sanitaire, ils bénéficient de ces services près de chez eux. »
 
Alemnesh Kasse, une mère de cinq enfants, est venue au dispensaire avec sa fille la plus jeune, Mastewal Sissay, âgée de 7 ans, pour un dépistage. La petite fille est prise de vomissements et refuse de manger.

« Elle a déjà eu le paludisme, » raconte sa mère, « et dans le passé, je l’amenais à Kola Diba pour le dépistage. Mais maintenant nous pourrons nous procurer le traitement ici. C’est très bien. »

« C’est une question primordiale »

Un à un, les villageois, à Jangwa, se font piquer le doigt pour le test sanguin de dépistage du paludisme. Puis ils attendent patiemment que les trousses permettant un diagnostic rapide déterminent leur état.

 Pour Mastewal, les résultats indiquent qu’elle n’a pas de souche du Falciparum. Les agents de vulgarisation l’adressent au dispensaire pour subir d’autres tests. Ces agents, Alemtsehay et Mantegbosh, travaillent soigneusement et patiemment, malgré le nombre de patients venant pour un traitement et les locaux rudimentaires où ils travaillent.

« Je suis ravi d’être agent de vulgarisation sanitaire, » confie Mantegbosh. « C’est formidable de pouvoir servir la communauté où je suis né et où j’ai grandi. Moi aussi, j’ai souffert du paludisme. En 2000, j’ai été très malade. Mais à présent je fais utiliser à la communauté les services sanitaires pour qu’elle évite le paludisme. »


 

 

Vidéo (en anglais)

Elizabeth Kiem, la correspondante de l’UNICEF, décrit le dépistage rapide du paludisme dans le District de Boricha en Éthiopie.
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