Éthiopie

La Directrice générale adjointe lance un appel pour une action d’urgence contre la malnutrition en Éthiopie

Image de l'UNICEF
© UNICEF Ethiopia/2008/Getachew
La Directrice générale adjointe de l’UNICEF, Hilde Johnson, s’entretient avec la mère de deux enfants souffrant de malnutrition aiguë dans un centre, soutenu par l’UNICEF, à Kembata Tembaro, près de la zone de Gurage, en Éthiopie.

Par Indrias Getachew

ZONE DE GURAGE, Éthiopie, 25 juin 2008 – Mubarek pesait à peine 3,5 kg lorsqu’il est arrivé au dispensaire de Kuno Alimena, dans la Zone de Gurage (Éthiopie), une région ravagée par la sécheresse. Il s’agit d’un poids dans la moyenne pour un nouveau-né, mais qui correspond à environ un tiers du poids normal d’un enfant qui commence à marcher. On a diagnostiqué une malnutrition aiguë sévère.

Mubarek a eu encore de la chance; en l’amenant, sa mère l’a fait bénéficier du programme de nutrition thérapeutique hebdomadaire soutenu par l’UNICEF, qui a été mis en place pour sauver la vie d’enfants souffrant de malnutrition sévère. Mubarek n’avait pas de complications médicales qui auraient nécessité un traitement clinique et il a pu commencer des soins chez lui, en bénéficiant de rations hebdomadaires d’aliments thérapeutiques prêts à l’emploi.

Mais le frère jumeau de Mubarek n’a pas eu cette chance. Il est mort avant même que sa mère ne puisse le faire soigner.

Appel à l’aide internationale

Les enfants sont les plus exposés aux carences nutritionnelles et les premiers à succomber lorsque la nourriture manque à la maison. Pour ceux qui souffrent d’une malnutrition aiguë sévère, le risque d’une issue fatale est de 25 à 50 pour cent s’ils ne bénéficient pas d’un traitement approprié.

La Directrice générale adjointe de l’UNICEF, Hilde F. Johnson, a visité la Zone de Gurage au cours de sa récente tournée dans les secteurs affectés par la sécheresse du sud de l’Éthiopie. Au terme de cette tournée, elle a lancé un appel à une aide alimentaire d’urgence en faveur des enfants souffrant de malnutrition et de leurs familles.

« La situation dans les zones les plus sévèrement touchées est extrêmement grave, » a déclaré Mme Johnson. « Beaucoup d’enfants sont à présent en danger de mort dans plusieurs secteurs si on ne leur vient pas en aide de toute urgence. Le gouvernement et ses partenaires font de leur mieux pour apporter une aide, mais les besoins ne sont pas satisfaits assez rapidement. Il faut mettre à disposition davantage de ressources ».

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Une mère et son enfant, qui souffre de malnutrition aiguë, dans un centre de nutrition thérapeutique bénéficiant du soutien de l’UNICEF, à Kembata Tembaro, l’une des zones en Éthiopie les plus sévèrement touchées par la sécheresse et la crise alimentaire.

Une réaction rapide est nécessaire

La nutrition thérapeutique seule ne va pas suffire à faire face aux besoins nutritionnels des enfants touchés par la sécheresse. Si la mère de Mubarek n’est pas en mesure de le nourrir suffisamment lorsqu’il rentrera chez lui, il risque à nouveau de souffrir de malnutrition.

Pour le moment, le dispensaire dispose d’assez d’approvisionnements pour nourrir Mubarek. Toutefois, l’UNICEF pourrait se trouver dans l’incapacité, faute d’approvisionnements, de répondre aux besoins des enfants souffrant de malnutrition sévère dans les zones touchées par la sécheresse.

En Éthiopie, l’UNICEF est le principal fournisseur de produits nutritionnels thérapeutiques. L’organisation et ses partenaires – y compris les autres institutions des Nations Unies et les ONG – travaillent en étroite coopération avec le Gouvernement éthiopien en vue de répondre rapidement et efficacement à la crise.

« Il n’y a rien à manger »

Selon le Gouvernement éthiopien, il y aurait 75 000 enfants de moins de cinq ans, se trouvant dans 124 districts affectés par la sécheresse, qui souffriraient de malnutrition sévère, et 4,6 millions de personnes auraient besoin d’une aide humanitaire d’urgence.

Un financement de 28 millions de dollars É.-U. est nécessaire à l’UNICEF pour faire face aux besoins d’urgence des enfants et des femmes dans les zones touchées. Il faut aussi 21,3 millions de dollars pour atténuer les effets de la sécheresse et s’y préparer dans un nombre plus élevé de secteurs vulnérables du pays.

« Nous avons parlé aux mères et aux pères, aux grands-mères et aux grands-pères, ainsi qu’à tous les gens sur le terrain, » a indiqué Mme Johnson. « Tout le monde l’a confirmé et nous avons reçu un message clair : il n’y a rien à manger. L’aide doit passer à vaste échelle, de toute urgence. »


 

 

Vidéo (en anglais)

19 juin 2008 :
Le correspondant de l’UNICEF, Chris Niles, décrit la tournée de la Directrice générale adjointe de l’UNICEF, Hilde Johnson, en Éthiopie, un pays ravagé par la sécheresse.
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