Éthiopie

Dans la région de Gambella, une zone de l’Ethiopie en proie à des troubles, un vaste plan pour ramener les enfants à l’école

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© UNICEF Ethiopia/2006/Heavens
La Directrice générale adjointe de l’UNICEF, Mme Rima Salah, visite l’école élémentaire du village d’Elia, situé à trois heures de route de la ville de Gambella, la capitale de la région du même nom. De vives tensions agitent cette région.

Par Andrew Heavens

GAMBELLA, Éthiopie, 17 mai 2006 – Au cours de sa visite dans l’ouest de la région de Gambella, la Directrice générale adjointe de l’UNICEF, Mme Rima Salah, a présenté les grandes lignes d’un plan qui permettrait d’amener à l’école davantage d’élèves. Cette région isolée est l’une des plus agitées du pays.

Mme Salah a déclaré que l’UNICEF était prêt à aider le gouvernement à créer des zones refuges autour des écoles, des zones à l’intérieur desquelles les jeunes se sentiraient suffisamment en sécurité pour aller en classe. La suggestion de créer des « zones de paix » autour des écoles de Gambella a été émise lors d’une réunion avec le Président de la Région, M. Omot Obang Olom.

« Ici, à Gambella, comme nous en avons débattu avec le Président, le problème essentiel est celui de la sécurité » a dit Mme  Salah après la réunion. « À l’UNICEF, nous avons acquis beaucoup d’expérience dans la création de zones de paix pour la vaccination des enfants, autour des écoles et dans le cadre d’autres actions. Les zones de paix sont importantes car elles rapprochent les gens ».

Mme Salah s’est déplacée à Gambella après avoir prononcé le discours liminaire de la Seconde conférence sur la politique internationale concernant l’enfant africain, organisée par le  Forum sur la politique concernant l’enfant africain. Cette réunion s’est tenue les 11 et 12 mai, dans la capitale de l’Éthiopie, Addis Abeba, au Centre de conférences des Nations Unies.

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Des enfants éthiopiens accueillent la Directrice générale adjointe de l’UNICEF, Mme Rima Salah, à l’école élémentaire d’Elia.

La création de zones de paix

La région de Gambella est agitée depuis longtemps par des luttes ethniques entre groupes autochtones, les Ethiopiens des « hautes terres » et des populations venues du sud du Soudan, après avoir franchi la frontière « passoire ». Le mois dernier encore, des voleurs de bétail venus du Soudan auraient tué de nombreux Ethiopiens au cours de leurs incursions.

Ceci a entraîné une tension dont les effets ont été désastreux sur l’éducation des enfants de la région, a indiqué le Représentant de l’UNICEF en Éthiopie, Bjorn Ljungqvist, qui accompagnait Mme Salah lors de son voyage.

« Dans tous les cas d’urgence, les écoles sont les premières institutions à souffrir, notamment dans les zones de conflit », a-t-il dit. « L’enseignement cesse de fonctionner presque immédiatement car les enseignants ne se sentent pas en sécurité dans leurs écoles. Les enfants ne sentent pas non plus assez en sécurité pour aller à pied à l’école ».

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Des habitants de la ville de Gambella se baignent dans la Baro, une rivière infestée de crocodiles qui traverse la ville.

Les deux représentants de l’UNICEF ont précisé que le président régional s’était montré enthousiaste à l’idée de créer des zones de paix dans la région de Gambella. L’équipe de l’UNICEF chargée de l’éducation dans le pays et le bureau régional installé dans la ville de Gambella vont à présent préciser cette idée de façon détaillée en organisant des réunions sur le terrain avec l’administration et des groupes autochtones.

La voie de la réconciliation

Si le plan obtient un feu vert officiel, on va demander aux communautés locales de proposer leurs propres solutions pour sécuriser sur leur territoire les trajets des enfants, lorsqu’ils vont à l’école et en reviennent. Mme Salah a dit que la réunion de populations, pour se mettre d’accord sur des zones de sécurité autour des écoles, amenait souvent des groupes en guerre à se rapprocher et avancer ensemble sur la voie de la réconciliation.

« Il y a trois ans, au Libéria, nous avons lancé la première campagne de Retour à l’école, après dix années de guerre », a-t-elle rappelé. « Nous avons vu des enfants qui allaient à l’école en portant leurs livres, au lieu de porter des armes. Pour nous, l’éducation amène la paix et les enfants sont les messagers de la paix ».

M. Ljungqvist a déclaré qu’il avait les mêmes espoirs pour Gambella.

« Ici, à Gambella, les populations connaissent depuis bien longtemps la souffrance, les menaces et l’insécurité » a-t-il dit. « La meilleure façon de faire changer les mentalités, c’est de commencer par les enfants ».

« Aujourd’hui, les choses ont très bien commencé. Nous sommes tous les deux très heureux que le président, ici à Gambella, ait dit qu’il s’agissait d’une bonne idée. Nous espérons que cela va avancer très vite car la nouvelle année scolaire démarre en septembre ».


 

 

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