Éthiopie

La crise de la faim s’aggrave en Éthiopie : 136 000 enfants souffrent de malnutrition avancée

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© UNICEF/HQ05-0636/Heger
Dans le village de Bissidimo, en Éthiopie, une femme amène son enfant, qui souffre d’une grave malnutrition, dans un centre nutritionnel thérapeutique, bénéficiant de l’aide de l’UNICEF, afin qu’il y soit pesé

Par Rachel Bonham Carter

NEW YORK, 5 mai 2005 – En Éthiopie, dans les zones les plus gravement touchées, on estime qu’environ 136 000 enfants souffrent de malnutrition avancée en raison de la crise de la faim actuelle dans le pays. Les Nations Unies et leurs partenaires recherchent 320 millions de dollars pour une aide humanitaire d’urgence dans un « Appel éclair ».

« Une intervention d’urgence est indispensable pour éviter la mort de ces enfants – et il faudrait agir le plus vite possible » a déclaré Eric Durpaire, le responsable de Programme UNICEF dans la région somali, en Éthiopie.

Durant les cinq dernières années, et en particulier dans la partie orientale de la région somali du pays, une série de sécheresses ont amoindri la fertilité de la terre. Les pluies de la saison actuelle sont arrivées tardivement et ont duré peu de temps. Les anciens pâturages sont maintenant désertiques, la mort a emporté une bonne partie du bétail et la terre est d'un faible rendement pour les agriculteurs.

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Une femme est assise sur le sol boueux, à l’extérieur d’un logement de fortune, dans un camp pour personnes déplacées par la sécheresse, près du petit village de Hartisheik en Éthiopie.

Les dimensions de la  crise

Aux enfants qui souffrent actuellement de malnutrition, viennent s’ajouter 360 000 enfants qui ont besoin d’un complément alimentaire afin d’éviter que leur état ne se détériore sérieusement. Selon certaines estimations, il y aurait 3,8 millions de personnes ayant besoin d’une aide humanitaire d’urgence.

La sécheresse et la famine entravant les moyens d’existence, nombreux ont été ceux qui ont dû chercher refuge dans des camps. Un de ces camps, à Hartisheik, abrite actuellement environ 6 000 personnes. Selon l’ancien du village, 40 enfants sont morts cette année dans ce camp, qui n’a pas eu d’aide alimentaire depuis six derniers mois. L’UNICEF approvisionne bien chaque jour le camp en eau, mais c’est la nourriture qui constitue le problème le plus crucial.

Un financement obtenu grâce à l’appel des Nations Unies permettra également de s’approvisionner en médicaments et en équipement médical afin de réduire les risques de maladie. Jusqu’à présent, on a réuni 47 pour cent du total de 320 millions recherchés.

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Une petite Ethiopienne de deux ans, gravement sous-alimentée, pleure dans les bras de sa mère, le lendemain de la mort de son frère, à la suite de complications causées par la malnutrition.

Les deux types d’intervention nécessaires

Eric Durpaire, de l’UNICEF, a indiqué que l’Éthiopie avait absolument besoin non seulement d'une aide immédiate, mais aussi d’un appui à plus long terme. « Si nous n’améliorons pas la situation générale, ce problème d’urgence aiguë chronique va se poser à nouveau. Chaque fois qu’il y aura des retards dans les pluies, nous serons confrontés au même problème. »

Les centres nutritionnels thérapeutiques (CNT) jouent un rôle clé dans la crise en aidant à rétablir la santé des enfants se trouvant dans un état de malnutrition avancée. Ces centres sont appréciés car leur programme de traitement marche : au bout d'un mois, les enfants repartent chez eux en bonne santé. Mais il est nécessaire d’apporter davantage de soutien aux CNT en Éthiopie, avec la crise actuelle. Si l’on ne renforce pas ces programmes, le nombre de décès parmi ces enfants souffrant de malnutrition avancée pourrait atteindre 170 000 cette année.

Il y a des mères qui font plus de 50 Km pour présenter leurs enfants au centre de Bissidimo, afin qu’ils y bénéficient d’un traitement. En janvier, 25 enfants sont venus pour un traitement ; en février, il y en avait 50 et en mars 120. Le centre de Bissidimo travaille actuellement au maximum de ses capacités et il pourrait se trouver dans l’obligation de refuser des enfants s’il s’en présentait davantage.

Par un cruel caprice du destin, certains de ceux qui luttent pour survivre à la sécheresse ont vu ce qui leur appartenait emporté par des inondations dévastatrices – les pires qui aient touché la région somali en 50 ans. Il y a eu au total 105 000 personnes sinistrées. Outre l’aide alimentaire, ces familles ont besoin de couvertures, de bâches de plastique et de matériel pour la purification de l’eau.


 

 

Vidéo (en anglais)

5 mai 2005 :
La correspondante de l’UNICEF Rachel Bonham Carter décrit l’Appel éclair pour l’Éthiopie, lancé pour réagir face à l’accroissement du nombre d’enfants souffrant de malnutrition avancée.

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