Érythrée

En Érythrée, un programme d'éducation complémentaire remet les enfants sur le chemin de l'école

Image de l'UNICEF
© UNICEF/2010/Azmera
Zahra Ahmed, 12 ans, et ses camarades de classe écrivent des équations dans une salle de classe improvisée en Érythrée.

Par Dawit Azmera

JENGERJIBA, Érythrée, 23 novembre 2010 – Dans le cadre d'un effort continu pour assurer une éducation primaire à tous, un programme d'Éducation élémentaire complémentaire (EEC), appuyé par l'UNICEF, tente de toucher les enfants et les jeunes adultes d'Érythrée qui ont manqué la première occasion d’aller à l’école.

Le programme EEC vise en priorité les enfants âgés de 10 à 14 ans avec une attention particulière pour les filles.  

« Je sais lire et écrire »

« Les filles de cet âge sont vouées au mariage et on attend des garçons qu'ils se consacrent aux tâches sérieuses, ce qui créera un revenu supplémentaire pour le foyer, » explique Bekit Hussien, administrateur du EEC à Jengerjiba. « Grâce à la sensibilisation créée par le gouvernement, les parents ont à présent commencé à envoyer les enfants dans ce centre à partir d'endroits parfois éloignés d'une heure de marche. » 

Zahra Ahmed, 12 ans, est l'une des filles inscrites dans le niveau 1 du programme. Copiant avec application une équation inscrite sur le tableau, elle ne semble pas du tout être gênée par le fait que les classes n'ont pas de bancs. Tenant son cahier serré contre sa poitrine, Zahra dit fièrement : « À présent, je sais lire et écrire. J'écrirai une lettre quand ma mère en aura besoin. Je suis heureuse quand les professeurs nous emmènent dans l'espace réservé à la lecture pour nous lire des histoires. »

Assurer les chances

Dans tout le pays, plus de 5000 élèves sont aujourd'hui inscrits dans 57 centres scolaires EEC. La majorité d'entre eux ont été ouverts avec seulement des moyens très modestes à disposition.  

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En Érythrée, les mots suivant sont inscrits dans un coin d'une salle de classe. « Il n'y a pas de ténèbres telles que l'ignorance. »

« Il n'y a pas de bureaux et pas assez de manuels, » afffirme Saleh Omer, un enseignant recruté localement au EEC de Jengerjiba. « Il n'y a pas de toilettes ou d'eau courante au centre scolaire. Mais ces choses ne nous empêcheront jamais de conduire nos enfants vers la lumière. Nous réussirons toujours à produire des élèves aussi compétents que ceux des écoles officielles. »

Conçue pour permettre aux enfants plus âgés d'achever le programme d'enseignement primaire de cinq ans en trois années, cette méthode pourrait par la suite assurer des possibilités d'accès à une éducation de base pour tous les enfants d'Érythrée non scolarisés.

Appui de l'UNICEF

Ismael, l'un des élèves les plus brillants sur le point d'achever une éducation primaire grâce à ce programme, terminera son troisième niveau EEC cette année. Il effectue chaque jour sans se plaindre deux heures de marche pour se rendre en classe parce qu'il rêve de devenir médecin et aucune distance, même grande, ne le détournera de son but.

« Une fois, je suis allé m'occuper de ma mère qui était à l'hôpital, » raconte Ismael. « Mon oncle m'a dit que je serais [capable] de soigner les gens malades si je finissais l'école. »
Collaborant avec le ministère de l'Éducation, l'UNICEF fournit le mobilier, les matériaux et les cahiers d'exercices aux centres scolaires. Bien que les conditions soient ici difficiles, l'espoir et l'ambition résonnent bien au-delà de l'environnement difficile de Jengerjiba. En fait, inscrits dans le coin d'une classe, se trouvent les mots : « Il n'y a pas de ténèbres telles que l'ignorance. »


 

 

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