Érythrée

L’Érythrée rend hommage aux enseignantes, exemples à suivre pour les filles

Image de l'UNICEF
© UNICEF/2009/Leshomo
Des enseignantes, à Asmara, en Érythrée, montrent le certificat qui leur a été remis lors d’une cérémonie de remise de prix organisée par le Ministère de l’éducation avec le soutien de l’UNICEF.

Par Miriam Mareso et Kutloano Leshomo

Chaque année, le 8 mars, à l’occasion de la Journée internationale de la femme, le monde marque une pause pour rendre hommage aux réalisations des femmes. À l’approche du 8 mars, voici le récit d’une action visant à donner des enseignantes en exemple aux filles.

ASMARA, Érythrée, 5 mars 2009 – L’Hôtel Embasoira d’Asmara a accueilli récemment une cérémonie de remise de prix aux enseignantes, organisée par le Ministère de l’éducation avec le soutien de l’UNICEF. Cette manifestation, la première de ce type en Érythrée, a permis de rendre hommage au travail et aux réalisations durables de 12 éducatrices.

Le Représentant adjoint de l’UNICEF en Érythrée, Juan Carlos Espinola Ayala, le Responsable de l’éducation de l’UNICEF, le Dr Ikem Chiejine, le Directeur général de la recherche et du développement des ressources humaines, Petros Hailemariam, ainsi que d’autres hauts fonctionnaires assistaient à la manifestation.

Cette manifestation avait lieu dans le cadre d’une initiative du gouvernement visant à encourager les femmes à devenir enseignante, à accroître la motivation des enseignantes et à les conforter dans leur travail.

« L’encouragement des femmes à devenir enseignante et la libération de la femme sont liés. Cela dépend des possibilités que le gouvernement offre aux femmes et aux filles en matière d’éducation, » a dit M. Hailemariam.

Une étape importante dans les succès éducatifs

M. Ayala a fait l’éloge de l’engagement de ces 12 femmes dans leur rôle d’exemple tant au sein de leur école que de leur communauté et de leur famille. Il a félicité le Ministère et toutes les parties prenantes pour avoir trouvé ces enseignantes exemplaires dans un monde où les enfants sont exposés à des messages équivoques de la part  des médias – et où leurs valeurs sont souvent corrompues par des influences négatives.

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Kadra Saleh Ali, en cours élémentaire et cours moyen à l’École Tish de Debub, reçoit son certificat des mains du Représentant adjoint de l’UNICEF en Érythrée, Juan Carlos Espinola Ayala, en présence du Dr Ikem Chiejine, responsable Éducation de l’UNICEF.

« Il s’agit d’une étape importante pour le ministère de l’Éducation... dont le travail est particulièrement apprécié de l’UNICEF, dans la mesure où il a acquis une position prééminente dans un certain nombre de questions liées à la réussite éducative, » a-t-il déclaré.

Les 12 enseignantes, deux pour chacune des six régions du pays, ont reçu une attestation, un dictionnaire et un chèque de 4000-nakfa (270 dollars É.-U.) afin de monter que leur contribution aux progrès de l’Érythrée en matière éducative était appréciée.

Une procédure de sélection poussée

Le Ministère a élaboré des critères de sélection des enseignantes en collaboration avec les écoles au niveau local et avec l’UNICEF. Ces femmes ont reçu un prix sur la base de leur expérience et de l’apport exemplaire qu’elles ont fait dans leur école, leur communauté et leur famille.

Parmi les critères retenus, il y avait le soutien apporté aux élèves qui pouvaient avoir besoin d’un supplément d’attention pour parvenir à de bons résultats scolaires.

La procédure de sélection partait de la base en allant vers le sommet, avec l’intervention des élèves et celle des collègues enseignants, des directeurs d’école et des responsables de l’enseignement au niveau régional.

Combler l’écart entre les hommes et les femmes

Bien que les femmes représentent environ 50 pour cent de tous les enseignants à l’école primaire élémentaire, le pourcentage tombe à moins de 10 pour cent aux niveaux moyen et secondaire.

En revanche, à la différence de beaucoup d’autres pays, l’Érythrée accorde des salaires équivalents aux enseignants des deux sexes.

Toutefois, l’enseignement demeure encore une profession où les hommes ont une place prépondérante. Cet écart entre les hommes et les femmes a généralement pour cause une inégalité d’accès à l’enseignement au détriment des filles – surtout dans certaines régions – et des obstacles socioculturels complexes qui incitent les filles à abandonner leurs études avant d’avoir achevé leur cycle scolaire.

« Je suis très fière »

Soucieux d’apporter des solutions à long terme à ces problèmes, l’UNICEF accorde son soutien au travail du Gouvernement érythréen en matière d’égalité entre hommes et femmes dans l’éducation, tant au niveau des élèves que des enseignants. Outre ces nouveaux prix décernés aux enseignantes, il existe d’autres stratégies appuyées par l’UNICEF et mises en œuvre par le ministère afin de parvenir à l’égalité des sexes dans l’éducation, notamment :

  • une formation des enseignants axée sur le développement professionnel des enseignantes ;
  •  une sensibilisation et une mobilisation de la communauté en faveur de l’éducation des filles ;
  • des incitations visant à faire accéder à l’éducation les filles venant de communautés défavorisées et à empêcher qu’elles abandonnent l’école ;
  • un enseignement complémentaire donné aux enfants ayant dépassé l’âge, non scolarisés, axé également sur les filles.

Les prix récemment accordés ont été bien accueillis par les enseignantes. L’une de celles qui ont été distinguées, Tsehainesh Hagos Hailu, de l’école élémentaire Medeber, a déclaré que ce prix l’inciterait à travailler encore plus dur.

« Cela me donne l’opportunité de faire le maximum à l’avenir », a-t-elle dit. « Je suis très fière de moi, de mon pays, de mon ministère et de l’association des enseignants. »


 

 

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