Égypte

La campagne pour l'éducation à l'hygiène a pour but de lutter contre la grippe aviaire en Egypte

Image de l'UNICEF
© UNICEF Egypt/2007
Intisar Abdel Aleem, un agent sanitaire égyptien, utilise un tableau à feuillets mobiles pour expliquer les mesures d’hygiène à prendre afin d’éviter une infection par le virus de la grippe aviaire.

Par Simon Ingram

Une jeune fille du Caire âgée de 15 ans est devenue la trente-quatrième personne en Egypte à être diagnostiquée avec la grippe aviaire selon des informations rapportées par les médias. Jusqu’à présent, 13 Egyptiens ont été tués par le virus. Voici un point sur les mesures en cours destinées à prévenir l’infection de grippe aviaire chez les humains. 

MARAZIQ, Egypte, 9 avril 2007 – Pour les habitants du village de Maraziq, situé à environ trente kilomètres au sud du Caire, élever des poulets et des canards est une chose normale de la vie quotidienne.

«Ici à la campagne, la volaille c’est important, explique Dawlet Salem, mère de cinq enfants adultes et grand-mère. Si nous élevons des poulets ou des canards ou des oies, c’est pour éviter d’avoir à acheter de la viande ou de la volaille chez les commerçants. Cela fait vivre la famille car nous pouvons vendre la volaille ou les œufs.» 

Mais depuis le début de cette année, il est rare de voir des poulets à la recherche de nourriture dans les rues ou les ruelles poussiéreuses de Maraziq. Les canards ont disparu des eaux troubles du petit canal qui coule près du domicile de Dawlet Salem.

Au mois de janvier, les responsables locaux de la santé ont découvert la carcasse d’un poulet mort. Suspectant l’apparition du virus mortel H5N1 de la grippe aviaire, ils ont alors ordonné l’abattage immédiat de toute la volaille domestique dans un rayon d’un kilomètre.

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Dans le village de Maraziq, au sud du Caire, Wafaa Ibrahim, qui s’apprête à aller nourrir ses canards, porte des vêtements destinés à la protéger.

Protection de la santé d’une famille

«Les gens ont dû abattre toute la volaille qu’ils possédaient, se souvient Dawlet Salem. Les poulets, les oies, tout…. Et aujourd’hui tout le monde a peur d’élever de la volaille, quelle qu’en soit l’espèce.»

La belle-fille de Dawlet Salem, Wafaa Ibrahim, s’est débarrassée de presque toute sa basse-cour mais a conservé quelques poulets et canards qu’elle a réussi à faire vacciner. 
«J’ai pour la première fois entendu parler de la grippe aviaire à la télévision quand on a signalé des cas dans des pays étrangers, raconte Wafaa Ibrahim. Puis quand j’ai entendu qu’elle était arrivée en Egypte, j’ai commencé à prendre de moi-même des précautions. Par exemple, garder la volaille à distance sur le toit et m’assurer que les enfants ne s’en approchaient pas.»

Ces précautions étaient raisonnables mais en elles-mêmes insuffisantes. Quand Wafaa Ibrahim a reçu la visite d’un agent sanitaire local, elle a dû prendre immédiatement des mesures supplémentaires.

Maintenant, elle se couvre la bouche et le nez avec un foulard quand elle s’approche de la volaille pour la nourrir. Elle entre dans les cages seulement après avoir mis des pantoufles et des vêtements qu’elle n’utilise que pour cela. Quand elle a terminé, elle se lave les pieds et les mains dans un seau avec un désinfectant.

Des cours pour accroître la sensibilité au problème

Intisar Abdel Aleem, l’agent sanitaire, hoche la tête pour approuver les mesures prises par Wafaa Ibrahim.

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Documentation utilisée en Egypte pour la campagne de sensibilisation à la grippe aviaire soutenue par l’UNICEF.

«Quand je parle avec les familles qui élèvent de la volaille, je tente de les rassurer autant que possible, dit-elle. Je leur explique : «N’abattez pas votre volaille. Continuez à l’élever mais suivez nos consignes parce qu’elle protègeront votre santé.»

Les cours de sensibilisation au problème qu’anime Intisar Abdel Aleem font partie d’un programme soutenu par l’UNICEF en partenariat avec le Ministère de la Santé et de la Population et avec l’ONG suisse Terre des Hommes. Des tableaux à feuilles mobiles et d’autres accessoires simples sont utilisés pour montrer, par exemple, comment se débarrasser en toute sécurité des volatiles morts ainsi que l’importance de l’hygiène dans la préparation de la volaille lorsqu’elle va être consommée.

Les femmes et les filles sont le public principalement visé parce que, dans la plupart des foyers, ce sont elles qui sont chargées de s’occuper de la volaille.

L’information est capitale

Les élèves des écoles sont également visés en priorité par la campagne d’éducation sur la grippe aviaire. A l’école primaire Salah Salem du gouvernorat de Daqalaya, des messages sur le danger qu’il y a à approcher des oiseaux malades ainsi que d’autre informations sont intégrés dans les cours de tous les jours.

«Je sais que la grippe aviaire est transmise par l’intermédiaire des oiseaux migrateurs, affirme Ahmed Salah, 10 ans. Si une personne manipule des oiseaux, elle doit ensuite se laver soigneusement les mains.»

L’élevage et le commerce de la volaille vivante sont tellement importants parmi les communautés situées en amont et en aval de la Vallée du Nil qu’on considère comme inutile de les persuader de renoncer à cette activité. Mais, tandis que de nouveaux cas d’infections humaines continuent à faire leur apparition, l’importance d’encourager les gens à se protéger eux-mêmes contre un virus potentiellement mortel n’a jamais autant été si vivement ressentie.


 

 

Vidéo (en anglais)

Mars 2007 :
Simon Ingram de l'UNICEF parle des efforts pour faire prendre conscience du virus de la grippe aviaire potentiellement mortel en Egypte.
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