Équateur

L’Équateur entreprend l’éradication du travail des enfants

Image de l'UNICEF
© UNICEF video
Un inspecteur du travail interroge un enfant qui travaille dans une ferme faisant de la floriculture.

Par Mario Diaz et Christian Mejia

QUITO, Équateur, 13 avril 2005 – À la suite d’un rapport défavorable de Human Rights Watch de 2002, le Gouvernement équatorien a donné suite à son engagement de traiter le problème – qui s’aggrave – du travail des enfants dans le pays. En 2004, le Ministère du travail a constitué des équipes d’inspecteurs afin d’effectuer des contrôles sur les lieux de travail dans 22 provinces du pays et a poursuivi le renforcement de son système de surveillance nationale.

Avec le soutien de l’UNICEF, de l’Organisation internationale du Travail et des administrations locales, les équipes effectuent à présent des inspections de routine dans des lieux tels que des fermes faisant de la floriculture et les bananeraies, où se pratique l’essentiel du travail des enfants.

Conformément à la loi, ils sont tenus d’interdire le travail de tout enfant de moins de quinze ans ou de tout adolescent travaillant plus de six heures par jour. Ils ont également pour mission de s’assurer que les conditions de travail ne sont pas dangereuses ou insalubres pour les enfants.

Depuis la nomination d’inspecteurs en avril 2004, des centaines d’enfants ont été retirés de leur lieu de travail.

«  Cette inspection a un champ d’application plus large que l’interrogation de l’enfant travailleur. Elle porte également sur tout ce qui concerne le lieu de travail : la santé, la politique en matière de travail, l’environnement social et d’autres questions de ce type », explique Monica Suarez, qui a rédigé le manuel d’inspection utilisé.
D’après le rapport de Human Rights Watch, on trouve des enfants équatoriens de huit ans seulement qui travaillent dans des bananeraies et dans des centres de conditionnement, où ils sont exposés à des pesticides toxiques et où ils doivent utiliser des couteaux affilés. Souvent, ces enfants ont un emploi précaire et ils n’osent pas s’organiser de peur d’être jetés dehors.

« L’éradication du travail des enfants ne dépend pas seulement des pouvoirs publics, mais il nous faut également discuter avec le propriétaire de l’usine, les hommes d’affaires et tout le secteur privé » déclare le directeur de l’inspection du Ministère du travail, Bladimir Cordoba.
Même si les programmes gouvernementaux ont obtenu des résultats positifs, les progrès se sont révélés lents. Selon l’UNICEF, six pour cent des enfants équatoriens entre cinq et 14 ans travaillent sous une forme ou sous une autre. Par exemple, l’Équateur est l’exportateur de bananes le plus important du monde : afin de maintenir de faibles coûts de production et de rester compétitifs, les planteurs ont souvent recours au travail des enfants.

La Constitution de 1998 appelle spécifiquement à une protection des enfants équatoriens, sur les lieux de travail, contre l’exploitation économique ou contre des conditions susceptibles de les gêner dans leur développement personnel ou leur éducation. Toutefois, le gouvernement n’a commencé à appliquer ces dispositions que l’an dernier, après avoir été menacé de sanctions par les États-Unis.

« Les enfants restent vulnérables. C’est la raison pour laquelle les entreprises du pays sont invitées à adopter des codes de bonne conduite garantissant que ni elles ni leurs sous-traitants n’emploieront des enfants dans des conditions qui violent les droits de ces derniers. Il faut élaborer des politiques sociales tenant compte de l’intérêt des enfants et instaurer des mesures de protection de cet intérêt », déclare le Représentant de l’UNICEF en Équateur, Paul Martin.

Ces nouvelles initiatives ne peuvent fonctionner que si les enfants retirés du lieu de travail cessent effectivement de travailler. L’UNICEF cherche également à sensibiliser les populations et à fournir un soutien – en matière d’éducation, de santé et d’orientation des parents – permettant aux enfants de ne pas retourner au travail.


 

 

Vídeo (en anglais)

Décembre 2004:
Le correspondant de l’UNICEF, Christian Mejia, suit des inspecteurs, chargés de la surveillance du travail des enfants, lors du contrôle d’une ferme pratiquant la floriculture à Quito.

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