République démocratique du Congo

En RD du Congo, l'UNICEF épaule les opérations destinées à briser l’engrenage de la polio

Image de l'UNICEF
© UNICEF RD du Congo/2011
Le fils d'Izika, 2 ans, a contracté la polio à Popokabaka, en RD Congo. Elle est décidée à ce que son autre fils subisse toutes ses vaccinations.

KINSHASA, République démocratique du Congo, 20 décembre 2011 - « Qui cultive l'ignorance récoltera la maladie ! » Tels étaient les derniers mots d'un sketch joué à Popokabaka dans le cadre d'une récente campagne contre la polio lancée pour faire face à la flambée de polio cette année dans le pays.

Après avoir été exempt de polio pendant cinq ans, le pays a été réinfecté en 2006 et, depuis, l’engrenage tourne. Cette année, quatre-vingt-huit cas ont été rapportés.

Au cours des dernières années, la République démocratique du Congo a eu le taux de cas de polio le plus élevé avec le Pakistan et le Tchad. 

« C'est une cruelle expérience »

« Nous ne voyons pas de solution pour lui », dit Izika, 18 ans et mère de deux garçons. Son aîné, Mabatu, 2 ans, a eu la polio en juillet, une situation qui dépasse complètement la famille.

« Ni mon mari ni moi-même ne sommes à la maison pendant la journée. Il travaille dans les mines de diamants de l'autre côté de la frontière, en Angola, et je cultive du manioc dans la forêt », explique Izika.

Depuis que Mabatu a été infecté par le virus de la polio, il est incapable de mouvoir ses bras et ses jambes. Izika a juré de protéger son autre fils. « C'est une cruelle expérience, dit-elle, son frère ne manquera jamais plus une campagne contre la polio ».

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© UNICEF RD du Congo/2011
À Popokabaka, en RD Congo, une femme reçoit une marque sur le bout des doigts qui montre qu'elle a bien été vaccinée contre la polio.

Agir ensemble contre une maladie sans frontières

Il reste que la couverture vaccinale de routine est insuffisante. En plus d'une mauvaise hygiène et de migrations fréquentes entre la République démocratique du Congo et son voisin l'Angola, c’est une des raisons majeures de la récente flambée de polio dans cette région.

Popokabaka et la province angolaise voisine de Uige partagent de nombreuses similarités : une infrastructure routière et sanitaire insuffisante, une faible couverture vaccinale et de grandes distances entre les habitations privées et les dispensaires, autant de facteurs contribuant au maintien de la polio. Les deux provinces sont séparées par le fleuve Kwango mais elles sont unies dans leurs efforts pour protéger les enfants de ce virus qui entraîne la paralysie.

« Indépendamment des frontières, tous les enfants ont le même droit de grandir en bonne santé. Notre responsabilité est de soutenir les parties prenantes dans leurs efforts pour faire de ce droit une réalité », affirme la représentante de l'UNICEF dans le pays, Barbara Bentein.

Selon l'Enquête en grappes à indicateurs multiples du pays (MICS IV), seulement 42 pour cent des enfants congolais de 12 à 23 mois sont intégralement vaccinés contre les principales maladies infantiles. Des progrès ont été accomplis au cours des dix dernières années mais trop d'enfants ont été laissés pour compte. Alors que 58 pour cent des enfants du quintile supérieur sont intégralement vaccinés, seulement 38 pour cent des enfants du quintile inférieur le sont.

Un scénario similaire existe de l'autre côté de la frontière. Seulement 57 pour cent des Angolais ont accès à un assainissement correct et seulement la moitié bénéficie de sources d'approvisionnement en eau de bonne qualité. L'Angola a enregistré 33 cas de polio en 2010 et cinq en 2011.
 
« La polio se moque de la frontière et notre intervention doit se faire des deux côtés », explique le représentant de l'UNICEF en Angola, Koenraad Vanormelingen. « Alors que nous entrons dans la saison des pluies, nous continuerons à appuyer la coordination entre nos pays pour parvenir auprès de chaque enfant avec le vaccin, des deux côtés de la frontière ».


 

 

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