République démocratique du Congo

En République démocratique du Congo, la seconde phase d’une campagne nationale contre la polio cible plusieurs millions de personnes

Par Cornelia Walther

KALÉMIE, République démocratique du Congo, 2 juin 2011 – Un mois après la fin de la première phase des Journées nationales de vaccination 2011, une nouvelle campagne de cinq jours du gouvernement – appuyée par l’UNICEF, l’OMS (Organisation mondiale de la Santé) et de multiples partenaires – a été organisée pour vacciner plus de 12 millions d’enfants de moins de cinq ans.

VIDÉO : 2 juin 2011 – Le reportage de l’UNICEF sur les efforts qui se poursuivent en République démocratique du Congo pour vacciner enfants et adultes contre la polio.  Regarder dans RealPlayer

 

Lançant la deuxième phase de la campagne, Victor Makwenge Kaput, le ministre de la Santé a déclaré que la République démocratique du Congo (RDC) avait les moyens d’éradiquer le virus. « Notre pays n’a pas le droit à l’échec en ce qui concerne la polio », a-t-il affirmé.

Depuis le mois de janvier, 50 cas du virus sauvage de la polio ont été signalés en RDC – dont huit cas dans le Territoire de Kalémie ; la région a été choisie pour le lancement symbolique de cette campagne en raison de la forte résistance que la première tournée de vaccination antipolio avait rencontrée dans la population.

Pour cette nouvelle phase, une campagne de mobilisation massive a été mise en oeuvre en liaison avec une coopération systématique des groupes religieux. Les vaccinations ont été accompagnées de distribution de vitamine A qui joue un rôle important dans le renforcement de l’immunité à la polio.

Image de l'UNICEF
© UNICEF DR Congo/2011/Walther
Le ministre de la Santé, Victor Makwenge Kaput, administre lui-même le vaccin oral antipolio à une petite fille lors du lancement de la campagne qui vise à vacciner des millions d’adultes et d’enfants en RDC.

Mettre fin aux épidémies de polio

« Je ne manquerai plus jamais une occasion de profiter d’une vaccination. Je savais que la polio existe, mais cela semblait un danger lointain », dit Kyeusi Ngoy, 30 ans. Sa fille cadette âgée d’un an, Faila, a été diagnostiquée avec la polio il y a cinq mois, un des premiers cas de cette année. Mme Ngoy a maintenant fait vacciner ses trois autres enfants au cours de la campagne menée par des équipes de vaccination mobiles.

« Nous comptons le nombre d’enfants dans le ménage et nous le notons sur la porte avant le début de la campagne », explique Aloma Shabani Crispin qui fait partie d’une équipe mobile qui opère dans la zone de santé de Kalémie. « Nous en profitons pour expliquer aux parents les raisons pour lesquelles ils doivent faire vacciner leurs enfants ».

Au cours des trois jours de la campagne, il a visité une moyenne de 300 ménages par jour, se déplaçant à pied sous un soleil brûlant. « Je suis congolais, c’est donc mon devoir de faire quelque chose pour protéger les enfants de mon pays », explique-t-il.

Image de l'UNICEF
© UNICEF DR Congo/2011/Walther
La représentante de l’UNICEF en RDC, Pierrette Vu Thi, inscrit le nombre d’enfants vaccinés sur la porte de la première famille qui a bénéficié de la deuxième campagne de vaccination contre la polio menée cette année.

Pendant cette seconde phase de la campagne, plusieurs milliers d’équipes mobiles de vaccination ont visité maisons, écoles et marchés à travers tout le pays. Dans la capitale Kinshasa, deux journées supplémentaires avaient été prévues afin de couvrir la totalité de la population en réponse à l’apparition de plus en plus fréquente de la polio parmi les adultes qui s’y manifeste.

Déclarée exempte de poliomyélite pendant plusieurs années, la RDC doit combattre depuis 2006 une réapparition du virus. L’année dernière, 100 cas ont été signalés. Grâce à des efforts renouvelés, les provinces de Bandundu et du Kasaï occidental – épicentres de l’épidémie de 2010 – n’ont reporté aucun cas cette année.

Les lacunes de la couverture de vaccination sont la cause de la récente résurgence et de la propagation de la polio en RDC ; elles sont elles-mêmes le produit de l’insuffisance des vaccinations de routine, conséquence directe du manque d’informations parmi les familles et des faiblesses des services sanitaires au niveau des communautés.

Vacciner village par village

Kalémie est une illustration du cycle qui lie prévention des épidémies, services sanitaires de base, salubrité de l’eau, assainissement et comportements hygiéniques; ce Territoire situé dans le District du Tanganyika n’est pas seulement un foyer pour la polio, il compte également un nombre croissant d’enfants touchés par la rougeole. De plus, le choléra est endémique dans la région et plusieurs dizaines de cas apparaissent chaque année.

Les mouvements de populations entre les différents pays et à l’intérieur des provinces elles-mêmes, le manque de ressources sanitaires et l’accès difficile à certaines zones exacerbent les problèmes. « Tous les enfants ont le même droit à la santé. Quel que soit l’endroit où ils sont nés. Nous avons une responsabilité commune de faire de ce droit une réalité », déclare Pierrette Vu Thi, la représentante de l’UNICEF en RDC.


 

 

Recherche