République démocratique du Congo

Une campagne sans précédent pour distribuer des moustiquaires en République démocratique du Congo

Image de l'UNICEF: DR Congo, Bed nets
© UNICEF video
Des ouvriers chargent des moustiquaires imprégnées d’insecticide sur des barges amarrées sur le fleuve Congo, à Kinshasa, RDC. Les moustiquaires seront distribuées dans les régions reculées du pays.

Par Eva Gilliam

KISANGANI, République Démocratique du Congo, 1er octobre  2009 – Le fils de Mikala Mobanda, 4 ans, a de la fièvre et peu d’appétit depuis quelques jours. Il est léthargique et se plaint de douleurs. Dans cette zone de la Province Orientale, en République démocratique du Congo – une région où le paludisme est endémique et où la plupart des enfants le contractent – le diagnostic ne fait guère de doute.

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L’enfant est soumis à des tests et soigné avec des médicaments contre le paludisme. Il devrait aller mieux dans une semaine. Malheureusement, il y a de fortes chances pour qu’il revienne au centre de santé d’ici un mois.

Les experts de santé estiment qu’en RDC, tout enfant de moins de cinq ans subira entre 6 et 10 crises de paludisme par an. Ceci équivaut à plus de 90 millions d’épisodes, voire plus, chaque année. On estime à près de 180 000 le nombre d’enfants congolais qui meurent de cette maladie chaque année, et beaucoup d’autres se retrouvent orphelins lorsque la maladie tue leurs parents après les avoir affaiblis.

Le problème de la prévention

Dans des régions comme la Province Orientale, les hôpitaux locaux et les centres de santé tentent d’endiguer ce flot constant de paludisme.

Léon Faliala, infirmier au centre d’Umoja dans les faubourgs de Kisangani, capitale de la Province Orientale, soigne tous les jours beaucoup de patients. Il dit que les efforts en matière de prévention sont nécessaires mais difficiles à déployer.

Image de l'UNICEF: DR Congo, Mosquito nets
© UNICEF DR Congo/2009
Des barges chargées de moustiquaires se préparent à quitter Kinshasa pour Kisangani, dans le cadre d’une large campagne de distribution de moustiquaires contre le paludisme partout en RDC.

« Nous essayons d’encourager les gens à utiliser les moustiquaires et à se débarrasser de l’eau stagnante chez eux, mais c’est difficile,” dit Mr Faliala. « Il faut payer les moustiquaires, et en période de pluies, qui peut contrôler l’eau ? ».

« Une vaste campagne »

Avec la saison des pluies qui commence dans quelques jours,  l’UNICEF, épaulé par des partenaires comme l’UNITAID et le Programme alimentaire mondial, se mobilise pour la distribution de quelque 5,5 millions de moustiquaires en RDC. Chacune a été traitée avec des insecticides qui peuvent aider à diminuer les risques de contracter le paludisme pour la personne qui dort dessous pendant la nuit. L’opération espère équiper chaque foyer de trois moustiquaires.

« C’est un moment émouvant pour nous, » dit Pierrette Vu Thi, représentante de l’UNICEF en RDC. « C’est une vaste campagne, qui pose de gros problèmes de logistique, et maintenant elle est lancée. »

Des défis en terme de logistique

Le 18 septembre, huit péniches massives ont quitté Kinshasa pour les provinces Orientale et de Maniema, avec  environ 2,2 millions de moustiquaires à leur bord. Mais la distribution pose un vrai problème de logistique. La province Orientale, à elle seule, est grande comme l’Espagne mais n’a que peu de routes.

« La météo est un facteur important, » affirme Pierre Singa, marin congolais qui aide à faire remonter les barges sur le fleuve. « On peut avoir des pannes, chavirer ou même couler ».

L’UNICEF et ses partenaires sur place se préparent à travailler au niveau des foyers pour s’assurer que les moustiquaires seront bien distribuées et correctement utilisées une fois déchargées à Kisangani.

« La mission en vaut la peine »

Même si les moustiquaires traitées ne peuvent pas complètement éradiquer le paludisme, elles diminueront nettement les risques pour les enfants. On sait qu’en faisant dormir les enfants sous une moustiquaire et en s’assurant qu’elle est utilisée comme il le faut, on peut sauver chaque année la vie de 6 enfants sur 1 000 qui dorment sous une moustiquaire.

« Nous avons le sentiment que cette mobilisation et distribution de moustiquaires peuvent faire la différence », constate Mme Vu Thi.

« La mission en vaut la peine, » ajoute Mr Singa. « Je sens que je fais quelque chose pour mon peuple, en l’aidant à lutter contre le paludisme. »


 

 

Vidéo (en anglais)

18 septembre 2009:
Eva Gilliam de l’UNICEF présente la campagne de distribution de millions de moustiquaires partout en RDC.
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