République démocratique du Congo

La faiblesse des taux de scolarisation incitent à investir davantage dans l'éducation en République démocratique du Congo

Image de l'UNICEF
© UNICEF DRC/2009/ Marinovich
Marie Rose Mbimba is the headmistress of EP1 school in Kinsasha, where low enrolment and completion rates for children are often tied to the financial hardships of their parents

Par Shantha Bloeman

La Directrice générale de l'UNICEF Ann M. Veneman se trouve pendant cinq jours en République démocratique du Congo pour évaluer la situation des femmes et des enfants dans ce qui est largement considéré comme la pire crise humanitaire en Afrique. On trouvera ci-dessous le premier d'une série de reportages sur le sujet.

KINSASHA, République Démocratique du Congo, 1er septembre 2009 – Les taux de fréquentation scolaire bas continuent d'affliger les écoles de la République Démocratique du Congo, affectant défavorablement le développement du pays.

Les taux bruts d'inscription à l'école primaire sont extrêmement bas. Selon les dernières données, la moitié de l'ensemble des enfants ne va pas à l'école. Ce sont les garçons qui sont le plus concernés et seulement la moitié d'entre eux atteindra la cinquième année d'école.

Marie Rose Mbimba, la directrice de l’école primaire (EP1) d’Inkisi à Kinshasa est bien consciente du problème. Au début de l'année scolaire, son école avait 754 élèves. A peine trois mois plus tard, seulement 516 d'entre eux étaient encore inscrits.

« Le problème vient des difficultés financières auxquelles sont confrontés les parents, » explique Marie Rose Mbimba. « Ils ne peuvent faire face aux frais de scolarité alors que beaucoup d’entre eux sont sans emploi. »

Les frais de scolarité une lourde charge

Actuellement, le gouvernement de la République démocratique du Congo alloue autour de 8 pour cent de son Produit intérieur brut au soutien de l’éducation, ce qui est insuffisant pour couvrir les frais d'entretien du système éducatif sur l’ensemble du pays. Le reste du financement  pèse donc lourdement sur les parents, à qui l’on demande de payer une moyenne de 65 dollars par an, par enfant, pour compléter les salaires des enseignants, les dépenses de maintenance et autres coûts d'exploitation scolaire.

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© UNICEF DRC/2009/ Marinovich
UNICEF is also provides textbooks, copy books, writing boards and desks to help improve conditions in classrooms across DR Congo.

En moyenne, une famille congolaise typique gagne seulement 140 dollars par an, aussi ces coûts scolaires ne permettent pas aux parents d’envoyer tous leurs enfants à l'école.

Les enseignants eux mêmes ont beaucoup de mal à scolariser leurs propres enfants. Marie Clarence Malala enseigne en sixième année du primaire à l’école EP1 et gagne par mois un salaire qui couvre à peine ses besoins de subsistance. L’un des quatre enfants de Marie Clarence a récemment abandonné l’enseignement secondaire. Elle enseigne à l’EP1 depuis près de 25 ans et a souvent vu les difficultés financières éloigner les enfants de l’école.

« Un garçon se lève à cinq heures du matin et travaille dans une boulangerie » dit-elle. « Après cela, Il rentre à la maison pour donner le pain à sa mère pour qu’elle le vende, et ensuite il va à l’école. »

Un mouvement pour abolir les frais de scolarité
 

Une coalition d'organisations organise un mouvement pour la suppression des droits de scolarité à travers l'Afrique afin quele droit à  l'éducation de chaque enfant soit respecté.
« Les enfants sont l’avenir d’un pays, et je pense que dans beaucoup de pays il faut mener un rude combat pour convaincre les gouvernements qu'investir dans leurs enfants c’est investir pour l'avenir, » déclare la représentante de l’UNICEF en RD du Congo, Pierrette Vu Thi.

Mme Vu Thi ajoute que l’UNICEF plaide auprès du gouvernement en faveur de l’abolition des frais de scolarité, mais les impératifs budgétaires n'ont jusqu'à présent pas permis de surmonter ces difficultés. « Nous n'avons de cesse de plaider cette cause, et lentement mais surement nous faisons des progrès, » dit-elle.

L'UNICEF a fournit des manuels, des cahiers, des ardoises et des pupitres pour améliorer les conditions d'enseignement dans les salles de classe à 25 000 écoles primaires dans toute la République démocratique du Congo, dont l’école EP1 d’Inkisi. L’UNICEF forme également les professeurs et leur fournit du matériel pédagogique.


 

 

Vidéo (en anglais)

Le reportage de la correspondante de l'UNICEF Natacha IKOLI  sur la crise de l'éducation en République démocratique du Congo.
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