République démocratique du Congo

Dans l’est de la RD du Congo, près de 250 000 personnes fuient les attaques d’un groupe de rebelles rwandais

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© UNICEF/NYHQ2009-0187/Kavanagh
Ces dernières semaines, des milliers de familles congolaises ont fui les attaques menées par les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda, un groupe de rebelles rwandais hutus.

NEW YORK, Etats-Unis, 13 avril 2009 – Depuis janvier 2009, plus de 250 000 personnes ont fui la province du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, un exode qui a considérablement aggravé la situation humanitaire des enfants et des familles dans cette zone. Plus de 800 000 Congolais restent déplacés après deux années de conflit dans cette province.

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En janvier et février, les forces armées congolaises et rwandaises ont mené ensemble une opération militaire dans le Nord-Kivu contre une milice rwandaise hutue, les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR). Les dirigeants de cette milice accusés d’avoir pris part au génocide au Rwanda en 1994, se sont enfuis dans l’est de la RD du Congo et se sont emparés par la force de vastes territoires et de ressources considérables.

Au début, l’opération commune menée contre les FDLR semblait porter ses fruits.  Plus de 350 000 Congolais déplacés ont pu rentrer dans leurs foyers pour la première fois depuis des mois, voire des années.  Mais depuis la fin des opérations, les rebelles sont retournés dans les zones du nord et du centre du Nord-Kivu, s’en prenant aux civils et attaquant les convois d’aide humanitaire et les organisations non gouvernementales. Des centaines de personnes on péri.

Attaque à la machette
A l’Hôpital "Heal Africa" de Goma, Nyirazibera Nyiyosenga, 27 ans, a toujours du mal à parler. En février, elle a été attaquée par un membre de la milice rebelle qui était venu se venger contre des villageois accusés d’avoir collaboré à l’opération conjointe. Des sécrétions continuent de suinter de sa blessure à la tête provoquée par un coup de machette; elle a perdu tout mouvement sur le côté gauche de son corps.

« Si les nerfs du cerveau ne se rétablissent pas, elle restera paralysée, constate le directeur de l’infirmerie de "Heal Africa", Papy Boendi. « Elle ne pourra pas aller aux champs et il lui sera difficile de s’occuper de ses enfants ».

En République démocratique du Congo, les femmes s’occupent de la majorité des corvées domestiques et des travaux aux champs, en plus des enfants de la famille.

Des enfants tués
Mutawera Shimani, 38 ans, du district de Ziralo, s’est enfui dans un camp dans le Sud-Kivu avec des centaines d’autres personnes après que son village eut été attaqué par la milice. « J’étais assis chez moi quand les FDLR sont arrivées, dit-il, j’ai entendu les coups de feu, j’ai vu mes enfants touchés par des balles, et je les ai vu mourir. »

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Nyirazibera Nyiyosenga, 27 ans, a été blessée d’un coup de machette porté par un soldat du FDLR. Elle ne peut bouger la partie gauche de son corps et a été incapable de parler pendant 10 jours après l’agression, début février.

Deux des cinq enfants de M. Mutawera ont péri dans l’attaque et il ne sait pas si son fils aîné est mort ou vivant. Il ne l’a pas vu depuis ce jour-là.

Dans toute la province, les agents humanitaires signalent des milliers d’histoires similaires. Dans le territoire de Lubero, où la violence atteint son paroxysme, on dit que les FDLR arrêtent les autocars pour exécuter les chauffeurs et incendier les véhicules.

Une situation « fluide et volatile »
A cause de la recrudescence de la violence, les groupes d’aide humanitaire ont de plus en plus de mal à atteindre les personnes qui se déplacent et à évaluer leurs besoins.

Dans de nombreux camps pour personnes déplacées, les rations alimentaires ont été diminuées pour encourager les gens à rentrer chez eux, mais il semble bien que cela ait été prématuré. Alors qu’une partie du Nord-Kivu retrouve le calme, une autre s’embrase, et de nouveaux civils meurent, sont blessés, et souffrent.

Le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon a estimé que la situation au Nord-Kivu était « fluide et volatile » et a demandé à la communauté internationale de continuer à suivre la situation.


 

 

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Mars 2009 : Michael Kavanagh,  correspondant radio pour l’UNICEF, présente la situation des familles déplacées par les représailles de groupes rebelles dans le Nord-Kivu (RDC) ces dernières semaines.
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