République démocratique du Congo

En République démocratique du Congo, des parents se portent bénévoles pour contribuer au combat contre le VIH/SIDA

Image de l'UNICEF
© UNICEF DRC/2008/Serges
Des enfants de la RDC touchés par le VIH et le SIDA la main dans la main avec un membre du personnel de l’UNICEF.

Par Fatoumata Thiam Diallo

KINSHASA, République démocratique du Congo, 20 octobre 2008 – Il y a trois ans, Bella, née en République démocratique du Congo, est revenue d’Ouganda dans son pays. Malade depuis presque un an, elle a décidé d’aller de faire une visite à l’un des centres de dépistage du VIH de Kinshasa.

“J’étais malade la plupart du temps et je ne comprenais pas pourquoi, raconte-t-elle, je prenais sans cesse des médicaments et des analgésiques, mais je continuais à perdre du poids. Je suis passée de 70 à 28 kilos. Je savais que j’étais mourante.”

Bella et sa fille de cinq ans ont été testées séropositives. Elle dit aujourd’hui qu’elle était si malade et désespérée qu’elle n’attendait plus que la mort. Un jour, un voisin lui a parlé de l’Hôpital pédiatrique Kalembe-Lembe de Kinshasa.

A cet hôpital soutenu par l’UNICEF et qui reçoit aussi de l’aide de la Fondation Clinton et d’autres partenaires, Bella a obtenu des suppléments nutritionnels, des médicaments antirétroviraux pour elle et sa fille et un soutien psychologique.

 « Revenue des portes de la mort »

« Je n’arrivais pas à croire qu’en seulement quelques semaines je puisse aller aussi mieux et reprendre du poids, se rappelle Bella qui pèse aujourd’hui 60 kilos. J’ai alors rejoint un groupe de bénévoles pour pouvoir aider autrui. Je voulais faire partie de l’équipe des donneurs d’espoir.”

Les  « donneurs d’espoir » sont des parents eux-mêmes touchés ou infectés par le VIH. Ils font du bénévolat à l’hôpital, participent à des sessions de soutien psychologique, font des visites à domiciles et apportent à d’autres familles affectées par le VIH un soutien médical, psychologique et nutritionnel.

Quand on lui demande pourquoi elle fait partie de ce groupe, une autre bénévole, Vivi, sourit et répond : “Je ne suis pas moi-même infectée, mais je m’occupe de la fille de ma sœur, qui est infectée. Elle et son mari sont morts il y a quelques années quand leur fille n’avait que huit ans. Un jour, elle est tombée gravement malade et on m’a conseillé de lui faire passer des tests ».

« Je croyais vraiment qu’elle allait mourir si jeune, continue Vivi. Je priais continuellement pour elle. Après seulement quelques jours de traitement, elle a commencé à aller mieux et à reprendre du poids. Aujourd’hui, elle a 12 ans et elle va bien. Elle est revenue des portes de la mort ».

Il reste du travail à faire

Environ 3,2 % des Congolais et des Congolaises vivent avec le VIH. Et étant donné l’instabilité qui prévaut à la suite de la guerre civile des années 1990, les femmes sont victimes de violences sexistes qui les rendent plus vulnérables aux virus.

En 2005, sur le 1,3 million de personne infectées par le VIH en RDC, environ 100 00 étaient des femmes enceintes.

L’UNICEF est l’institution chef de file dans les domaines de la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant, du traitement pédiatrique du VIH/SIDA ainsi que des soins et du soutien aux orphelins et aux autres enfants vulnérables.

Mais en 2007, les rapports du programme national de lutte contre le SIDA indiquent q’un travail énorme reste à faire. Bien que 30 %  des districts  sanitaires du pays soient dotés de services intégrés de prévention de la transmission mère-enfant (PTME), de nombreuses femmes testées pour le VIH ne se présentent pas pour obtenir leurs résultats ; et alors qu’on estime à 90 000 le nombre de femmes enceintes séropositives qui ont besoin d’antirétroviraux pour prévenir la transmission à leur enfant, seules 34 000 d’entre elles reçoivent un traitement.

Le présent article est basé sur un reportage effectué par Fatoumata Thiam Diallo.


 

 

Campagne contre le SIDA

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