République démocratique du Congo

Au Nord-Kivu, les enfants déplacés sont particulièrement exposés à la maladie et au recrutement par les groupes armés

Image de l'UNICEF: DR Congo, displaced and vulnerable children
© UNICEF DR Congo/2007/ Harneis
Des enfants du camp de Mugunga près de Goma au Nord-Kivu. Pendant un conflit les enfants sont très vulnérables au recrutement par des groupes armés.

Par Blue Chevigny

NORD-KIVU, République démocratique du Congo, 18 septembre 2007 – L’époque actuelle est extrêmement difficile pour les habitants de la République démocratique du Congo (RDC). De 300 000 à 350 000 personnes ont dû se déplacer depuis novembre 2006. Au cours des dernières semaines, la situation a encore empiré; environ 60 000 personnes de plus ont dû fuir leurs foyers dans le Nord-Kivu. Dans une situation d’une telle instabilité, les enfants risquent  particulièrement de se faire exploiter.

« La séparation des enfants de leurs parents fait toujours courir des risques aux enfants, » affirme Julien Harneis, qui dirige les opérations de l’UNICEF sur le terrain en RDC. « Et puis vous avez la création de camps improvisés, ce qui entraîne la propagation du choléra, de la rougeole et le recrutement des enfants dans les groupes armés. »

Le défi que représente ce recrutement forcé des enfants est colossal. Les enfants sont embrigadés contre leur gré par les milices et utilisés comme porteurs ou même comme combattants, ou dans le cas des filles, exploitées sexuellement. La violence et les combats leur font aussi évidemment courir de grands risques d’être blessés ou tués.

Des proies faciles pour un nouveau recrutement 

« Nous avons un rapport sur 54 cas d’enfants recrutés au nord-est d’ici, et à l’ouest nous avons entendu parler du recrutement forcé de tous les hommes et les garçons de plus de 15 ans, témoigne M. Harneis. Nous pensons qu’au cours des dernières semaines des centaines d’enfants ont été recrutés par les milices, ce qui porte le chiffre total à bien plus de 1 000. »

Quelque 8 000 enfants ont été séparés des milices. Dans la plupart des cas, ces ex-enfants soldats sont retournés dans leur village d’origine. Cependant, selon M. Harneis, ce n’est pas la fin des épreuves pour beaucoup de ces jeunes anciens combattants. Nombre d’entre sont à nouveau la proie des recruteurs des milices ou se tournent vers le banditisme.

« Ils finiront par être séparés des groupes armés. Mais ils font alors face aux problèmes liés à leur aliénation de leur communauté. Ces enfants n’ont reçu aucune éducation et ils n’ont pas de qualifications adaptées à la vie civile. »

Image de l'UNICEF: DR Congo, displaced and vulnerable children
© UNICEF DR Congo/2007/ Harneis
La rougeole est probablement la maladie la plus meurtrière dans une situation d’urgence. Les camps surpeuplés qui comptent de nombreux enfants non vaccinés sont particulièrement exposés à de brutales épidémies.

L’UNICEF s’occupe de ces problèmes en soutenant un programme de réintégration global pour 5 500 ex-enfants soldats qui sont déjà retournés dans leurs villages.

Malheureusement, en raison des combats actuels, la situation est trop dangereuse dans de nombreuses zones du Nord-Kivu pour mettre en œuvre ce programme.

L’organisation et ses partenaires redoublent d’efforts pour fournir aux personnes nouvellement déplacées qui vivent dans des camps ou des abris improvisés ce dont ils ont urgemment besoin : vaccinations, suppléments nutritionnels, équipements de purification d’eau et d’assainissement et abris.

« Une solution pacifique doit être trouvée »

Malheureusement, il est actuellement impossible de savoir combien d’enfants courent le risque d’être à nouveau recrutés une fois qu’ils ont été repris aux groupes armés.

« Plusieurs centaines d’enfants ont été recrutés au cours des dernières semaines, affirme M. Harneis. Combien ont été victimes d’un nouveau recrutement ? Nous n’avons pas accès à ces zones, nous ne pouvons donc pas actuellement déterminer l’origine exacte de ces recrues. Ce que nous savons est qu’environ 5500 enfants de ces zones ont auparavant fait partie de groupes armés – et ils courent tous le risque d’être recrutés à nouveau. »

Pour M. Harneis, l’énorme travail de l’UNICEF et de ses partenaires dans le domaine de la santé, de l’eau potable, de l’assainissement et de la protection ne peut avoir qu’un effet limité étant donné l’instabilité actuelle du pays.

« La chose la plus importante pour le Nord-Kivu, c’est la paix et la sécurité, ajoute-t-il. Tant que les groupes armés existent, il y aura des risques d’épidémies et de recrutement des enfants. Une solution pacifique et diplomatique doit être trouvée à ce qui se passe ici. »


 

 

Audio (en anglais)

Julien Harneis, qui dirige les opérations de l’UNICEF sur le terrain en DRC, donne à la radio de l’UNICEF une évaluation de la situation actuelle des enfants vulnérables de ce pays ravagé par les conflits.

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